La mort de Quentin Deranque, militant identitaire de 23 ans, a provoqué une vague d'hommages sur les réseaux sociaux. Mais, si la famille du jeune homme a transmis au Figaro le 16 février le véritable portrait du militant, plusieurs visuels largement diffusés derrière l'émotion et les messages appelant à « Justice pour Quentin » ne le représentent pourtant pas.
Des montages ont circulé massivement sur X, Facebook, Instagram ou TikTok, montrant le portrait d'un jeune homme sur fond de drapeau tricolore, accompagné des dates « 2003-2026 » et de slogans tels que « Militant engagé, parti trop tôt » ou « Repose en paix ». Sur certains drapeaux brandis lors des rassemblements figuraient également les mentions « MORT POUR NOS SŒURS », « MORT POUR LA FRANCE » et « JUSTICE POUR QUENTIN », inscrites autour du visage reproduit.
Le visage figurant sur cette image n'est pas celui de Quentin Deranque. Il s'agit de Dylan Guichaoua, délégué départemental du Rassemblement national de la jeunesse dans les Pyrénées-Atlantiques. Selon son compte Facebook, l'intéressé a dénoncé une « fausse information ». « Depuis quelques heures/jours, une photo me concernant prise pendant la campagne des élections européennes a été détournée et manipulée par IA. Elle circule massivement sur les réseaux sociaux et véhicule une fausse information », écrit-il.
Dylan Guichaoua a précisé : « Je le dis clairement : je n'ai aucun lien avec les faits évoqués, et encore moins avec l'agression et la mort de Quentin. Utiliser mon image dans ce contexte est indigne et constitue une tentative de manipulation et de mise en cause publique. »
Les erreurs de publication
La chronologie des publications interroge également. Certains messages accompagnés de ces portraits ont été mis en ligne le 13 février, soit la veille de l'annonce officielle du décès du militant. L'un d'eux, largement relayé, évoquait déjà « le décès du jeune Quentin » et appelait à ce que « nous ne devrions pas mourir pour des idées en France », avant même la confirmation publique de sa mort.
Des d'autres erreurs ont également été relevées. Une image diffusée initialement par le compte X « Napo Léon » a été reprise dans plusieurs hommages : elle s'est révélée être un portrait généré par intelligence artificielle. Un autre visuel, partagé en premier lieu par le compte X « Actureact » avant d'être supprimé, ne correspondait pas non plus à la victime. Une autre photographie, relayée sur plusieurs plateformes et traduite en différentes langues, représente en réalité Quentin Piron, un Belge de 23 ans mort en 2024 dans un accident de la route.
Enquête en cours
L'enquête se poursuit pour identifier les auteurs de l'agression. Jeudi soir, sept hommes de 20 à 26 ans, dont deux collaborateurs du député LFI Raphaël Arnault, ont été mis en examen à Lyon pour homicide volontaire ou complicité. Une marche, samedi à Lyon, soutenue par l'ultradroite, a reçu vendredi l'aval des autorités, qui prévoient un dispositif conséquent pour contenir le risque de débordements.
Les prochaines étapes
La famille de Quentin Deranque a transmis au Figaro le 16 février le véritable portrait du militant. Les autorités prévoient un dispositif conséquent pour contenir le risque de débordements lors de la marche samedi à Lyon. La famille de Quentin Deranque a appelé à la calme et à la sérénité.
Quentin Deranque, militant identitaire de 23 ans, a été agressé par plusieurs individus et a décédé à Lyon. Les hommages sur les réseaux sociaux ont été marqués par des erreurs et des manipulations.
L'enquête se poursuit pour identifier les auteurs de l'agression. Une marche, samedi à Lyon, soutenue par l'ultradroite, a reçu vendredi l'aval des autorités.
La mort de Quentin Deranque a provoqué une vague d'hommages sur les réseaux sociaux, mais les erreurs et les manipulations ont soulevé des questions sur la véracité des informations diffusées.
