Un millier de jours après les attaques du Hamas contre Israël, marquées par **1 200 morts** et le déclenchement d’une série de conflits armés, le pays commémore aujourd’hui ce traumatisme tout en maintenant une vigilance extrême face aux menaces persistantes. Selon Courrier International, la quasi-totalité des quotidiens israéliens, dont le gratuit Israel Hayom, ont choisi de souligner cette date symbolique en première page, alors que des rassemblements sont organisés dans tout le pays.
Les attaques du **7 octobre 2023**, perpétrées par le mouvement palestinien Hamas, avaient entraîné une riposte militaire israélienne d’une ampleur inédite. En réponse, Israël a lancé une offensive contre le Hamas à Gaza, mené deux guerres contre le Hezbollah au Liban et, avec le soutien des États-Unis, deux offensives contre l’Iran. Ces opérations ont prolongé un état de guerre quasi permanent, alimentant un climat de méfiance durable parmi les populations frontalières.
Ce qu'il faut retenir
- **1 000 jours** après les attaques du 7 octobre 2023 ayant causé **1 200 morts** en Israël, le pays commémore cette date sous haute tension.
- Israël a engagé des guerres multiples : contre le Hamas à Gaza, deux offensives contre le Hezbollah au Liban, et deux opérations contre l’Iran, avec l’appui des États-Unis.
- Un plan pilote, soutenu par le gouvernement, prévoit la création d’abris humanitaires dans des zones frontalières de Gaza, suscitant des critiques vives parmi les habitants locaux.
- Des rassemblements sont prévus dans plus de **50 sites** en Israël, dont la réouverture de la place des Otages à Tel-Aviv, rebaptisée « place du Souvenir ».
- Des manifestations ont également eu lieu à Jérusalem, où des militants ont appelé à la démission du Premier ministre Benyamin Nétanyahou.
- Le kibboutz Kerem Shalom, frontalier de Gaza, a réagi avec virulence, exigeant le désarmement total du Hamas avant toute mesure de rapprochement.
Une commémoration sous le signe de la menace persistante
À l’occasion de ce millième jour, les médias israéliens, et notamment Israel Hayom, ont mis en avant la crainte d’une résurgence du Hamas et d’éventuelles nouvelles attaques depuis la bande de Gaza. Les habitants des localités frontalières vivent dans l’angoisse d’une infiltration de membres du Hamas, malgré les opérations militaires menées depuis 2023. « Les habitants de la zone frontalière […] craignent que le gouvernement israélien ne réitère une fois de plus les erreurs du passé et ne les laisse seuls face aux projets brutaux de l’organisation terroriste », écrit le quotidien, en référence à un plan gouvernemental controversé.
Ce plan, adopté par le Conseil de la paix avec l’aval du gouvernement, prévoit la mise en place d’abris humanitaires dans les semaines à venir, y compris dans des zones proches de la frontière avec Gaza. Pour ses détracteurs, cette initiative risque d’offrir au Hamas une opportunité de se réimplanter à proximité des communautés israéliennes, alors que les tensions restent à leur comble. « Le sang est sur les mains de Nétanyahou », ont dénoncé des manifestants à Jérusalem, lors d’un rassemblement organisé ce matin sur la place de Paris.
Les réactions des communautés frontalières et de la société civile
Le kibboutz Kerem Shalom, l’un des premiers touchés par les attaques du Hamas en octobre 2023, a réagi avec fermeté au projet d’abris humanitaires. Dans un communiqué, il exige comme « précondition absolue » le désarmement total du Hamas ainsi que la neutralisation de sa capacité à menacer les localités voisines. « Kerem Shalom a été l’un des premiers kibboutz frappés par l’infiltration de terroristes du Hamas, et nous avons subi de lourdes pertes. […] Nous ne pouvons pas accepter, et nous n’accepterons pas, que l’ennemi revienne s’installer près de la clôture, si près de nos communautés », a-t-il affirmé.
Ces déclarations reflètent un sentiment répandu en Israël, où la méfiance envers les groupes armés palestiniens et les milices chiites reste profonde. Plusieurs mouvements de la société civile ont également saisi cette date symbolique pour exprimer leur colère envers le gouvernement de Benyamin Nétanyahou, jugé responsable de l’échec à garantir la sécurité des Israéliens. « Le sang est sur les mains de Nétanyahou, le coupable, et de ce gouvernement d’échec total », ont-ils déclaré lors des rassemblements organisés à Jérusalem.
Un calendrier de commémorations chargé et des tensions sociales
Plus de **50 sites** à travers Israël accueilleront aujourd’hui des événements commémoratifs, dont la réouverture de la place des Otages à Tel-Aviv. Rebaptisée « place du Souvenir », ce lieu symbolise le traumatisme des prises d’otages perpétrées lors des attaques du 7 octobre. Une cérémonie officielle est prévue en soirée, marquant ainsi trois ans de souffrances et d’incertitudes pour les familles des victimes et les survivants.
Ces commémorations interviennent dans un contexte de polarisation accrue au sein de la société israélienne. Alors que certains appellent à une réflexion sur les erreurs passées et à une recherche de solutions durables, d’autres réclament une fermeté intransigeante face à l’axe de la « résistance », regroupant le Hamas, le Hezbollah et l’Iran. Les divisions politiques se creusent, alimentées par des critiques croissantes envers la gestion de la crise par le gouvernement.
La situation reste donc extrêmement volatile. Trois ans après le début de cette spirale de violences, Israël doit concilier entre la nécessité de protéger ses citoyens et les impératifs d’une paix durable, dans un environnement régional toujours plus complexe.
Le plan prévoit l’installation d’abris dans des zones frontalières de Gaza, ce que les habitants et certains responsables craignent de voir exploité par le Hamas pour infiltrer des combattants. Ils y voient une répétition des erreurs passées, lorsque des concessions territoriales avaient permis au groupe de se renforcer militairement.