Le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) de Paris, qui célèbre cette année ses 400 ans d’existence, a lancé lundi 20 avril 2026 un appel aux dons afin de financer des travaux de rénovation d’ampleur. Selon Ouest France, plusieurs galeries emblématiques du site, victimes de fissures, d’infiltrations et d’un état général dégradé, ont déjà dû fermer partiellement leurs portes au public. Gilles Bloch, président du Muséum, a souligné l’urgence de ces travaux pour préserver un patrimoine scientifique et culturel majeur.
Ce qu'il faut retenir
- Le Muséum national d’Histoire naturelle de Paris fête ses 400 ans en 2026 et lance un appel aux dons pour financer des travaux de rénovation.
- Plusieurs galeries emblématiques, endommagées par des fissures et infiltrations, ont déjà fermé ou limitent leur accès au public.
- L’appel aux dons vise à préserver un patrimoine scientifique et culturel historique et inestimable.
- La mobilisation s’inscrit dans le cadre des célébrations du 4e centenaire de l’institution.
- Le président du Muséum, Gilles Bloch, a appelé à une contribution large et rapide pour éviter une dégradation irréversible.
Un patrimoine en péril après quatre siècles d’histoire
Fondé en 1626 sous le règne de Louis XIII, le Muséum national d’Histoire naturelle est l’une des plus anciennes institutions scientifiques au monde. Pourtant, après quatre siècles d’existence, certaines de ses galeries emblématiques — comme celles abritant les collections de zoologie, de géologie ou encore les galeries d’anatomie comparée — montrent des signes de fatigue structurelle alarmants. Gilles Bloch a précisé que les fissures dans les murs et les infiltrations d’eau, aggravées par le vieillissement des bâtiments, menacent directement l’intégrité des collections et la sécurité des visiteurs.
Certaines salles emblématiques, autrefois accessibles au grand public, ont déjà été fermées temporairement ou restreintes. Parmi elles, la galerie de Paléontologie, célèbre pour ses squelettes de dinosaures, ou encore la galerie de Minéralogie, qui abrite des échantillons uniques au monde. La dégradation de ces espaces pose un double défi : préserver un patrimoine historique et maintenir l’accès à la culture scientifique pour les générations futures.
Un appel urgent pour éviter une dégradation irréversible
Face à cette situation, Gilles Bloch a lancé un appel solennel aux particuliers, entreprises et mécènes pour contribuer financièrement à la rénovation des infrastructures. «
Ces galeries ne sont pas seulement des lieux de savoir, ce sont des monuments à part entière, a déclaré le président du Muséum. Sans une mobilisation rapide, certaines pourraient devenir inaccessibles de manière définitive. » Selon lui, le coût des travaux s’élève à plusieurs dizaines de millions d’euros, un montant que l’État et les collectivités ne pourront assumer seuls.L’institution mise sur une campagne de crowdfunding et des partenariats privés pour compléter les financements publics déjà engagés. L’objectif ? Rénover les toitures, étanchéifier les façades, renforcer les structures et moderniser les équipements tout en respectant l’architecture historique des lieux. L’appel aux dons s’inscrit dans le cadre des festivités du 400e anniversaire, mais il dépasse largement le cadre symbolique : il s’agit de sauver un patrimoine vivant, au cœur de la recherche scientifique française.
Un enjeu scientifique et culturel au-delà des célébrations
Au-delà de l’aspect patrimonial, la fermeture partielle de ces galeries a des répercussions sur la recherche. Le Muséum abrite en effet des collections uniques, dont certaines sont étudiées par des chercheurs du monde entier. La galerie de Botanique, par exemple, conserve plus de huit millions de spécimens, essentiels pour comprendre l’évolution des espèces et lutter contre les crises environnementales actuelles. Gilles Bloch a rappelé que « ces collections sont une mémoire vivante de la biodiversité terrestre » et que leur préservation est un devoir à la fois scientifique et citoyen.
La campagne de dons s’adresse donc aussi bien au grand public qu’aux acteurs économiques sensibles à la préservation de la culture et de la science. Plusieurs entreprises, notamment dans les secteurs de la finance éthique et de l’innovation durable, ont déjà manifesté leur intérêt pour soutenir le projet. Reste à savoir si l’appel sera entendu à la hauteur des enjeux.
La préservation de ce joyau scientifique dépendra donc, en grande partie, de la capacité de la société civile à se mobiliser rapidement. Dans un contexte où les budgets publics restent serrés, chaque don, même modeste, pourrait faire la différence entre un patrimoine sauvé et un héritage perdu.
Les dons peuvent être effectués en ligne via une plateforme dédiée, qui sera mise en ligne courant juin 2026. Les particuliers pourront également participer via des campagnes de mécénat ou des événements organisés sur place. Pour plus d’informations, le site officiel du Muséum publiera prochainement les modalités pratiques.