Une coulée de boue dévastatrice survenue mercredi à la frontière entre le Népal et le Tibet a déjà causé la mort d’au moins 472 personnes, selon le dernier bilan officiel publié ce vendredi 28 août. Parmi ces victimes, 469 sont népalaises et trois chinoises, tandis que plus de 1 400 personnes restent portées disparues, dont plusieurs centaines de ressortissants étrangers. D’après BMF - International, les opérations de secours se poursuivent dans un contexte marqué par des risques persistants, notamment la formation d’une retenue d’eau géante au Tibet susceptible de céder.

Ce qu'il faut retenir

  • 472 morts confirmés (469 au Népal, 3 en Chine) et plus de 1 400 disparus, dont des centaines d’étrangers
  • Une centaine d’ouvriers bloqués dans un tunnel sur le chantier du barrage hydroélectrique Trishuli, en cours d’évacuation par les secours népalais
  • Une retenue d’eau de 2 millions de m³ formée au Tibet, sous surveillance accrue en raison du risque de rupture imminent
  • Les autorités chinoises ont émis une alerte rouge pour un possible débordement dans les 72 heures, avec un apport supplémentaire de 3 millions de m³ d’eau attendu d’ici là
  • Plus de 1 000 personnes mises à l’abri en Chine depuis mercredi, mais les secours suspendus dans la zone à haut risque

Un bilan humain toujours en hausse et des disparitions inquiétantes

Le Népal déplore l’écrasante majorité des victimes, avec 469 morts enregistrés dans le pays, tandis que trois décès ont été confirmés côté tibétain. Les autorités locales estiment que le nombre réel de disparus pourrait dépasser les 1 400 personnes, un chiffre qui inclut un « certain nombre de ressortissants français », comme l’a indiqué jeudi le ministre français Sébastien Lecornu. La France a proposé son aide aux deux pays, sans préciser l’ampleur des moyens engagés.

Sur le terrain, les équipes de secours népalaises peinent à accéder à certaines zones en raison des dégâts causés par la coulée de boue. Les communications avec certaines localités frontalières restent coupées, compliquant l’évaluation exacte de l’étendue des dégâts.

Une retenue d’eau géante menace la région

Le risque majeur actuel concerne la formation d’une retenue d’eau de 2 millions de mètres cubes au Tibet, en amont de la zone touchée. Les médias d’État chinois, citant le ministère des Ressources en eau, ont alerté sur un « risque élevé de rupture et de débordement » dans les trois jours à venir. Selon la chaîne publique CCTV, ce volume pourrait s’alourdir de 3 millions de mètres cubes supplémentaires en cas de nouvelles précipitations, ce qui entraînerait une « crue importante en aval ».

Pour l’heure, les opérations de sauvetage ont été suspendues dans la zone la plus exposée, les autorités privilégiant l’évacuation préventive. En Chine, plus de 1 000 personnes — 499 habitants et 555 touristes — ont déjà été mises à l’abri depuis mercredi, mais le danger persiste.

Plus d’une centaine d’ouvriers piégés dans un tunnel

Un autre front mobilise actuellement les secours : une centaine d’ouvriers restent bloqués dans un tunnel du chantier du barrage hydroélectrique Trishuli, situé près de la frontière. L’armée népalaise a confirmé que des opérations d’évacuation étaient en cours, sans préciser si des victimes avaient déjà été recensées parmi les personnes coincées. Selon les services du Premier ministre népalais, 350 personnes ont déjà été extraites des décombres, mais la situation reste critique en raison des risques d’effondrement supplémentaires.

Ce barrage, dont la construction avait déjà suscité des controverses en raison de son impact environnemental, se trouve désormais au cœur d’une crise humanitaire et sécuritaire.

Un phénomène exceptionnel et des pluies annoncées

Les experts s’interrogent sur l’origine de cette coulée de boue d’une violence inouïe. Selon les premières analyses, elle serait liée à des pluies diluviennes ayant fragilisé les sols en amont, combinées à la fonte accélérée des glaces himalayennes. « Le phénomène est assez inédit par son ampleur », a souligné un responsable népalais sous couvert d’anonymat. Les prévisions météorologiques annoncent de nouvelles intempéries dans les prochains jours, ce qui pourrait aggraver la situation.

Côté international, la mobilisation s’organise. Plusieurs pays, dont la France, ont proposé une aide logistique et médicale. Sébastien Lecornu a rappelé que « la proposition a été faite », sans donner de détails sur les modalités concrètes. La communauté internationale suit de près l’évolution de la retenue d’eau tibétaine, un dossier qui pourrait requérir une coordination transfrontalière sans précédent.

Et maintenant ?

Les prochaines 72 heures seront déterminantes. Les autorités chinoises et népalaises devraient annoncer sous peu un plan d’urgence élargi, incluant peut-être l’évacuation totale des zones menacées par la retenue d’eau. Les opérations de sauvetage dans le tunnel du Trishuli pourraient aboutir rapidement, mais les conditions météo pourraient contraindre les équipes à interrompre les recherches. Par ailleurs, la communauté internationale devrait affiner ses offres d’assistance, notamment pour le déblaiement des zones sinistrées et l’accueil des déplacés.

Pour l’heure, l’incertitude plane sur l’évolution du bilan humain et sur la capacité des deux pays à gérer une crise qui dépasse largement leurs moyens habituels. Une chose est sûre : le coût humain et matériel de cette catastrophe pourrait s’alourdir dans les jours à venir.

Les autorités chinoises ont alerté sur un risque de rupture dans les 72 heures, en raison d’un volume d’eau déjà excédentaire (2 millions de m³) et de l’apport supplémentaire de 3 millions de m³ attendu avec les pluies. Une rupture entraînerait une crue dévastatrice en aval, menaçant les zones habitées et les infrastructures.

Le ministre français Sébastien Lecornu a confirmé que la France avait proposé son aide au Népal et à la Chine, mais n’a pas précisé la nature ou l’ampleur des moyens déployés. Une coordination avec les autorités locales est en cours pour définir les modalités d’intervention.