Le gouvernement français a annoncé ce mardi 17 mars 2026 une augmentation significative des saisies de stupéfiants sur le territoire national. Selon nos confreres de BFM - Faits Divers, quelque 84,3 tonnes de cocaïne ont été interceptées en 2025, soit une progression de 58 % par rapport aux 53,5 tonnes saisies en 2024. Cette hausse s’inscrit dans un contexte marqué par une intensification des moyens déployés contre les réseaux criminels, comme en témoigne la réunion présidée par Emmanuel Macron sur le sujet.
Ce qu'il faut retenir
- 84,3 tonnes de cocaïne saisies en 2025, contre 53,5 tonnes en 2024, soit une hausse de 58 %.
- 127,3 tonnes de cannabis interceptées, contre 101 tonnes en 2024.
- 2 000 interdictions de paraître prononcées, dont 186 à Marseille.
- 146 millions d’euros d’avoirs criminels saisis en 2025, contre 113 millions en 2024.
- Une saisie record de 13 tonnes de cocaïne à Dunkerque en dix jours, estimée à 865 millions d’euros.
- 120 fermetures administratives de locaux liés au trafic, dont 35 à Marseille.
Des chiffres en forte progression, reflétant une lutte renforcée contre le narcotrafic
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a détaillé ces résultats lors d’une réunion dédiée au narcotrafic, en présence du chef de l’État. Selon les données du ministère, les saisies de cocaïne ont explosé, passant de 53,5 tonnes en 2024 à 84,3 tonnes en 2025. « Cette augmentation s’explique par une volonté accrue des services de l’État de démanteler les réseaux criminels », a-t-il précisé. Parallèlement, les interpellations pour trafic de stupéfiants continuent de progresser, avec une hausse de 7 % par an depuis 2017, année de l’élection d’Emmanuel Macron.
Le cannabis n’est pas en reste : 127,3 tonnes ont été saisies en 2025, contre 101 tonnes l’année précédente. Ces chiffres illustrent l’ampleur des moyens mis en œuvre pour endiguer le trafic de substances illicites, dans un contexte où la production mondiale de stupéfiants connaît également une augmentation.
Des mesures administratives et judiciaires renforcées pour cibler les réseaux
Face à cette criminalité en hausse, les autorités ont multiplié les outils juridiques et administratifs. En 2025, 2 000 interdictions de paraître ont été prononcées à l’échelle nationale, empêchant des individus liés au narcotrafic de se rendre dans des zones précises, souvent des points de deal. Marseille, ville particulièrement touchée, a concentré 186 de ces mesures.
Les fermetures administratives de locaux ont également été intensifiées, avec 120 procédures engagées, dont 35 à Marseille. Cette mesure permet aux préfets de fermer des établissements utilisés à des fins criminelles, sans attendre une décision judiciaire. Par ailleurs, 250 expulsions ont été notifiées, les préfets se substituant aux bailleurs pour expulser des locataires impliqués dans des activités illicites. La capitale phocéenne a été particulièrement concernée, avec 32 expulsions recensées.
Un patrimoine criminel de plus en plus visé : 146 millions d’euros saisis en 2025
L’arsenal répressif s’étend aussi aux avoirs des organisations criminelles. En 2025, 146 millions d’euros ont été saisis, contre 113 millions en 2024. « Ces saisies portent un coup dur aux finances des réseaux, en limitant leurs capacités à financer leurs activités », a souligné Laurent Nuñez. Parmi les opérations marquantes, la traque de la DZ Mafia, démantelée à partir de novembre 2024, a révélé l’ampleur des structures criminelles en place. Cette enquête a conduit à 43 interpellations et mis en lumière des cas de corruption, notamment celui d’un avocat soupçonné d’avoir facilité les communications entre un cadre détenu et l’extérieur.
Le ministre a également évoqué l’affaire de Dunkerque, où 13 tonnes de cocaïne ont été saisies en moins de deux semaines, pour une valeur estimée à 865 millions d’euros. Ce coup de filet, annoncé par le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, illustre la détermination des autorités à frapper fort et vite.
Un contexte mondial qui alimente la hausse des saisies
Cette escalade des interpellations et des saisies s’inscrit dans un mouvement plus large. Comme le rapporte BFM - Faits Divers, une étude de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) publiée en 2024 révélait une augmentation des saisies de cocaïne et de stimulants de type amphétamine (STA), dans un contexte de hausse de la production mondiale. Les autorités françaises ne sont pas les seules concernées : plusieurs pays européens ont enregistré des records similaires, reflétant une tendance globale à l’intensification du trafic.
Pour Laurent Nuñez, cette dynamique nécessite une réponse coordonnée. « Les réseaux criminels s’adaptent, nous devons donc renforcer notre coopération internationale et moderniser nos outils juridiques », a-t-il expliqué. Une nouvelle réunion de l’exécutif sur le sujet est prévue dans un mois, afin d’évaluer les mesures en place et d’envisager de nouvelles pistes d’action.
En conclusion, les chiffres de 2025 confirment l’ampleur du défi que représente le narcotrafic en France. Entre saisies records, moyens juridiques renforcés et pression accrue sur les avoirs criminels, l’État mise sur une stratégie globale pour démanteler les réseaux. La prochaine réunion de l’exécutif, prévue dans un mois, pourrait préciser les prochaines étapes de cette lutte sans relâche.
Parmi les réseaux les plus actifs, les autorités citent notamment la DZ Mafia, démantelée en 2024-2025, ainsi que des groupes internationaux liés au trafic de cocaïne. Ces organisations sont souvent impliquées dans des réseaux transnationaux, avec des ramifications en Amérique du Sud et en Europe.
Les services de l’État attribuent cette hausse à une intensification des moyens déployés, tant en termes de renseignement que de moyens opérationnels. Le renforcement des effectifs, l’utilisation de nouvelles technologies et une meilleure coopération internationale sont également évoqués comme des facteurs clés.
