Trois jours après une crue dévastatrice survenue dans l'Himalaya, les secours népalais et chinois redoublent d'efforts ce samedi 29 août 2026 pour retrouver près de 2 500 disparus et évacuer les rescapés bloqués à la frontière entre les deux pays. Selon BMF - International, le bilan provisoire s'élève à 623 morts — 616 au Népal, sept en Chine — auxquels s'ajoutent sept corps retrouvés en Inde, en aval de la zone sinistrée, sans que leur origine n'ait encore été confirmée.
Ce qu'il faut retenir
- 623 morts recensés, dont 616 au Népal et 7 en Chine ; 7 corps supplémentaires retrouvés en Inde
- 2 500 disparus, dont 1 924 Népalais (dont 517 étrangers) et 554 Chinois (dont 260 étrangers)
- 93 000 personnes affectées par la catastrophe, selon la Croix-Rouge
- L'effondrement d'un glacier, survenu mercredi 26 août, a déclenché une coulée de boue et de glace ravageant la région
- Un lac artificiel menace de céder, risquant d'aggraver la situation pour les secouristes
Une région dévastée et des paysages méconnaissables
« Toutes les habitations près de la rivière ont été emportées. Il ne reste plus rien », témoigne Buddhi Ram Dangol, un rescapé rencontré par l'AFP. Le village de Melamchi, prisé des alpinistes et des pèlerins, a été rayé de la carte en quelques heures. Les secouristes, qui progressent avec difficulté dans un environnement jonché de débris, tentent désormais de localiser les disparus, dont 933 employés d'une centrale hydroélectrique portés manquants.
À Katmandou, des centaines de familles affluent vers les hôpitaux et les centres de secours, brandissant des affiches avec les photos et noms de leurs proches. « On ne sait rien. On espère qu'il se trouve dans un endroit sûr », confie Samjhana Thing, dont le frère figure parmi les disparus. Les communications sont toujours coupées dans de nombreuses zones, compliquant encore davantage les recherches.
Un désastre d'origine glaciaire aux conséquences multiples
L'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS) a confirmé que la crue catastrophique avait été provoquée par l'effondrement d'un glacier, déclenchant une vaste coulée de débris glacés et de boue. Ce phénomène, qualifié de « GLOF » (Glacial Lake Outburst Flood), s'est produit mercredi 26 août, libérant d'énormes volumes d'eau et de glace. Les experts craignent désormais que la formation de lacs artificiels dans les vallées en amont ne provoque de nouvelles inondations.
Jeudi 28 août, les opérations avaient été temporairement suspendues des deux côtés de la frontière en raison d'alertes pour risques de coulées. Un lac situé près de la zone sinistrée menace de céder, mettant en péril à la fois les rescapés et les équipes de secours. Les livraisons d'eau potable et de nourriture restent par ailleurs très limitées, aggravant la crise humanitaire.
Une communauté internationale en soutien
La France, dont quatre ressortissants sont portés disparus, a indiqué suivre « avec la plus grande attention » l'évolution de la situation. La ministre déléguée auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères a confirmé être « toujours sans nouvelle » de ces citoyens. Jusqu'à 93 000 personnes pourraient avoir été affectées par la catastrophe, selon les estimations de la Croix-Rouge, qui mobilise des ressources d'urgence pour les populations les plus vulnérables.
Sur place, les secours internationaux, parmi lesquels des équipes de montagne et des experts en catastrophes naturelles, apportent un appui logistique et technique. Cependant, les conditions météo, marquées par des pluies persistantes, et l'instabilité des terrains rendent chaque intervention périlleuse. Les chances de retrouver des survivants s'amenuisent à mesure que les jours passent.
Cette catastrophe rappelle l'urgence d'investir dans des systèmes d'alerte précoce pour les régions himalayennes, régulièrement exposées aux GLOF. Les scientifiques soulignent que le réchauffement climatique accélère la fonte des glaciers, augmentant le risque de telles catastrophes à l'avenir. Une réunion d'urgence du Centre asiatique de réduction des risques de catastrophes est prévue début septembre pour coordonner les réponses régionales.
Selon l'USGS, l'effondrement du glacier aurait été provoqué par une combinaison de facteurs : la fonte accélérée due aux températures élevées, l'accumulation d'eau sous le glacier et, possiblement, un séisme local. Les experts évoquent un phénomène de type GLOF, où un lac glaciaire a rompu ses digues naturelles sous la pression.
Les autorités n'ont pas fixé de délai précis, mais les secours estiment que les chances de retrouver des survivants deviennent très faibles après 72 à 96 heures. Les opérations pourraient se poursuivre plusieurs semaines pour les disparus, avec des moyens techniques accrus si nécessaire.