Au moins 19 personnes ont péri mercredi au Népal dans des inondations soudaines, tandis que les autorités chinoises faisaient état de « nombreuses victimes » après une coulée de boue dévastatrice dans un pôle commercial du Tibet, à proximité de la frontière commune. Selon Euronews FR, ces catastrophes surviennent dans un contexte de mousson particulièrement violente, qui frappe régulièrement l’Asie du Sud entre juin et septembre.

Les autorités népalaises ont recensé huit corps pour l’instant, mais les opérations de sauvetage se poursuivent dans le district de Nuwakot, frontalier avec la Chine. Des images diffusées par la police népalaise montrent des torrents d’eau boueuse emportant des habitations et des infrastructures, tandis que des photos de l’AFP révèlent l’étage supérieur d’une maison émergent d’un sol inondé. Les vidéos partagées sur les réseaux sociaux illustrent l’ampleur du phénomène : des camions, des maisons et des habitants ont été emportés par la crue, selon les témoignages recueillis par l’agence.

Ce qu'il faut retenir

  • 19 morts confirmés au Népal, dont huit corps retrouvés à ce stade, selon la police népalaise.
  • Des « nombreuses victimes » signalées au Tibet, près du port de Gyirong, après une coulée de boue dévastatrice.
  • Une avalanche roche-glace aurait bloqué la rivière Lhende au Népal, provoquant des crues en cascade.
  • 430 mégawatts de capacité électrique endommagés au Népal, principalement issus d’installations hydroélectriques et solaires.
  • Les routes du Tibet, notamment autour de Shigatsé, sont exposées à des risques de coulées de boue.
  • Le président chinois Xi Jinping a ordonné des secours « sans réserve » pour les zones touchées.

Une catastrophe en cascade au Népal

Les inondations ont ravagé le district de Nuwakot, une zone montagneuse située à la frontière avec la Chine. « J’ai vu la crue emporter huit ou neuf camions, ainsi que des maisons et des habitants », a témoigné Suman Chalise, un enseignant de 34 ans, auprès de l’AFP. Les images relayées par les autorités montrent des flots déchaînés dévalant les vallées himalayennes, emportant tout sur leur passage. Le porte-parole de la police népalaise, Abi Narayan Kafle, a indiqué que les secours poursuivaient leurs recherches, tout en mettant en garde les riverains : « Nous avons prévenu les personnes vivant près des berges de se reloger en urgence. »

L’armée népalaise a déployé des hélicoptères et des équipes de secours pour évacuer les victimes et évaluer les dégâts. Selon l’Autorité de l’électricité du Népal, 430 mégawatts de capacité de production ont été endommagés, principalement dans des centrales hydroélectriques et solaires. « La catastrophe a touché les installations de production, de transport et de distribution, entraînant des coupures d’électricité dans plusieurs régions », a précisé l’institution.

Une hypothèse sur l’origine du phénomène

Sarthak Shrestha, analyste en télédétection et géoinformation au Centre international pour le développement intégré des montagnes (ICIMOD), basé à Katmandou, avance une explication. Selon lui, une avalanche roche-glace se serait produite au Népal, bloquant la rivière Lhende. Ce phénomène aurait provoqué une série de crues en cascade, aggravant la situation. Une première évaluation ne montrerait « aucune anomalie » du côté chinois de la frontière, selon ses observations.

Plusieurs autoroutes ont été fermées dans les zones sinistrées, compliquant l’accès aux secours. Les images partagées par les médias locaux et internationaux révèlent des routes submergées, des véhicules endommagés et des habitations détruites. Les autorités ont appelé la population à rester vigilante, alors que les pluies de mousson persistent dans la région.

Le Tibet également touché, des secours en urgence

Côté chinois, la télévision publique CCTV a rapporté une « catastrophe de coulée de boue » ayant causé de nombreuses victimes et des disparus au port de Gyirong, situé au Tibet. Des vidéos diffusées par la chaîne montrent des eaux tumultueuses charriant des débris et des branches d’arbres, ainsi qu’une route inondée. Les autorités locales ont alerté sur le risque accru de coulées de boue dans la région de Shigatsé, où la circulation est désormais considérée comme dangereuse.

Le président chinois Xi Jinping a réagi en ordonnant des opérations de secours « menées sans réserve ». Sans communiquer de bilan précis, il a insisté sur la nécessité de « rechercher et secourir les personnes disparues, soigner les blessés et réduire au minimum le nombre de victimes ». Cette catastrophe rappelle un drame similaire survenu en juillet 2025, où 17 personnes avaient disparu après une coulée de boue près du port de Gyirong.

Un phénomène climatique récurrent en Asie du Sud

Les pluies de mousson, qui s’étendent de juin à septembre, sont à l’origine de catastrophes naturelles récurrentes en Asie du Sud. Chaque année, des inondations et des glissements de terrain font des centaines de victimes, notamment au Népal, en Inde et au Bangladesh. Les régions montagneuses, comme celles traversées par la rivière Trishuli au Népal, sont particulièrement exposées en raison de leur topographie et de la fragilité des sols.

Les experts soulignent que le changement climatique pourrait aggraver la fréquence et l’intensité de ces événements. Les avalanches roche-glace, comme celle suspectée d’avoir provoqué les crues actuelles, sont un phénomène connu dans l’Himalaya, mais leur occurrence pourrait s’accélérer avec la hausse des températures.

Et maintenant ?

Les opérations de secours devraient se poursuivre dans les prochains jours, avec un accent sur la recherche des disparus et la réparation des infrastructures endommagées. Au Népal, les autorités pourraient annoncer de nouveaux bilans humains et matériels dans les 48 heures. Côté tibétain, la priorité reste l’évacuation des zones à risque et la sécurisation des routes, alors que les pluies de mousson devraient persister jusqu’à la mi-septembre.

La catastrophe interroge également sur la préparation des pays d’Asie du Sud face aux aléas climatiques. Les systèmes d’alerte précoce et les infrastructures de protection, comme les digues ou les systèmes de drainage, pourraient être renforcés dans les zones les plus exposées. Reste à voir si ces événements inciteront les gouvernements à accélérer leurs politiques d’adaptation au changement climatique.