Dans les derniers jours qui précèdent la fermeture définitive des 21 boutiques françaises de l’enseigne Minelli, prévue pour ce dimanche 30 mai 2026, l’atmosphère est marquée par un mélange de résignation et de nostalgie. Selon Le Figaro, les magasins parisiens de la marque, fondée en 1973 à Marseille, se vident progressivement de leurs stocks, tandis que des clients viennent profiter des soldes exceptionnelles pouvant atteindre -70% avant la disparition définitive de l’enseigne.
À l’étage chaussures des Galeries Lafayette Haussmann, dans le IXe arrondissement de Paris, le corner Minelli a déjà été démantelé. À sa place, son concurrent Jonak a obtenu un espace élargi. Un symbole fort pour une enseigne qui, après plus de cinquante ans d’existence, va devoir tirer sa révérence. Avec elle, ce sont 86 salariés qui perdront leur emploi dès ce week-end, mettant un point final à une aventure commerciale entamée en 1973.
Ce qu'il faut retenir
- Fermeture définitive : Les 21 boutiques Minelli en France ferment définitivement ce dimanche 30 mai 2026.
- 86 emplois supprimés : L’enseigne, fondée en 1973 à Marseille, ne compte plus que 21 magasins en France.
- Promotions historiques : Les soldes atteignent jusqu’à -70% dans les dernières semaines.
- Symbole de déclin : Le corner Minelli aux Galeries Lafayette Haussmann a déjà été remplacé par Jonak.
- Cause structurelle : La marque s’inscrit dans une liste croissante d’enseignes de mode touchées par la crise du secteur depuis 2020.
Des magasins vidés, des clients nostalgiques
À la boutique Minelli des Ternes, dans le XVIIe arrondissement de Paris, l’ambiance est celle d’un déménagement précipité. Les vitrines, autrefois garnies, ne présentent plus qu’une dizaine de paires de chaussures. Dès l’ouverture à 10 heures, les clients se pressent pour profiter des réductions, certains revenant même plusieurs jours de suite. « Je viens surtout pour la réduction », confie Alexandre, 66 ans, retraité venu acheter une paire à 25 euros la veille, qu’il porte fièrement aux pieds.
Les vendeuses, désemparées, accueillent les derniers clients avec un sourire contraint. Entre les étagères clairsemées et les cartons déjà empilés, l’enseigne semble avoir déjà quitté les lieux, bien avant la date officielle de fermeture. « Tout le monde est déçu », glisse une employée sous couvert d’anonymat, résumant l’état d’esprit général.
Une fermeture qui s’inscrit dans un contexte difficile
La disparition de Minelli ne relève pas d’un hasard isolé. Comme le rapporte Le Figaro, l’enseigne s’ajoute à une liste déjà longue de marques de mode françaises en grande difficulté depuis 2020. Okaïdi, Jennyfer ou encore IKKS ont, elles aussi, dû faire face à des liquidations judiciaires ou à des restructurations drastiques. Le secteur, marqué par la concurrence des géants asiatiques et par l’évolution des habitudes de consommation, n’a plus les mêmes marges de manœuvre qu’autrefois.
Les causes de ce déclin sont multiples : baisse du pouvoir d’achat, montée en puissance des plateformes de vente en ligne comme Vinted ou Shein, et une consommation qui privilégie désormais la qualité à la quantité. Minelli, spécialisée dans les chaussures et accessoires à prix abordables, n’a pas échappé à cette tendance. Ses promotions à -70 % sont autant un aveu d’échec qu’une tentative désespérée de vider ses stocks avant la fermeture.
Un héritage qui disparaît
Fondée il y a plus de cinquante ans à Marseille, Minelli a marqué plusieurs générations de clients. Dans les années 1980 et 1990, la marque incarnait un style accessible, entre classique et tendance, à une époque où les chaussures de qualité restaient à portée de budget moyen. Aujourd’hui, son héritage se réduit à quelques souvenirs et à des files d’attente devant ses boutiques vidées.
Les anciens clients évoquent avec nostalgie les modèles iconiques ou les campagnes publicitaires d’antan. « J’achetais mes premières chaussures ici quand j’avais 15 ans », confie une cliente d’une cinquantaine d’années, parcourant les allées désertes. « On avait l’habitude de venir en famille le samedi après-midi. C’était un rituel. » Bref, pour beaucoup, Minelli n’était pas qu’une enseigne : c’était une institution.
« Tout le monde est déçu. Les clientes qui venaient régulièrement depuis des années sont tristes, et nous, on se sent un peu abandonnés. »
— Une vendeuse de la boutique des Ternes, sous couvert d’anonymat
Cette fermeture intervient dans un paysage où les enseignes traditionnelles peinent à se réinventer. Entre la montée en puissance du e-commerce et les nouvelles attentes des consommateurs, les défis restent nombreux pour celles et ceux qui refusent de prendre le virage du numérique ou de repenser leur offre.
Plusieurs enseignes proposent des chaussures et accessoires similaires, comme Jonak, André ou encore des marques en ligne comme Zalando ou Spartoo. Cependant, aucune ne propose exactement le même positionnement en termes de prix et de style.