Selon Euronews FR, le laboratoire américain Moderna a lancé les premiers essais cliniques de phase 1 d’un vaccin contre la souche Bundibugyo du virus Ebola, alors que la République démocratique du Congo (RDC) fait face à la deuxième plus grande flambée épidémique de son histoire. Les premières injections ont été administrées à des volontaires au Canada, marquant une avancée significative dans la recherche médicale face à cette menace sanitaire.
Ce qu'il faut retenir
- Moderna a commencé les essais cliniques de phase 1 d’un vaccin contre le virus Ebola Bundibugyo au Canada, avec environ 80 participants.
- Ce vaccin utilise la même technologie ARNm que celui développé contre le Covid-19.
- La RDC recense 3 802 cas et 1 707 décès liés à l’épidémie, selon les dernières données officielles.
- Près de 90 % des cas sont concentrés dans la province de l’Ituri, dans l’est du pays.
- La Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI) finance plusieurs projets de vaccins, dont celui de Moderna et de l’université d’Oxford.
Un vaccin basé sur la technologie ARNm, comme celui contre le Covid-19
Le candidat vaccin de Moderna repose sur la plateforme technologique ARNm, identique à celle utilisée pour son vaccin contre le SARS-CoV-2. Cette technologie permet une production rapide et adaptable en cas de mutations virales. L’essai clinique de phase 1, actuellement en cours au Canada, vise à évaluer l’innocuité, la tolérance et la réponse immunitaire chez environ 80 volontaires. Aucun vaccin n’est actuellement disponible contre la souche Bundibugyo, responsable d’une forme particulièrement virulente de la maladie.
Richard Hatchett, directeur général de la CEPI, a salué cette initiative : « Mettre aussi rapidement le candidat vaccin de Moderna en essai de phase 1 constitue une avancée majeure dans la lutte contre cette flambée meurtrière ». La CEPI, qui finance et coordonne le développement de vaccins contre les maladies infectieuses émergentes, joue un rôle clé dans la réponse à cette épidémie.
Une épidémie d’Ebola en RDC qui s’étend plus vite que jamais
La RDC est confrontée à sa deuxième plus grande épidémie d’Ebola depuis le début des enregistrements. Au 6 août 2026, les autorités sanitaires rapportaient 3 802 cas confirmés ou probables, dont 1 707 décès. Le directeur général du CDC Afrique, Jean Kaseya, a souligné lors d’une visite à Bunia, dans la province de l’Ituri, que « le traçage des contacts ne fonctionne pas » pour contenir la propagation. Environ 60 à 70 % des nouveaux cas sont désormais liés à une transmission communautaire, et non à des chaînes de contamination identifiées.
La province de l’Ituri, isolée et en proie à des conflits armés récurrents, concentre près de 90 % des cas. D’autres foyers ont été détectés dans cinq autres provinces, dont Kisangani, l’une des plus grandes villes du pays. Jean Kaseya a qualifié la situation de « deuxième plus grande flambée jamais enregistrée », tout en reconnaissant que « nous n’aimons pas la trajectoire de cette épidémie ».
Une course contre la montre pour plusieurs candidats vaccins
Alors que l’épidémie gagne du terrain, plusieurs initiatives sont en cours pour développer un vaccin efficace. En juillet 2026, l’université d’Oxford a lancé son propre essai clinique de phase 1, tandis que le Serum Institute of India (SII) est chargé de la production à grande échelle des doses. La CEPI a annoncé en juin un investissement dans un portefeuille de candidats vaccins, incluant ceux de Moderna, d’Oxford et de l’Initiative internationale pour un vaccin contre le sida (IAVI).
Richard Hatchett a rappelé l’urgence de la situation : « Chaque jour compte et chaque candidat vaccin en essai clinique nous offre une nouvelle chance de mettre à disposition des personnes qui en ont besoin un vaccin sûr et efficace aussi rapidement que possible ». L’objectif reste de protéger les populations exposées, notamment dans les zones reculées où l’accès aux soins est limité.
Cette épidémie rappelle cruellement l’importance de la préparation aux pandémies. Le virus Ebola Bundibugyo, bien que moins médiatisé que la souche Zaïre, représente une menace persistante pour les populations d’Afrique centrale. Les avancées technologiques, comme l’ARNm, pourraient transformer la réponse future aux épidémies, à condition que les moyens financiers et logistiques suivent.