Quelques jours avant le coup d’envoi du Mondial de football 2026 aux États-Unis, Human Rights Watch (HRW) met en garde contre une « instrumentalisation du sport » visant à faire reculer les droits humains, tout en soulignant les dangers encourus par les supporters et les communautés étrangères sur le sol américain. Selon Libération, l’ONG internationale dénonce un contexte où les engagements sportifs et politiques semblent entrer en contradiction avec les principes fondamentaux des droits humains.

Ce qu'il faut retenir

  • Human Rights Watch (HRW) alerte sur les renoncements en matière de droits humains liés à l’organisation du Mondial 2026 aux États-Unis, selon Libération.
  • L’ONG craint une instrumentalisation du sport pour justifier des reculs sur les libertés fondamentales.
  • Les supporters étrangers et les communautés migrantes pourraient être exposés à des risques accrus.
  • Les autorités américaines et la FIFA sont pointées du doigt pour leur manque de transparence.
  • Le tournoi, prévu du 11 juin au 19 juillet 2026, se déroulera dans 16 villes hôtes aux États-Unis.

Une instrumentalisation du sport pour faire reculer les droits humains

Dans un rapport publié à quelques jours du lancement du Mondial 2026, Human Rights Watch dénonce une stratégie délibérée consistant à utiliser l’événement sportif comme un levier pour affaiblir les protections des droits humains. Selon Libération, cette pratique, qui consiste à présenter des compromis sur les libertés fondamentales comme des « nécessités économiques » ou des « impératifs de sécurité », pose un problème éthique majeur. L’ONG rappelle que le sport, en tant qu’outil de rassemblement et de promotion des valeurs universelles, ne devrait pas servir de paravent à des reculs sociétaux.

Parmi les exemples cités, HRW évoque des mesures restrictives concernant la liberté d’expression, la protection des migrants ou encore les droits des travailleurs employés pour la construction des stades. Ces restrictions, souvent justifiées par des impératifs sécuritaires ou logistiques, pourraient prendre une dimension systémique pendant la durée du tournoi, selon l’ONG.

Des risques accrus pour les supporters et les communautés étrangères

Outre la question des droits humains, Human Rights Watch s’inquiète des menaces pesant sur les supporters étrangers et les communautés migrantes présentes sur le territoire américain pendant l’événement. Comme le rapporte Libération, l’ONG craint que les politiques migratoires et sécuritaires ne se durcissent à l’approche du Mondial, exposant certaines populations à des risques d’arrestations arbitraires ou de restrictions d’accès aux services publics. Ces craintes s’appuient sur des précédents, notamment lors de grands événements sportifs organisés aux États-Unis ces dernières années.

Human Rights Watch souligne également que les travailleurs migrants, souvent employés dans des conditions précaires pour la préparation des infrastructures, pourraient subir des pressions accrues pour ne pas alerter sur leurs conditions de travail. L’ONG rappelle que ces pratiques, si elles étaient avérées, constitueraient une violation flagrante des conventions internationales du travail.

« On assiste à une instrumentalisation du sport pour faire reculer les droits humains. Le Mondial 2026 ne doit pas servir de prétexte à des reculs sociétaux sous couvert de nécessités économiques ou sécuritaires. »
Human Rights Watch, cité par Libération

Des appels à une vigilance accrue de la FIFA et des autorités américaines

Human Rights Watch exhorte la FIFA et les autorités américaines à garantir le respect des droits humains avant, pendant et après le Mondial 2026. Selon Libération, l’ONG demande notamment la mise en place de mécanismes indépendants de surveillance pour évaluer l’impact des mesures sécuritaires et migratoires sur les populations vulnérables. Elle insiste également sur la nécessité de protéger la liberté de la presse et d’assurer un accès équitable aux droits fondamentaux pour tous les habitants, qu’ils soient locaux ou étrangers.

Pour Human Rights Watch, le silence des institutions sportives et politiques sur ces questions envoie un signal inquiétant. L’organisation rappelle que le Mondial de football, en tant qu’événement planétaire, devrait être l’occasion de promouvoir les valeurs de solidarité et de respect, et non de les sacrifier au nom de l’efficacité ou de la rentabilité.

Et maintenant ?

Dans les prochaines semaines, Human Rights Watch et d’autres organisations de défense des droits humains devraient intensifier leur pression sur la FIFA et le gouvernement américain pour exiger des garanties concrètes. Une réunion publique est prévue le 10 juin 2026 à New York, où des représentants de la société civile et des autorités devraient échanger sur ces enjeux. Parallèlement, plusieurs associations locales aux États-Unis appellent à des manifestations pour dénoncer les risques de dérives sécuritaires pendant le tournoi.

Alors que le coup d’envoi du Mondial 2026 approche, le débat sur l’équilibre entre sécurité, spectacle et droits humains reste plus que jamais d’actualité. Pour Human Rights Watch, une chose est sûre : le sport ne peut et ne doit pas être un alibi pour les reculs sociétaux.

HRW craint principalement une instrumentalisation du sport pour justifier des reculs sur les libertés fondamentales, notamment en matière de liberté d’expression, de droits des migrants et de conditions de travail des employés des stades. L’ONG alerte aussi sur un durcissement des politiques migratoires et sécuritaires pouvant exposer les supporters étrangers et les communautés migrantes à des risques accrus.