Pour la première fois depuis la chute du régime de Bachar el-Assad à la fin de l'année 2024, le président du Kurdistan irakien, Nechirvan Barzani, a atterri à Damas ce lundi 3 août 2026. Selon RFI, cette visite historique s'inscrit dans le cadre d'une démarche diplomatique visant à consolider les relations entre les Kurdes et les nouvelles autorités syriennes. Barzani, reconnu comme l'un des principaux architectes de l'accord conclu entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le gouvernement de transition syrien le 29 janvier 2026, s'est entretenu avec le président Ahmed al-Charaa dès son arrivée.
Ce qu'il faut retenir
- Première visite officielle de Nechirvan Barzani à Damas depuis la fin du régime d'Assad fin 2024.
- Objectif affiché : favoriser l'intégration des Kurdes dans les nouvelles institutions syriennes.
- Nechirvan Barzani est considéré comme l'un des principaux parrains de l'accord FDS-autorités syriennes signé le 29 janvier 2026.
- Réunion dès le 3 août avec le président syrien Ahmed al-Charaa pour discuter de la mise en œuvre de cet accord.
Cette visite de trois jours marque une étape cruciale dans le processus de réconciliation nationale en Syrie, où la question kurde reste un sujet sensible. Barzani, dont la région autonome du Kurdistan irakien entretient des liens historiques avec les communautés kurdes de Syrie, cherche à ancrer la présence kurde dans le nouveau paysage politique syrien. L'accord du 29 janvier dernier prévoyait notamment une représentation kurde dans les institutions de transition et une reconnaissance partielle de leurs droits culturels et politiques.
Selon des sources diplomatiques citées par RFI, les discussions porteront également sur la sécurité des zones à majorité kurde dans le nord-est de la Syrie, où les Forces démocratiques syriennes (FDS) conservent une influence majeure. Ces troupes, majoritairement composées de combattants kurdes, avaient joué un rôle clé dans la lutte contre l'État islamique avant de négocier leur intégration progressive au sein de l'armée nationale syrienne sous l'égide du gouvernement de transition.
Dans un communiqué publié à l'issue de l'entretien, le bureau de presse de la présidence syrienne a indiqué que « les deux parties ont réaffirmé leur volonté de renforcer la coopération dans les domaines politique, sécuritaire et économique ». De son côté, Nechirvan Barzani a souligné, lors d'une conférence de presse à Damas, que « cette visite ouvre une nouvelle page dans les relations entre le Kurdistan irakien et la Syrie, basée sur le respect mutuel et la recherche de solutions durables pour les populations kurdes » (selon RFI).
« Nous sommes déterminés à travailler main dans la main avec les nouvelles autorités syriennes pour garantir que les droits des Kurdes soient pleinement pris en compte dans le processus de reconstruction et de transition démocratique. »
— Nechirvan Barzani, président du Kurdistan irakien
Les observateurs soulignent que le succès de cette démarche dépendra largement de la capacité du gouvernement de transition syrien à garantir la sécurité et les droits des minorités, dans un contexte où plusieurs factions armées conservent une influence sur le terrain. La visite de Barzani intervient également à quelques jours de l'anniversaire de la signature de l'accord FDS-autorités syriennes, un événement que les deux parties devraient commémorer comme une avancée majeure dans la stabilisation du pays.
RFI précise que d'autres responsables kurdes, notamment du Parti de l'union démocratique (PYD), pourraient être associés aux prochaines étapes, bien que leur rôle exact reste à définir dans le cadre des nouvelles institutions syriennes.
L'enjeu central réside dans la reconnaissance de leurs droits politiques et culturels au sein des nouvelles institutions syriennes, ainsi que dans la sécurisation de leur autonomie administrative dans le nord-est du pays, où ils représentent une part importante de la population.
L'accord de janvier 2026 prévoyait une intégration progressive des FDS dans l'armée nationale et une représentation kurde dans les institutions. Cependant, son application reste inégale, notamment en raison de résistances locales et de tensions persistantes entre communautés. La visite de Barzani vise justement à accélérer ce processus.