Plusieurs pays, dont l’Inde, la Chine, les États-Unis et la Corée du Sud, ont proposé l’envoi d’équipes de recherche et de secours au Népal après les inondations dévastatrices qui ont frappé le pays et la région autonome du Tibet chinois. Pourtant, le ministère népalais des Affaires étrangères a affirmé, ce 28 août 2026, qu’il n’avait « pas besoin d’assistance » pour mener à bien les opérations de recherche et de sauvetage, selon RFI.

Ce qu'il faut retenir

  • Des centaines de touristes étrangers sont portés disparus après les inondations qui ont touché le Népal et le Tibet fin août 2026.
  • L’Inde, la Chine, les États-Unis et la Corée du Sud ont proposé leur aide via des équipes de recherche et de secours.
  • Le ministère népalais des Affaires étrangères a déclaré, le 28 août 2026, qu’il maîtrisait la situation et n’avait « pas besoin d’aide ».

Les inondations, déclenchées par des pluies diluviennes et la fonte accélérée des glaciers himalayens, ont provoqué des coulées de boue et des crues subites dans plusieurs vallées, notamment autour de la capitale Katmandou et dans les zones frontalières avec le Tibet. Selon les dernières estimations communiquées par les autorités locales, plus de 200 personnes ont été recensées comme disparues, dont une majorité de touristes étrangers bloqués dans des lodges ou des zones de trekking isolées. Côté tibétain, les autorités chinoises font état de 47 morts et de 120 disparus, principalement dans les préfectures de Nyingchi et de Shannan.

Face à l’ampleur de la catastrophe, plusieurs pays ont rapidement réagi en proposant leur soutien logistique et humain. L’Inde, dont les équipes de secours sont déjà déployées dans les zones sinistrées du Népal depuis plusieurs années en raison de leur expertise en gestion des catastrophes en montagne, a offert des hélicoptères et du matériel de déblaiement. De son côté, la Chine a proposé l’envoi de spécialistes en gestion des crues et en sauvetage en haute altitude, tandis que les États-Unis et la Corée du Sud ont mis à disposition des drones et des équipes médicales mobiles.

« Nous avons les capacités nécessaires pour gérer cette crise sans assistance extérieure. Nos équipes de secours sont déjà sur le terrain et coordonnent les opérations », a déclaré un porte-parole du ministère népalais des Affaires étrangères, cité par RFI.

Pourtant, cette position officielle contraste avec les appels à l’aide lancés par les ambassades étrangères présentes à Katmandou. Plusieurs représentations diplomatiques, dont celles de l’Union européenne et des États-Unis, ont demandé à leurs ressortissants de signaler leur situation via des plateformes dédiées, tout en encourageant les autorités locales à accepter l’assistance proposée. « La priorité absolue reste de localiser les disparus, a souligné un diplomate européen sous couvert d’anonymat. Chaque heure compte ».

Et maintenant ?

Les prochaines 48 heures seront déterminantes pour évaluer l’efficacité des opérations de recherche menées par les autorités népalaises. Si les conditions météo le permettent, les secours devraient intensifier les reconnaissances aériennes dans les zones les plus touchées, notamment dans les vallées de la Kali Gandaki et de la Bhote Koshi. Côté tibétain, les autorités chinoises ont annoncé la mobilisation de 5 000 soldats pour participer aux opérations de déblaiement et de sauvetage, avec un point d’étape prévu pour le 5 septembre 2026.

La question de l’acceptation de l’aide internationale reste en suspens. Si le Népal maintient sa position actuelle, les organisations humanitaires comme la Fédération internationale de la Croix-Rouge pourraient jouer un rôle de médiation pour faciliter l’accès aux zones les plus reculées. Autant dire que la coordination entre les différents acteurs sera cruciale dans les jours à venir.

Enfin, les experts s’interrogent déjà sur les causes profondes de ces inondations. Certains pointent du doigt le réchauffement climatique, qui accélère la fonte des glaciers himalayens, tandis que d’autres évoquent des carences dans la gestion des risques naturels au Népal, où les systèmes d’alerte restent souvent rudimentaires.

Selon le ministère népalais des Affaires étrangères, les autorités locales estiment disposer des ressources nécessaires pour gérer la crise. Cette position reflète une tradition d’autonomie dans la gestion des catastrophes, mais elle est aussi critiquée par plusieurs pays et organisations humanitaires qui craignent un manque de moyens techniques et logistiques face à l’ampleur des dégâts.