Le groupe Orano et le chinois XTC New Energy ont officiellement lancé la construction de leur coentreprise Neomat CAM à Dunkerque. Selon BFM Business, ce site industriel doit produire des matériaux actifs de cathode (CAM), des composants essentiels pour les batteries des véhicules électriques. Avec une capacité annuelle de 40 000 tonnes, l’usine pourra équiper jusqu’à 500 000 véhicules par an, une fois opérationnelle en fin d’année 2028.

Ce qu'il faut retenir

  • Une usine de matériaux actifs de cathode (CAM) est en construction à Dunkerque, portée par Orano et XTC New Energy.
  • La capacité de production prévue est de 40 000 tonnes par an, permettant d’équiper 500 000 véhicules électriques.
  • L’investissement s’élève à 500 millions d’euros, partiellement financé par le crédit d’impôt pour l’industrie verte (C3IV).
  • Le site générera 400 emplois directs dès son ouverture, principalement locaux, et inclura un centre de R&D.
  • Cette initiative s’inscrit dans l’écosystème de la « vallée de la batterie » des Hauts-de-France, à proximité de plusieurs gigafactories.

Situé sur le port de Dunkerque, au cœur de la « vallée de la chimie » du Nord, le projet Neomat CAM s’intègre dans un écosystème industriel en plein essor. Selon BFM Business, cette coentreprise franco-chinoise doit démarrer sa production d’ici fin 2028, marquant une étape clé pour l’autonomie européenne dans la fabrication de batteries. « Cette usine s’articule parfaitement bien dans cet écosystème de la vallée de la batterie, puisque nos clients sont les gigafactories, et nous en avons trois importantes dans la vallée », a déclaré Philippe Hatron, directeur du programme batteries d’Orano, lors de l’annonce du projet.

Les matériaux actifs de cathode (CAM) produits par Neomat CAM sont des composants critiques pour les batteries lithium-ion, utilisées dans les véhicules électriques. Avec une capacité de 40 000 tonnes par an, le site permettra de couvrir une partie significative de la demande européenne. Orano précise que, si le marché le permet, la production pourrait être doublée à 80 000 tonnes par an, soit l’équipement d’un million de véhicules, représentant environ 10 % du marché européen d’ici 2035.

Un investissement majeur porté par Orano et XTC New Energy

La coentreprise Neomat CAM est détenue à 49 % par Orano, spécialiste français du cycle du combustible nucléaire, et à 51 % par XTC New Energy, filiale du groupe chinois Xiamen Tungsten Company. Ce dernier est un acteur reconnu dans la fabrication de matériaux de cathode. L’investissement global s’élève à 500 millions d’euros, dont une partie est financée par le crédit d’impôt pour l’industrie verte (C3IV) français, dispositif visant à soutenir les industries décarbonées.

Philippe Hatron a également souligné que le projet inclurait un centre de recherche et développement dès la mise en service de l’usine. « Le projet inclut également un centre de recherche et développement à Dunkerque, dès la mise en service de notre usine », a-t-il indiqué. Ce centre vise à optimiser les procédés de fabrication et à innover dans les matériaux utilisés pour les batteries, renforçant ainsi la compétitivité du site.

Un projet industriel au cœur de la « vallée de la batterie » française

Dunkerque s’impose comme un pôle stratégique pour l’industrie des batteries en France. Le site de Neomat CAM est situé à proximité de plusieurs gigafactories déjà implantées dans les Hauts-de-France, notamment ACC (coentreprise entre Stellantis, Mercedes-Benz et TotalEnergies), AESC (filiale du groupe chinois Envision), la start-up française Verkor et le groupe taïwanais ProLogium. Cette concentration d’acteurs industriels forme ce qu’on appelle la « vallée de la batterie », un écosystème dédié à la production de batteries pour véhicules électriques en Europe.

L’usine de Neomat CAM devrait employer près de 400 personnes pendant la phase de chantier, puis générer 400 emplois directs stables à son ouverture. Selon Orano, 90 % de ces postes seront occupés par des locaux, ce qui représente un atout économique majeur pour la région. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a salué cette initiative lors de la cérémonie de pose de la première pierre. « Un maillon essentiel de l’électrification », a-t-il commenté, avant d’ajouter : « Cette coentreprise va montrer qu’on peut travailler, la France et l’Europe d’un côté, la Chine de l’autre, de manière à être gagnant-gagnant, pas dans une logique de compétition délétère, mais dans une logique de collaboration, qui construira l’avenir. »

Un pari sur l’avenir de la mobilité électrique en Europe

Avec une capacité initiale de 40 000 tonnes par an, Neomat CAM vise à répondre à une partie de la demande européenne en matériaux de cathode, un secteur encore largement dominé par les acteurs asiatiques. Le projet s’inscrit dans la stratégie européenne de réduction de la dépendance aux importations, notamment en provenance de Chine, tout en développant une filière locale intégrée. Selon les projections d’Orano, si le marché évolue favorablement, la capacité de production pourrait être doublée d’ici quelques années, portant le nombre de véhicules équipés à un million par an.

Cette initiative s’ajoute à d’autres projets industriels visant à renforcer la souveraineté européenne dans le domaine des batteries. En effet, l’Union européenne mise sur le développement de gigafactories pour couvrir une partie de ses besoins, tout en réduisant son empreinte carbone. Le choix de Dunkerque, port stratégique pour les échanges commerciaux, s’avère judicieux pour exporter ces matériaux vers les sites de production voisins.

Et maintenant ?

D’ici la fin 2028, l’usine Neomat CAM devra mener à bien sa construction et sa mise en service. Les prochaines étapes incluront la finalisation des infrastructures, le recrutement et la formation des équipes, ainsi que la mise en place des partenariats avec les gigafactories clientes. La capacité de production initiale sera de 40 000 tonnes, mais une montée en puissance progressive est envisagée, sous réserve de la demande du marché. D’ici 2035, l’objectif affiché est d’atteindre 10 % du marché européen, une ambition qui dépendra à la fois de la dynamique du secteur et des politiques industrielles européennes.

La réussite de ce projet pourrait également influencer d’autres initiatives similaires en France et en Europe, en démontrant la viabilité d’une collaboration industrielle franco-chinoise dans un secteur stratégique. Reste à voir si les conditions économiques et géopolitiques permettront à Neomat CAM de tenir ses promesses, dans un contexte marqué par une concurrence accrue et des enjeux de souveraineté industrielle.

L’usine Neomat CAM produit des matériaux actifs de cathode (CAM), des composants essentiels pour la fabrication des batteries lithium-ion utilisées dans les véhicules électriques. Ces matériaux jouent un rôle clé dans la performance et l’autonomie des batteries.

Dunkerque a été retenue pour son emplacement stratégique au cœur de la « vallée de la batterie » française, à proximité de plusieurs gigafactories. Le port de Dunkerque offre également des avantages logistiques pour l’exportation des matériaux produits vers d’autres sites européens.