Alors que la France fait face à des défis économiques et climatiques croissants, Michel Picon, président de l’Union des entreprises de proximité (U2P), estime qu’un « gros débat » doit s’engager sur l’avenir du modèle économique des très petites entreprises et des petites et moyennes entreprises françaises. Une prise de position relayée par BFM Business dans le cadre d’un entretien accordé le 26 août 2026.
Ce qu'il faut retenir
- Michel Picon, président de l’Union des entreprises de proximité (U2P), appelle à un débat national sur le modèle économique des TPE et PME
- Cette déclaration intervient dans un contexte de sécheresse persistante et de tensions sur le pouvoir d’achat
- L’U2P représente plus de 3,8 millions d’entreprises, soit près de 99 % des entreprises françaises
- La réforme de la facturation électronique, obligatoire dès le 1er septembre 2026, suscite des divisions au sein du secteur
- Le président de l’U2P souligne la nécessité d’adapter le modèle économique aux réalités du terrain
Interrogé sur les enjeux actuels des entreprises françaises, Michel Picon a rappelé que les TPE et PME, pilier de l’économie locale, doivent désormais faire face à des défis structurels majeurs. « Il faut un gros débat sur notre modèle économique », a-t-il affirmé, en insistant sur la nécessité de repenser les mécanismes de soutien aux entreprises de proximité. Pour lui, cette réflexion doit être collective et inclure l’ensemble des acteurs économiques, des pouvoirs publics aux représentants patronaux.
Selon Michel Picon, les entreprises de proximité jouent un rôle clé dans l’aménagement du territoire et la cohésion sociale. Pourtant, elles sont souvent fragilisées par des réglementations complexes et des charges administratives élevées. « Ces entreprises sont essentielles à la vitalité de nos territoires, mais leur modèle économique doit évoluer pour s’adapter aux nouvelles réalités », a-t-il expliqué. Son appel intervient alors que le gouvernement prépare plusieurs réformes, dont celle de la facturation électronique, qui entrera en vigueur dès le 1er septembre 2026.
Cette réforme, qui impose aux entreprises d’adopter un format standardisé pour leurs factures, divise déjà le monde professionnel. Certains y voient une avancée pour moderniser les échanges commerciaux, tandis que d’autres craignent un surcroît de complexité administrative, notamment pour les plus petites structures. Michel Picon a d’ailleurs souligné que « cette mesure doit s’accompagner d’un accompagnement concret pour éviter de pénaliser les entreprises les moins préparées ».
« Il ne s’agit pas seulement de discuter de compétitivité, mais aussi de résilience. Les TPE et PME doivent pouvoir innover et se développer dans un environnement stable. »
— Michel Picon, président de l’Union des entreprises de proximité (U2P)
L’U2P, qui fédère plus de 3,8 millions d’entreprises représentant près de 99 % du tissu économique français, plaide depuis plusieurs mois pour une simplification des démarches et une meilleure prise en compte des spécificités sectorielles. Dans un contexte marqué par la sécheresse et ses conséquences sur l’agriculture, ainsi que par des tensions sur le pouvoir d’achat, le modèle économique des TPE et PME est plus que jamais sous pression. « On ne peut plus se contenter de mesures ponctuelles », a insisté Michel Picon. « Il faut une vision d’ensemble, qui intègre à la fois la transition écologique, la digitalisation et la compétitivité. »
Pour l’U2P, l’enjeu est double : convaincre les pouvoirs publics de la nécessité d’un cadre réglementaire stable et incitatif, tout en mobilisant les entreprises autour de projets innovants. Michel Picon a d’ores et déjà annoncé que son organisation organiserait des rencontres régionales dans les prochains mois pour recueillir les retours des entrepreneurs. « Le débat ne doit pas rester théorique », a-t-il conclu. « Il doit déboucher sur des actions concrètes. »
Selon Michel Picon, les entreprises de proximité font face à trois défis majeurs : des charges administratives trop lourdes, un manque de visibilité sur les réformes à venir, et une difficulté à accéder à des financements pour innover. La sécheresse actuelle et ses conséquences sur certains secteurs, comme l’agriculture, aggravent également la situation.