Une vague dévastatrice de boue et d’eau a balayé plusieurs villages népalais mercredi 26 août, causant la mort d’une centaine de personnes et laissant des centaines de touristes portés disparus, selon nos confrères du Figaro. Les images captées par les caméras de surveillance du pont de Resuo, au port de Gyrong, montrent l’instant précis où la coulée a tout emporté sur son passage.
Les autorités locales tentent désormais de localiser les touristes manquants, principalement des pèlerins hindous se rendant vers le Kailash Mansarovar ou des randonneurs empruntant le célèbre trek du Langtang. Le bilan provisoire, encore susceptible d’évoluer, fait état d’une centaine de victimes, tandis que les opérations de secours s’organisent dans l’urgence.
Ce qu'il faut retenir
- Une coulée de boue dévastatrice a frappé le Népal mercredi 26 août, faisant près de 100 morts et des centaines de disparus.
- Les zones touchées incluent Syabrubesi, point de départ du trek du Langtang, et des régions accueillant des pèlerins hindous en route pour le Kailash Mansarovar.
- Les images de la catastrophe, filmées par des caméras de surveillance, montrent l’instant où la vague a tout emporté.
Une catastrophe filmée en direct
Les vidéos, diffusées par plusieurs médias locaux, révèlent une scène apocalyptique : en quelques secondes, une épaisse couche de boue a englouti des maisons, des véhicules et des infrastructures. Le point de départ de la coulée semble se situer près de Syabrubesi, une localité réputée pour être le point de départ du trek du Langtang, l’un des plus célèbres de la région. D’autres zones touristiques et religieuses, comme celles situées sur la route du pèlerinage vers le Kailash Mansarovar, ont également été touchées.
Les caméras installées sur le pont de Resuo, au port de Gyrong, ont enregistré le moment précis où la coulée a déferlé. Les images, partagées par les autorités népalaises, montrent des torrents de boue charriant des débris, des camions et des bâtiments entiers. Autant dire que le paysage a été radicalement transformé en l’espace de quelques instants.
Des témoignages glaçants
Suman Chalise, un enseignant de 34 ans présent sur place, a livré un récit poignant à nos confrères du Figaro. « J’ai vu les eaux emporter huit ou neuf camions, ainsi que des maisons et des gens », a-t-il déclaré. « C’était absolument déchirant. J’ai assisté à une dévastation d’une telle ampleur, je n’avais jamais rien vu de pareil. » Son témoignage illustre l’ampleur des dégâts et la violence de la coulée, qui a surpris les habitants et les touristes.
Les opérations de secours ont immédiatement été lancées. L’armée népalaise a déployé des hélicoptères et des hommes sur le terrain pour évaluer les dégâts et porter assistance aux rescapés. « Le travail d’évaluation des dégâts est en cours », a indiqué l’institution dans un communiqué, sans préciser le nombre exact de victimes ou de disparus à ce stade.
Le gouvernement en état d’urgence
Face à l’ampleur de la catastrophe, le Premier ministre népalais Balendra Shah a convoqué une réunion d’urgence de l’Autorité nationale chargée de la gestion des situations critiques. « Le travail a débuté pour prendre les mesures nécessaires en coordination avec les équipes médicales, de recherche et la Croix-Rouge », a-t-il expliqué sur X, la plateforme anciennement connue sous le nom de Twitter.
Les autorités ont également sollicité l’aide des entreprises locales et des agences de voyage pour retrouver la trace des touristes disparus. Le pèlerinage vers le Kailash Mansarovar, un voyage spirituel majeur pour les hindous, attire chaque année des milliers de fidèles, dont certains pourraient se trouver parmi les disparus. Les treks du Langtang, très prisés des randonneurs internationaux, figurent également parmi les zones à risque.
Un bilan provisoire et des recherches en cours
Le bilan humain reste provisoire et devrait s’alourdir dans les prochains jours. Les autorités n’ont pas encore communiqué de chiffre officiel concernant le nombre de disparus, mais les estimations évoquent plusieurs centaines de personnes encore portées manquantes. Les opérations de recherche, menées sous la supervision des forces armées et des services de secours, se concentrent sur les zones les plus touchées.
Les conditions météo, marquées par des pluies torrentielles ces dernières semaines, ont probablement joué un rôle dans le déclenchement de cette coulée de boue. Les glissements de terrain et les inondations sont fréquents dans cette région himalayenne, surtout pendant la saison des moussons, qui s’étend de juin à septembre. La région de Gyrong, située à proximité de la frontière tibétaine, est particulièrement vulnérable en raison de sa topographie accidentée et de la présence de cours d’eau puissants.
Cette tragédie rappelle une fois de plus les risques encourus par les populations et les touristes dans les régions montagneuses d’Asie du Sud, où les phénomènes météorologiques extrêmes et les glissements de terrain sont de plus en plus fréquents. Les autorités népalaises devraient prochainement examiner les mesures de prévention et de protection des zones à risque, afin d’éviter qu’un tel drame ne se reproduise.
Le Népal, situé dans une zone montagneuse soumise à une forte activité sismique et à des pluies de mousson intenses, est particulièrement vulnérable aux glissements de terrain. Les sols, souvent instables, se gorgent d’eau pendant la saison des pluies, ce qui augmente le risque de coulées de boue dévastatrices. La région de Gyrong, proche de l’Himalaya, cumule ces facteurs de risque, en plus de sa topographie accidentée.