Le président du Monténégro, Jakov Milatović, a réaffirmé ce vendredi 5 juin 2026 que l’adhésion de son pays à l’Union européenne (UE) constituait un « projet d’unité nationale », alors que les négociations sont en cours pour intégrer le bloc des Vingt-Sept. Selon BMF - International, Milatović a souligné que ce processus devait rassembler les Monténégrins autour d’un objectif commun, malgré les divisions politiques persistantes.

Le chef de l’État, en poste depuis avril 2025, a rappelé que le Monténégro avait obtenu le statut de candidat à l’adhésion en 2010, mais que les négociations, lancées officiellement en juin 2024, peinaient à avancer en raison de critères non encore remplis. « L’Europe nous attend, mais c’est à nous de montrer que nous sommes prêts », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse organisée à Podgorica, la capitale. Le pays, qui a déjà adopté une partie de l’acquis communautaire, reste confronté à des défis majeurs, notamment en matière de lutte contre la corruption et de réforme du système judiciaire.

Ce qu'il faut retenir

  • Le président Jakov Milatović décrit l’adhésion à l’UE comme un « projet d’unité nationale » pour le Monténégro, selon BMF - International.
  • Le pays est candidat à l’UE depuis 2010, mais les négociations ont débuté en juin 2024.
  • Les principaux obstacles concernent la réforme de la justice et la lutte contre la corruption.
  • Le Monténégro doit encore aligner sa législation sur 35 chapitres de l’acquis européen.

Un calendrier sous pression

Le processus d’adhésion du Monténégro, souvent présenté comme le plus avancé parmi les candidats des Balkans occidentaux, repose sur un calendrier serré. D’après BMF - International, Bruxelles a fixé comme objectif une adhésion d’ici 2028, mais les observateurs estiment que cette échéance est « ambitieuse ». Milatović a indiqué que son gouvernement travaillait à accélérer les réformes, notamment dans les secteurs de l’État de droit et de la gouvernance économique. « Nous avons déjà réalisé des progrès significatifs, mais il reste du chemin à parcourir », a-t-il ajouté, sans préciser de mesures concrètes annoncées pour les prochains mois.

Le Monténégro, qui a rejoint l’OTAN en 2017, mise sur son ancrage euro-atlantique pour stabiliser sa situation politique et économique. Le pays, qui compte environ 620 000 habitants, a enregistré une croissance modérée ces dernières années, mais reste dépendant des investissements étrangers. Les analystes soulignent que l’adhésion à l’UE pourrait attirer davantage de capitaux et réduire les tensions ethniques persistantes, notamment avec la minorité serbe.

L’opposition divisée sur la question européenne

Si le gouvernement de coalition de Milatović soutient sans réserve le projet européen, l’opposition, menée par le Parti démocratique des socialistes (DPS), historique au pouvoir, critique une démarche « trop rapide ». « Le Monténégro n’est pas prêt, et forcer les réformes pourrait déstabiliser le pays », a déclaré Milo Đukanović, ancien président et leader du DPS, lors d’un meeting à Nikšić début mai. Ce dernier, qui a dirigé le pays pendant près de trente ans, a rappelé que l’adhésion devait être « progressive et maîtrisée ».

Par ailleurs, une partie de la population reste sceptique quant aux bénéfices concrets de l’adhésion. Selon un sondage publié en avril 2026 par l’institut local CeDem, seulement 52 % des Monténégrins soutiennent l’adhésion, contre 68 % en 2020. Les craintes portent notamment sur l’impact des normes européennes sur les secteurs traditionnels, comme l’agriculture ou le tourisme.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes clés devraient se concentrer sur la finalisation de trois chapitres prioritaires — justice, droits fondamentaux et gouvernance — d’ici la fin 2026, comme l’a indiqué la Commission européenne dans son dernier rapport d’étape. Une mission d’évaluation est attendue à Podgorica en septembre, tandis que le Conseil européen pourrait réexaminer la progression du Monténégro lors de sa réunion de décembre. La question d’un référendum sur l’adhésion, évoquée par certains partis, reste en suspens, faute de consensus politique.

Quoi qu’il en soit, le président Milatović a assuré que son pays « ne lâcherait rien » pour rejoindre l’UE. « C’est une question de souveraineté et de prospérité, pas seulement une question politique », a-t-il conclu, rappelant que le Monténégro était le seul pays des Balkans occidentaux à ne pas encore être membre de l’UE.

Les principaux défis concernent la réforme du système judiciaire, la lutte contre la corruption et l’alignement sur 35 chapitres de l’acquis européen. La Commission européenne a également pointé des lacunes dans la liberté de la presse et l’indépendance des médias.