La chorégraphe Gaëlle Bourges mène jusqu’à mi-avril, à Montreuil, une collecte originale de petits mots écrits par des habitants. L’objectif ? Constituer une matière brute pour un spectacle participatif, comme le rapporte Libération. Cette initiative s’inscrit dans une démarche artistique où les anonymes deviennent les co-auteurs d’une création collective.
Ce qu'il faut retenir
- Gaëlle Bourges, chorégraphe, collecte des petits mots d’habitants de Montreuil jusqu’à mi-avril.
- Ces textes serviront de base à un spectacle participatif, selon une approche artistique collaborative.
- L’initiative s’inspire de pratiques similaires observées au Québec, où des artistes impliquent directement le public.
- La collecte vise à mettre en lumière les aspirations et les manques exprimés par les habitants.
- Libération souligne l’originalité de cette démarche, qui place les anonymes au cœur du processus créatif.
Une collecte participative pour nourrir la création
Depuis plusieurs semaines, Gaëlle Bourges sillonne les rues de Montreuil pour recueillir des témoignages écrits. « On va chercher des histoires, des mots, des fragments de vie », a-t-elle expliqué à Libération. Ces petits mots, souvent anonymes, serviront de matière première pour un spectacle qui mêlera danse, théâtre et participation du public. Autant dire que l’artiste joue ici le rôle de glaneuse, collectant des pépites d’humanité pour les transformer en art.
La chorégraphe n’est pas seule dans cette aventure. Elle s’inspire de méthodes développées au Québec, où des artistes ont déjà expérimenté des formes de spectacles participatifs. À Montreuil, l’enjeu est double : donner la parole à des anonymes et créer un lien entre eux à travers l’art. « Avec ces anonymes, on prend soin de faire quelque chose ensemble », a-t-elle souligné, insistant sur la dimension collective de la démarche.
Des histoires brutes pour un spectacle vivant
Les mots recueillis par Gaëlle Bourges ne seront pas retravaillés de manière littéraire. L’idée est de conserver leur spontanéité et leur authenticité. « On ne va pas réécrire leurs mots, mais les mettre en mouvement », a-t-elle précisé. Chaque texte sera ainsi intégré tel quel dans la création, devenant le socle d’une performance où les frontières entre public et artistes s’estomperont.
Cette approche interroge les habitudes du milieu artistique. Traditionnellement, les spectacles sont conçus par des auteurs ou des chorégraphes avant d’être proposés au public. Ici, c’est l’inverse : le public devient co-auteur dès la phase de collecte. Une inversion des rôles qui rappelle certaines pratiques du théâtre documentaire, où la réalité sociale nourrit la fiction.
Un projet inspiré par des initiatives québécoises
Gaëlle Bourges n’a pas inventé cette méthode. Elle s’en inspire directement d’expériences menées au Québec, où des artistes ont exploré des formes de création collective impliquant des citoyens lambda. Ces projets, souvent qualifiés de « spectacles participatifs », visent à démocratiser l’accès à la culture tout en offrant une tribune à des voix habituellement ignorées.
À Montreuil, la chorégraphe adapte ces principes à un contexte local. La ville, connue pour son dynamisme culturel et son engagement social, constitue un terrain idéal pour une telle initiative. « On veut montrer que l’art peut être un outil de lien social », a-t-elle déclaré. Le spectacle final, encore en construction, sera donc bien plus qu’une simple performance : il incarnera une réflexion sur la place de l’individu dans la société.
Au-delà de la performance elle-même, ce projet soulève une question plus large : comment l’art peut-il devenir un vecteur de participation citoyenne ? En donnant la parole à des anonymes et en en faisant des acteurs à part entière, Gaëlle Bourges propose une réponse audacieuse. À suivre, donc, pour voir comment cette expérience transformera à la fois les pratiques artistiques et le regard porté sur les habitants de Montreuil.
Les habitants de Montreuil peuvent déposer leurs mots écrits dans des boîtes prévues à cet effet ou les transmettre directement à Gaëlle Bourges lors de ses déplacements dans la ville. Aucune inscription préalable n’est requise.
