Avec 410 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et un réseau de 310 magasins en France, Micromania-Zing reste l’un des leaders du secteur malgré la crise qui frappe l’industrie du jeu vidéo. Selon BFM Business, l’enseigne vient d’être rachetée par un consortium d’actionnaires franco-québécois, dont figure l’homme d’affaires canadien Stephan Tétrault, déjà à l’origine du redressement d’EB Games Canada. Ce rachat, annoncé en février 2025 mais finalisé après un an et demi de négociations, marque un tournant stratégique pour Micromania, qui mise sur une refonte de son modèle pour s’adapter aux nouvelles attentes des consommateurs.

Ce qu'il faut retenir

  • Micromania a enregistré 410 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, malgré la crise du secteur.
  • L’enseigne, leader en France avec 310 magasins, a été rachetée par un consortium franco-québécois incluant Stephan Tétrault.
  • Un premier magasin « porte-étendard » de plus de 500 m² ouvrira en Île-de-France à l’automne 2026.
  • Micromania prévoit d’investir massivement dans ses produits dérivés et les cartes à collectionner, tout en modernisant ses points de vente.
  • L’enseigne mise sur des exclusivités et synergies pour contrer la concurrence des grandes surfaces.
  • Stephan Tétrault a transformé EB Games Canada en un réseau rentable, avec 97 % de magasins bénéficiaires en 2026.

Un secteur en pleine mutation, un rachat longuement négocié

Le jeu vidéo traverse une crise marquée par des licenciements massifs, des fermetures de studios et des restructurations, comme le souligne BFM Business. Cette situation, exacerbée par la hausse des coûts des composants et un recentrage des investissements, a fragilisé les enseignes spécialisées. Micromania, bien que résiliente avec un chiffre d’affaires stable, a dû patienter avant de trouver un repreneur. Son ancien propriétaire, Gamestop, avait annoncé en février 2025 son intention de se recentrer sur le marché américain, abandonnant ainsi ses filiales européennes, canadiennes et australiennes. C’est dans ce contexte que le consortium franco-québécois, incluant Stephan Tétrault, a finalisé l’acquisition après 18 mois de négociations.

Philippe Renaudin, responsable de la communication de Micromania, a expliqué à BFM Business que l’enseigne n’a jamais douté de sa capacité à rebondir : « On continue à faire notre métier et on constate aussi le poids de Micromania sur le marché français. Gamestop n’était pas dans une volonté d’urgence, ce qui montre bien qu’il y avait une certaine confiance. » Selon lui, Micromania « représentait un certain poids » et a même « performé sous l’égide de Gamestop ».

Une stratégie axée sur l’expérience client et les exclusivités

Le nouveau consortium mise sur une refonte complète de l’offre de Micromania, avec une volonté affichée de « travailler différemment ». Parmi les priorités, on retrouve l’ouverture de magasins « porte-étendard », dont le premier verra le jour en Île-de-France à l’automne 2026, sur une surface de plus de 500 m². Quatre à six autres projets similaires sont prévus d’ici 2027 dans les grandes villes françaises. « On veut théâtraliser beaucoup plus la manière dont on présente nos produits, moins segmenter les licences par catégorie, et les utiliser pour créer des mises en avant », explique Philippe Renaudin.

L’enseigne compte aussi investir dans la modernisation de ses 300 magasins actuels, avec des rénovations progressives pour les adapter à cette nouvelle approche. Les produits dérivés, comme les figurines ou les vêtements, prendront une place plus importante, sans pour autant sacrifier le jeu vidéo, qui reste un pilier. « Les deux doivent être complémentaires », précise Renaudin. Pour se différencier de la concurrence, Micromania mise sur des exclusivités, notamment via des partenariats avec des licences majeures. Un exemple concret : pour le jeu Marvel’s Wolverine (PS5), l’enseigne proposera une figurine exclusive à 10 euros supplémentaires, ou un porte-clés offert pour chaque précommande.

« On a toujours été confrontés à cette agressivité commerciale [des grandes surfaces], mais ça ne nous inquiète pas, car pour ces enseignes, le jeu vidéo n’est qu’un produit d’appel. Nous avons de notre côté une capacité de production très importante, qui va encore s’agrandir via des synergies avec EB Games. »
— Philippe Renaudin, responsable de la communication de Micromania

Des produits dérivés au cœur de la stratégie commerciale

Micromania mise sur l’essor des cartes à collectionner et des produits dérivés, un marché en pleine expansion. L’enseigne a déjà signé un accord exclusif avec Netflix en 2025, et est en discussion avec d’autres ayants droit pour développer des produits uniques disponibles en magasin. « Le public a bien changé, et nos rayons reflètent cette évolution », note Renaudin. Autrefois fréquentés par des gamers avertis, les magasins accueillent désormais un public plus large, grâce à la démocratisation du jeu vidéo, désormais la première industrie culturelle en France et dans le monde.

Pour toucher ce nouveau public, Micromania compte également relancer des événements en magasin, comme des ouvertures à minuit pour les sorties de jeux (ex. : The Legend of Zelda: Tears of the Kingdom) ou des décors immersifs. « Nous avons beaucoup de collaborateurs qui sont avant tout des passionnés, c’est une véritable chance », souligne Renaudin, qui a fêté ses dix ans dans l’entreprise en mars 2026. L’enseigne sera également présente à la Paris Games Week en novembre 2026, marquant son retour sur la scène événementielle sans pour autant relancer le Micromania Game Show.

Un modèle adapté aux défis futurs, face à la dématérialisation

Malgré les annonces de Sony prévoyant la fin de la production de disques physiques pour ses jeux PlayStation à partir de janvier 2028, Micromania affiche sa confiance. « La France reste l’un des pays où le physique est majoritaire », rappelle Renaudin. L’enseigne met en avant ses six millions de clients inscrits à son programme de fidélité et sa capacité à innover pour faire face aux changements structurels du secteur. « On a des leviers et pas mal de choses qui se préparent afin de faire face aux changements structurels de l’industrie », ajoute-t-il.

Pour renforcer sa position, Micromania s’appuie sur l’expertise de Stephan Tétrault, dont la gestion d’EB Games Canada a permis de faire passer le taux de magasins bénéficiaires de 77 % en 2024 à 97 % en 2026. Cette dynamique positive devrait se traduire par des synergies entre les deux enseignes, notamment en matière de production et de distribution de produits dérivés exclusifs.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront déterminants pour Micromania, avec l’ouverture de son premier magasin « porte-étendard » à l’automne 2026 et le déploiement de ses rénovations en magasin. L’enseigne devra aussi prouver que sa stratégie, axée sur les exclusivités et l’expérience client, peut séduire un public de plus en plus attiré par le numérique. Reste à voir si cette diversification suffira à compenser la baisse des ventes de jeux physiques, dans un marché où la concurrence des grandes surfaces et du e-commerce reste féroce.

Pour l’heure, les nouveaux actionnaires ont adressé un message rassurant aux salariés, insistant sur la « force collective » de l’enseigne. Une approche qui semble porter ses fruits, à en croire le moral des équipes, porté par cette nouvelle dynamique. Dans un secteur en pleine recomposition, Micromania mise sur son ancrage territorial et son savoir-faire pour résister à la tempête.

Le rachat, annoncé en février 2025, a nécessité 18 mois de négociations. Gamestop, ancien propriétaire, souhaitait se recentrer sur le marché américain et a pris le temps de trouver un repreneur aligné sur sa vision stratégique, comme l’explique Philippe Renaudin à BFM Business : « Nous voulions prendre le temps de trouver un acquéreur qui ressente l’envie de faire quelque chose, car Micromania est une entreprise qui fonctionne. »

Les principaux concurrents de Micromania incluent les grandes surfaces spécialisées comme Fnac ou Cultura, ainsi que les plateformes de e-commerce comme Amazon ou Cdiscount. Ces acteurs pratiquent des prix souvent inférieurs à ceux des enseignes spécialisées, ce qui pousse Micromania à miser sur des exclusivités et une expérience client renforcée.