La startup française NeoCem, spécialisée dans la décarbonation de l’industrie cimentière, vient de lever 15 millions d’euros auprès d’investisseurs privés et institutionnels. Cette levée de fonds, annoncée fin juillet 2026, doit permettre à l’entreprise d’accélérer le déploiement de sa technologie de production de ciment bas carbone, une solution présentée comme une alternative crédible aux procédés traditionnels extrêmement polluants. Selon BFM Business, cette initiative s’inscrit dans un contexte où le secteur du ciment représente à lui seul près de 8 % des émissions mondiales de CO₂.

Ce qu'il faut retenir

  • NeoCem a levé 15 millions d’euros pour développer sa technologie de ciment bas carbone
  • Le ciment traditionnel est responsable de 8 % des émissions mondiales de CO₂
  • La startup propose une alternative aux procédés industriels actuels, très énergivores
  • Cette levée de fonds a été réalisée auprès d’investisseurs privés et institutionnels
  • L’objectif est d’accélérer le déploiement industriel de cette solution d’ici 2027

Une technologie pour révolutionner un secteur très polluant

Le ciment, matériau incontournable dans la construction, est aujourd’hui produit selon un procédé qui repose sur la cuisson du calcaire à très haute température, une étape extrêmement énergivore. Côté environnement, cela génère des émissions massives de CO₂, autant dire que l’impact écologique du secteur est colossal. NeoCem mise sur une approche différente : sa technologie, encore en phase de développement avancé, permettrait de réduire jusqu’à 70 % les émissions liées à la production de ciment classique. D’après BFM Business, cette innovation repose sur l’utilisation de liants alternatifs et de procédés de fabrication optimisés.

La jeune pousse, basée en région parisienne, travaille depuis 2023 sur ce projet avec des partenaires industriels et des laboratoires spécialisés. Son modèle économique repose sur la vente de licences d’exploitation de sa technologie aux cimentiers traditionnels, une stratégie visant à accélérer son adoption sans nécessiter une reconstruction complète des sites de production existants. Pour l’instant, NeoCem a mené des tests pilotes concluants sur des sites expérimentaux en France et en Allemagne, avec des résultats encourageants en termes de résistance mécanique et de durabilité du matériau.

Un marché en quête de solutions durables

Face aux pressions réglementaires croissantes en Europe, notamment avec la mise en place de la taxe carbone sur les importations, les industriels du secteur cherchent activement des alternatives viables. La Commission européenne a d’ailleurs révisé en 2025 ses normes d’émissions pour les cimenteries, imposant une réduction de 55 % des rejets de CO₂ d’ici 2030. Dans ce paysage, NeoCem se positionne comme un acteur clé, avec un avantage concurrentiel : sa technologie pourrait être déployée rapidement sur les sites existants, réduisant ainsi les coûts et les délais de transition pour les entreprises.

Parmi les investisseurs ayant participé à cette levée de fonds figurent des fonds spécialisés dans la transition écologique, comme Demeter et Raise Impact, ainsi que des acteurs industriels comme le groupe Vicat, déjà engagé dans des démarches de décarbonation. « Cette levée nous permet de passer à l’échelle industrielle et de finaliser les certifications nécessaires pour une commercialisation dès 2027 », a déclaré Thomas Lefèvre, cofondateur et PDG de NeoCem, lors d’une conférence de presse organisée le 25 juillet.

Et maintenant ?

D’ici la fin de l’année, NeoCem prévoit de finaliser les dernières phases de tests industriels avant de lancer une première production à grande échelle. Une usine pilote devrait être opérationnelle en 2027 en Île-de-France, avec une capacité initiale de 50 000 tonnes par an. Si les résultats confirment les promesses, la startup envisage d’étendre son activité en Europe du Nord et en Amérique du Nord d’ici 2029. Reste à voir si les cimentiers traditionnels, souvent réticents aux innovations coûteuses, adopteront massivement cette solution.

Un enjeu industriel et environnemental majeur

Le succès de NeoCem pourrait redessiner le paysage de l’industrie cimentière, un secteur longtemps critiqué pour son empreinte carbone. Si la technologie tient ses promesses, elle offrirait une bouffée d’oxygène aux acteurs du BTP, soumis à des exigences environnementales de plus en plus strictes. Pour l’heure, l’entreprise affiche une ambition claire : devenir le leader européen du ciment bas carbone d’ici 2030. Selon BFM Business, cette levée de fonds marque un tournant pour la French Tech, qui mise de plus en plus sur les solutions industrielles vertes pour concilier croissance économique et respect de l’environnement.

Dans un contexte où les fonds dédiés à la transition écologique atteignent des records, NeoCem illustre la capacité de l’innovation française à proposer des réponses concrètes aux défis climatiques. Reste à savoir si le marché et les régulateurs lui donneront les moyens de réussir son pari.

La technologie de NeoCem repose sur l’utilisation de liants alternatifs, notamment à base de sous-produits industriels recyclés, et sur une optimisation des procédés de cuisson. Contrairement au ciment Portland classique, qui nécessite une combustion intense de combustibles fossiles, le procédé NeoCem limite fortement ces émissions tout en conservant des propriétés mécaniques comparables.