L’équipe de France de natation artistique a fait ses premiers pas en compétition européenne ce dimanche 2 août 2026, lors des championnats d’Europe à Budapest, avec une prestation en demi-teinte. Selon RMC Sport, les Bleus se sont classés à la septième place sur huit lors des éliminatoires de l’épreuve libre, une performance qui reflète des erreurs coûteuses et une note finale bien en deçà des attentes. Malgré ce mauvais départ, l’équipe est qualifiée pour la finale prévue ce lundi 3 août à 16 heures, une échéance où elle devra impérativement se racheter.
Ce qu'il faut retenir
- Les Français terminent septièmes sur huit lors des éliminatoires de natation artistique par équipes, avec une note de 203,1195 points.
- Deux « basemarks » (pénalités) ont réduit la difficulté de deux figures hybrides à 0,5, expliquant en grande partie le score décevant.
- La Russie domine ces éliminatoires avec un score de 272,1195, tandis que la France accuse un retard de 69 points.
- Pour la première fois, un nageur masculin français, Milan Violon (17 ans), participe à une épreuve par équipes, marquant une avancée pour la discipline en France.
- L’équipe de France devra présenter un ballet « sans erreur » en finale pour espérer rivaliser avec les meilleures nations.
Des erreurs fatales en ouverture
Les nageurs tricolores ont ouvert le bal des éliminatoires à 9 heures ce dimanche matin, un créneau qui n’a pas toujours joué en leur faveur. Selon l’entraîneur de l’équipe, Laure Obry, le groupe a « plutôt bien assuré » malgré l’horaire matinal. Pourtant, c’est sur la qualité d’exécution que les choses se sont gâtées. Les juges ont sanctionné deux hybrides mal réalisées par des basemarks, des pénalités qui réduisent automatiquement la difficulté des figures à 0,5 — un coup dur pour le score final. « Ce qui est dommage, c’est qu’on se fait sanctionner sur des erreurs qui coûtent cher avec ce qu’on appelle des basemarks », a-t-elle déclaré à l’issue de la compétition.
Un écart de points difficile à combler
Avec une note de 203,1195, la France termine largement derrière la Russie, qui truste la première place avec 272,1195 points. « Sans ces erreurs, nul doute que la France n’aurait pas signé l’avant-dernière performance du jour », a souligné Laure Obry. Le décalage est d’autant plus marqué que les figures hybrides et les portés, éléments clés de l’épreuve, sont notés en fonction de leur degré de difficulté, allant de 2 à 15. Deux erreurs sur des figures simples ont suffi à plomber le bilan global. Pour se rattraper en finale, l’équipe devra présenter un enchaînement « tout propre, sans basemark », afin de mettre en valeur la chorégraphie dans son ensemble.
Une équipe en construction et une première historique
Cette première participation aux championnats d’Europe depuis deux ans marque aussi une avancée symbolique pour la natation artistique française. Pour la première fois, un nageur masculin, Milan Violon (17 ans), intègre l’équipe senior. Une décision qui s’inscrit dans la dynamique post-JO de Paris 2024, où la discipline a ouvert ses épreuves par équipes aux hommes. « On montre qu’en France aussi, on est capable de former des garçons et de les mettre dans un ballet de l’équipe de France senior », a affirmé Laure Obry. Cette inclusion vise notamment à préparer l’objectif des Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028, même si l’enjeu immédiat reste la finale de ce lundi.
Autre particularité : seulement trois des huit nageuses présentes faisaient partie du groupe ayant concouru à Paris 2024. L’équipe manque donc de repères collectifs, un défi supplémentaire pour la coach. « On compte bien se rattraper en finale », a-t-elle assuré, tout en rappelant que la pression des éliminatoires — où l’équipe française ouvrait la marche — ne pèse plus pour la suite. En finale, la France sera en effet la deuxième à défiler, une position qui pourrait lui être plus favorable.
Une finale à 16 heures pour redorer le blason
Ce lundi 3 août à 16 heures, les Bleus auront l’opportunité de corriger le tir lors de la finale de l’épreuve libre. Une performance « impeccable » sera indispensable pour espérer rivaliser avec les nations mieux classées, comme l’Espagne, l’Italie ou les Pays-Bas. Le ballet français, chorégraphié en costume blanc, orange et doré, devra enchaîner six figures hybrides et trois portés sans la moindre faille. « Nager un ballet tout propre, sans basemark, pour qu’on puisse apprécier la chorégraphie jusqu’au bout », a insisté la sélectionneuse.
Reste à savoir si l’équipe parviendra à transformer l’essai d’un premier retour en compétition internationale. Une chose est sûre : une médaille semble hors de portée, mais une place dans le top 5 serait déjà un succès après cette prestation en demi-teinte.
Laure Obry et son groupe auront donc à cœur de tourner la page des éliminatoires pour écrire une nouvelle page, plus conforme à leurs ambitions.
Un « basemark » est une pénalité infligée par les juges en cas d’erreur technique ou de mauvaise exécution d’une figure. Cette sanction réduit automatiquement la difficulté de l’élément concerné à 0,5, ce qui diminue considérablement le score final. Dans le cas de l’équipe de France, deux hybrides ont été sanctionnées de cette manière lors des éliminatoires du 2 août 2026.