Plus de deux semaines après le déferlement de la crue dévastatrice qui a frappé le Népal, les autorités locales et les organisations humanitaires dressent un bilan humain toujours plus lourd. Selon BMF - International, le dernier décompte officiel fait état de au moins 633 morts et de près de 3 000 disparus, tandis que les opérations de secours s’intensifient pour tenter de limiter l’impact d’une crise humanitaire sans précédent.

Ce qu'il faut retenir

  • Un bilan provisoire de 633 morts et 3 000 disparus, selon les dernières estimations des autorités népalaises rapportées par BMF - International.
  • Les opérations de recherche s’organisent dans un contexte de mousson, où les risques de nouveaux glissements de terrain persistent.
  • À Bidur, une ville transformée en plateforme logistique pour les secours, les hélicoptères décollent en continu pour tenter de localiser d’éventuels survivants sous les décombres.
  • Les témoignages des rescapés et des proches des disparus soulignent un manque criant d’informations avant la catastrophe.
  • Quatre Français figurent parmi les disparus, alimentant l’inquiétude des familles et des autorités diplomatiques.

Une tragédie aux proportions inédites

La vague meurtrière qui a balayé le Népal a laissé derrière elle un paysage de désolation. Selon BMF - International, les opérations de secours, menées par les forces armées locales et des équipes internationales comme les Pompiers de l’Urgence Internationale, se heurtent à des conditions extrêmes. « Il n’y a plus d’espaces de survie, plus de zones où l’on peut espérer trouver sous la boue des personnes vivantes », a déploré Rémy Desbois, membre de cette unité, lors d’une intervention rapportée par nos confrères.

Les régions les plus touchées, comme Bidur, servent désormais de base arrière aux secours. La ville, normalement calme, s’est transformée en un hub logistique où les hélicoptères décollent et atterrissent en continu, transportant matériel et équipes médicales. Malgré ces efforts, les chances de retrouver des survivants s’amenuisent chaque heure qui passe.

Le poids d’un manque d’anticipation

Parmi les questions qui émergent, celle des informations disponibles avant la catastrophe reste centrale. Plusieurs habitants et rescapés ont souligné, auprès de BMF - International, que de nombreuses victimes avaient été prises au piège car elles ignoraient les risques encourus. « Beaucoup de victimes sont parties dans cette rivière à cause du manque d’informations », a témoigné un Népalais cité par nos confrères. Une situation qui interroge sur la préparation des populations locales face aux aléas climatiques, d’autant que le pays traverse une période de mousson particulièrement intense.

Les autorités népalaises, en collaboration avec des experts internationaux, tentent d’évaluer les causes précises de cette crue. Plusieurs hypothèses sont avancées, notamment le débordement de lacs glaciaires dans les régions himalayennes, un phénomène de plus en plus fréquent avec le réchauffement climatique. Selon BMF - International, ces lacs, dont certains menacent de se déverser à tout moment, constituent une menace permanente pour les vallées en aval.

Les Français disparus, une préoccupation diplomatique

L’inquiétude grandit également pour les familles des quatre Français portés disparus après la catastrophe. Patrick Debois, un proche de l’une des disparues, Kateryna Duzenko, franco-ukrainienne, a exprimé son désarroi : « Elle a fui les bombes russes pour aller mourir au Népal », a-t-il déclaré, évoquant un destin tragique pour une personne ayant déjà connu les horreurs de la guerre en Ukraine. Les autorités françaises, en coordination avec les services consulaires, suivent de près l’évolution de la situation et multiplient les démarches pour obtenir des réponses.

Les moyens déployés par les secouristes, qu’il s’agisse de drones, d’hélicoptères ou de chiens renifleurs, sont mis à rude épreuve. BMF - International souligne que chaque minute compte, mais que les conditions météorologiques compliquent considérablement les recherches. Les équipes doivent composer avec des pluies persistantes et des sols instables, augmentant les risques d’effondrements ou de nouvelles crues.

Et maintenant ?

Les prochaines 48 heures seront déterminantes pour évaluer l’ampleur réelle des dégâts et identifier d’éventuels survivants. Les autorités népalaises, soutenues par la communauté internationale, devraient publier un nouveau bilan détaillé d’ici le 5 septembre 2026, une date qui marquera également le début d’une phase de reconstruction si les opérations de secours aboutissent à un bilan définitif. Par ailleurs, les discussions sur la prévention des risques liés aux lacs glaciaires devraient s’intensifier, avec l’appui d’experts en gestion des catastrophes naturelles.

Pour l’heure, les rescapés, dispersés dans des camps de fortune, font face à des besoins humanitaires urgents : accès à l’eau potable, soins médicaux et abris temporaires. Les organisations non gouvernementales, comme la Croix-Rouge, appellent à des dons et à une mobilisation internationale pour éviter une crise sanitaire supplémentaire. Autant dire que le chemin vers la stabilisation sera long et semé d’embûches.

Les autorités népalaises et les experts s’inquiètent avant tout des risques de nouveaux glissements de terrain et de crues soudaines, liés aux pluies persistantes de la mousson. Le débordement de lacs glaciaires, comme ceux situés dans la région du Tibet voisin, reste également une menace majeure pour les vallées en aval.