Selon Libération, la spécialiste des violences sexuelles sur les enfants, Alice Gayraud, ancienne membre de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), met en lumière un changement notable dans la dynamique militante. Autant dire que cette évolution réunit désormais les acteurs de la protection de l’enfance et les mouvements féministes, deux courants jusqu’alors distincts.
Ce qu'il faut retenir
- Un « basculement » dans la mobilisation militante, associant enfin les défenseurs de l’enfance et les féministes, est souligné par Alice Gayraud, ex-membre de la Ciivise.
- Cette union inédite vise à transformer la colère en une exigence politique pour lutter contre les violences sexuelles sur mineurs.
- La Ciivise, créée en 2021, a joué un rôle central dans la reconnaissance de ces violences en France.
Un engagement militant repensé
Alice Gayraud, chercheuse et militante reconnue pour son travail sur les violences sexuelles envers les enfants, observe une transformation dans la manière dont les acteurs sociaux et associatifs s’emparent de cette cause. D’après Libération, elle indique que cette mobilisation, autrefois fragmentée, prend désormais une dimension collective. Ce rapprochement entre les mouvements féministes et les défenseurs de l’enfance n’est pas anodin : il reflète une prise de conscience partagée sur l’ampleur des violences et la nécessité d’agir ensemble.
Pour Gayraud, ce « basculement » marque un tournant dans la lutte contre ces violences, souvent invisibilisées ou minimisées. Elle rappelle que les deux courants avaient jusqu’ici des approches distinctes, mais que la gravité des faits exige désormais une réponse unifiée. Selon elle, cette dynamique pourrait renforcer l’impact des revendications portées auprès des pouvoirs publics.
De la colère à l’exigence politique
Dans ses propos rapportés par Libération, Alice Gayraud insiste sur la nécessité de canaliser la colère des victimes et de leurs proches vers des actions concrètes. Elle affirme : « Notre colère doit devenir une exigence politique ». Cette phrase résume l’ambition d’un mouvement qui ne se contente plus de dénoncer, mais exige des changements structurels. Gayraud souligne que cette transformation passe par une pression accrue sur les institutions, afin qu’elles s’emparent pleinement de la question des violences sexuelles sur mineurs.
Elle précise que cette mobilisation collective pourrait aboutir à des mesures législatives ou des politiques publiques plus protectrices. À ses yeux, l’union des forces entre féministes et acteurs de l’enfance est un levier essentiel pour faire évoluer les mentalités et les pratiques. Pour elle, il ne s’agit plus seulement de sensibiliser, mais bien de faire pression pour obtenir des résultats tangibles.
Le rôle central de la Ciivise
La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), créée en 2021, a joué un rôle clé dans l’émergence de ce mouvement. Selon les éléments rapportés par Libération, la Ciivise a permis de documenter l’ampleur des violences et de donner une voix aux victimes. Ses travaux ont mis en lumière l’urgence d’agir, notamment en révélant que des milliers d’enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France.
Alice Gayraud, qui a participé aux travaux de la Ciivise, rappelle que la commission a contribué à briser le silence autour de ces violences. Ses rapports ont servi de base à des propositions concrètes, comme l’allongement des délais de prescription ou la formation des professionnels de l’enfance. Aujourd’hui, elle voit dans cette dynamique militante un prolongement naturel des efforts initiés par la Ciivise.
La prochaine étape pourrait être l’organisation d’une grande manifestation nationale, prévue pour l’automne 2026. Ce rassemblement, porté par plusieurs collectifs, vise à maintenir la pression sur les institutions et à exiger des engagements clairs.
La Ciivise (Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants) est une instance créée en 2021 pour documenter et lutter contre les violences sexuelles sur mineurs. Elle a notamment pour mission de recueillir des témoignages, de proposer des réformes et de sensibiliser l’opinion publique.