La Mongolie, pays d’Asie enclavé entre la Chine et la Russie, fait face à une crise aiguë de carburant depuis que les livraisons de pétrole russe se sont fortement réduites. Selon RFI, cette situation s’explique par les répercussions des attaques de drones ukrainiens sur les infrastructures pétrolières russes, qui ont perturbé l’approvisionnement de nombreux pays dépendants, dont Oulan-Bator, la capitale mongole.

Ce qu'il faut retenir

  • 95 % du carburant consommé en Mongolie provient de Russie, selon les dernières données disponibles.
  • La capitale, Oulan-Bator, est particulièrement touchée, où les stations-service signalent des ruptures de stock régulières.
  • La Mongolie, trois fois plus grande que la France, est totalement dépendante des importations russes pour son essence.
  • Les autorités mongoles n’ont pas encore annoncé de mesures d’urgence pour pallier cette pénurie.

Une dépendance énergétique accrue face à la crise russe

Avec une superficie de 1,5 million de km², la Mongolie est l’un des pays les plus vastes au monde, mais sa production locale de pétrole reste marginale. D’après les chiffres rapportés par RFI, près de 95 % de l’essence consommée sur son territoire provient de Russie. Or, depuis plusieurs semaines, les livraisons en provenance de ce pays se sont fortement ralenties, voire interrompues dans certaines zones.

Cette dépendance expose la Mongolie à des risques majeurs, surtout dans un contexte où Moscou priorise ses ressources pour son propre marché intérieur et ses besoins militaires. « Les sanctions et les perturbations logistiques ont réduit nos approvisionnements de moitié », a expliqué un responsable du ministère mongol de l’Énergie, sous couvert d’anonymat.

Oulan-Bator en première ligne face à la pénurie

La capitale mongole, qui concentre près de la moitié de la population du pays, subit de plein fouet les conséquences de cette crise. Les habitants se pressent devant les rares stations-service encore approvisionnées, tandis que certains commerces et services publics limitent leurs activités faute de carburant. « On fait la queue pendant des heures, mais souvent, les pompes sont vides », témoigne un chauffeur de taxi interrogé par RFI.

Les autorités locales tentent de gérer la situation en rationnant les ventes, mais les solutions à long terme restent limitées. La Mongolie ne dispose pas d’infrastructures suffisantes pour importer du pétrole depuis d’autres pays, comme la Chine ou le Kazakhstan, sans compter les coûts logistiques prohibitifs.

Un contexte géopolitique explosif

Cette crise survient alors que les tensions entre la Russie et l’Ukraine s’intensifient, avec des frappes répétées de drones ukrainiens ciblant les sites pétroliers et gaziers russes. Selon des experts cités par RFI, Moscou a dû réduire ses exportations vers ses partenaires traditionnels, dont la Mongolie, pour privilégier ses propres besoins énergétiques et militaires.

Bref, la situation pourrait encore s’aggraver si les perturbations persistent. Les autorités mongoles ont appelé à une « utilisation rationnelle » des réserves restantes, mais sans annoncer de mesures concrètes pour diversifier les approvisionnements ou développer des alternatives locales.

Et maintenant ?

Pour l’instant, aucune date précise n’a été fixée pour un retour à la normale, mais les observateurs s’attendent à ce que la Mongolie tente de négocier avec d’autres fournisseurs, comme le Kazakhstan, ou d’accélérer l’exploration de ses propres gisements pétrolifères. Une chose est sûre : sans solution rapide, la pénurie pourrait paralyser une partie de l’économie mongole, déjà fragilisée par les effets de la pandémie et des tensions commerciales avec Pékin.

Reste à voir si les autorités mongoles parviendront à trouver des alternatives avant que la situation ne dégénère davantage. En attendant, les habitants d’Oulan-Bator doivent composer avec des files d’attente interminables et des prix en hausse, dans un pays où le carburant est devenu plus précieux que jamais.