La destruction systématique des habitations, présentée comme une «politique de la ruine», s’étend bien au-delà des frontières palestiniennes. Mona Chollet, journaliste et essayiste dont la lignée maternelle est liée à la région, revient dans Libération sur cette stratégie israélienne qu’elle qualifie de «domicide», un terme désignant la destruction délibérée du domicile comme outil de guerre.

Selon ses observations, cette politique vise non seulement à déraciner les populations, mais aussi à rendre toute reconstruction impossible à long terme. Dans un article publié le 8 août 2026, elle souligne que cette pratique ne se limite pas aux territoires palestiniens, mais s’applique également au Liban voisin, où des destructions ciblées des infrastructures civiles ont été documentées.

Ce qu'il faut retenir

  • La journaliste Mona Chollet dénonce une «politique de la ruine» israélienne en Palestine et au Liban, basée sur la destruction systématique des habitations.
  • Elle utilise le terme de «domicide» pour qualifier cette stratégie, qui vise à priver les populations de leurs moyens de subsistance.
  • Cette politique s’inscrit dans une logique de déracinement et de rend impossible toute reconstruction durable.
  • Les destructions ne concernent pas uniquement la Palestine, mais s’étendent au Liban, où des infrastructures civiles ont été ciblées.

Un «domicide» comme outil de domination

Pour Mona Chollet, la destruction des maisons n’est pas un simple dommage collatéral des conflits, mais une stratégie calculée. «On ne détruit pas seulement des bâtiments, on détruit des vies, des familles, des communautés entières», explique-t-elle. Elle rappelle que cette méthode, bien que souvent minimisée dans les médias internationaux, a des conséquences humaines et sociales dévastatrices. Les habitants se retrouvent sans abri, privés de leurs biens et parfois forcés de fuir vers des zones encore plus précaires.

Au Liban, où des vagues de destructions ont été observées ces dernières années, la journaliste pointe du doigt une continuité troublante avec les pratiques israéliennes. «Ce qui se passe là-bas n’est pas un hasard, mais une politique réfléchie», affirme-t-elle. Selon ses sources, ces destructions s’inscrivent dans une volonté de contrôle territorial et de pression psychologique sur les populations locales.

Les conséquences humaines et sociales

Les chiffres officiels, bien que souvent incomplets, donnent un aperçu de l’ampleur de ces destructions. D’après les rapports des Nations unies, plus de 12 000 logements ont été détruits ou endommagés en Cisjordanie et à Gaza depuis 2020, laissant des milliers de familles sans toit. Au Liban, les données sont plus fragmentaires, mais les ONG locales estiment que plus de 5 000 habitations ont été rasées ou rendues inhabitables depuis 2018, principalement dans les régions frontalières avec Israël.

Ces destructions exacerbent les tensions communautaires et rendent toute reconstruction difficile, faute de ressources et de stabilité politique. «Les gens ne perdent pas seulement leur maison, ils perdent leur ancrage, leur histoire, leur sentiment de sécurité», souligne Mona Chollet. Pour elle, cette stratégie vise à créer une dépendance permanente des populations envers les structures de pouvoir, qu’elles soient locales ou internationales.

« Ce n’est pas une guerre contre des bâtiments, c’est une guerre contre les gens. Quand on détruit leurs maisons, on détruit leur capacité à résister. »
— Mona Chollet, Libération, 8 août 2026

Et maintenant ?

La question d’un arrêt de ces destructions reste entière, alors que les tensions régionales persistent. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont appelé à des sanctions internationales contre les responsables de ces politiques, mais sans succès tangible à ce jour. Une résolution de l’ONU, prévue pour examen en septembre 2026, pourrait relancer le débat sur l’impunité de ces pratiques.

Dans l’immédiat, les ONG locales continuent de documenter les destructions et d’apporter une aide d’urgence, mais leur capacité d’intervention reste limitée face à l’ampleur des besoins. La pression diplomatique et médiatique pourrait jouer un rôle clé dans les prochains mois.

Pour Mona Chollet, le combat contre cette «politique de la ruine» passe aussi par une prise de conscience internationale. «Il ne s’agit pas seulement de condamner, mais de comprendre que ces destructions sont un choix politique», rappelle-t-elle. Reste à voir si la communauté internationale saura y répondre autrement qu’en condamnations verbales.