Une avalanche de glace et de roches a obstrué un affluent de la rivière Trishuli, dans le district de Rasuwa, au Népal, le 26 août 2026. Selon Euronews FR, le barrage naturel ainsi formé a cédé vers 8 h 40, provoquant une vague déferlante d’eau et de débris qui a submergé la vallée environnante. Les images tournées par la Croix-Rouge népalaise montrent l’ampleur de la catastrophe, avec des crues torrentielles balayant tout sur leur passage.

Ce qu'il faut retenir

  • 157 morts confirmés et des centaines de disparus après l’effondrement d’un barrage naturel dans le district de Rasuwa.
  • Les zones les plus touchées : Rasuwagadhi, Timure et Syabrubesi, où routes, ponts et installations hydroélectriques ont été détruits.
  • 19 ponts routiers et 40 km de routes endommagés, perturbant l’axe commercial entre Katmandou et Kerung.
  • Les opérations de secours compliquées par les mauvaises conditions météo et l’instabilité des pentes.
  • Le gouvernement a déclaré trois districts en zone de crise et déployé l’armée, la police et des hélicoptères.

Un barrage naturel qui cède sous la pression

Tout a commencé lorsqu’une avalanche de glace et de roches s’est détachée d’un glacier près de la frontière avec le Tibet. Ce phénomène a obstrué un affluent de la Trishuli, créant un barrage naturel qui, sous la pression de l’eau accumulée, a finalement cédé. Selon les autorités locales, l’effondrement s’est produit vers 8 h 40, libérant une vague déchaînée dans la vallée. Les villages de Rasuwagadhi, Timure et Syabrubesi, situés en aval, ont été les premiers touchés.

Les dégâts matériels sont considérables : des routes, des ponts et des installations hydroélectriques ont été emportés ou gravement endommagés. La Croix-Rouge népalaise a diffusé des images montrant des véhicules ensevelis sous la boue et des habitations partiellement détruites. Côté infrastructures, 19 ponts routiers et environ 40 kilomètres de routes ont été détruits ou rendus impraticables, coupant notamment l’axe commercial stratégique reliant Katmandou à Kerung, ville frontalière avec la Chine.

Un bilan humain lourd et des recherches toujours en cours

Le bilan provisoire s’alourdit chaque jour. Selon les dernières estimations, au moins 157 personnes ont perdu la vie, tandis que des centaines d’autres sont portées disparues. Parmi les disparus figurent des membres des forces de sécurité, des employés du secteur hydroélectrique et des touristes étrangers. Dans le district voisin de Nuwakot, les équipes de secours, accompagnées d’un chien renifleur, fouillent méthodiquement les zones recouvertes de boue à la recherche de survivants.

À Katmandou, les proches des disparus se sont rassemblés au Bir Hospital, brandissant des photographies de leurs êtres chers dans l’espoir d’une bonne nouvelle. Les autorités ont installé des points de rassemblement pour centraliser les informations et apporter un soutien psychologique aux familles. Le gouvernement népalais a déclaré trois districts – Rasuwa, Nuwakot et Dhading – en zone de crise, activant ainsi un plan d’urgence national.

Des opérations de secours entravées par le temps et le terrain

Les conditions météo, marquées par des pluies continues et une instabilité persistante des pentes, compliquent sérieusement les opérations de secours. Les hélicoptères mobilisés pour les évacuations et les livraisons de matériel peinent à décoller ou à atterrir en raison des vents violents et des nuages bas. Les secouristes doivent également faire face à des glissements de terrain et à des routes impraticables, limitant leur accès aux zones les plus touchées.

« Les opérations sont ralenties par la topographie accidentée et les risques d’effondrements supplémentaires », a expliqué un porte-parole de l’armée népalaise. Pour pallier ces difficultés, le gouvernement a demandé l’assistance de la communauté internationale, notamment pour le déploiement d’équipes spécialisées en sauvetage en milieu montagneux et en gestion de catastrophes naturelles.

Et maintenant ?

Les prochains jours seront décisifs pour localiser les disparus et stabiliser les zones à risque. Les autorités devraient annoncer d’ici la fin de la semaine un plan de reconstruction prioritaire, avec un accent particulier sur la sécurisation des infrastructures restantes. Une mission d’évaluation conjointe, réunissant des représentants du gouvernement et des experts internationaux, se rendra sur place pour déterminer les besoins immédiats et les mesures à long terme. Par ailleurs, des discussions sont en cours avec la Chine pour faciliter l’acheminement d’aide humanitaire via la frontière de Kerung, bien que les conditions d’accès restent précaires.

Un rappel des risques liés aux glaciers himalayens

Cet événement rappelle la vulnérabilité des régions himalayennes face au réchauffement climatique. Les avalanches et les effondrements de glaciers, autrefois rares, deviennent plus fréquents avec la hausse des températures. Selon les climatologues, le Népal compte plus de 2 300 glaciers, dont certains fondent à un rythme alarmant, augmentant les risques de barrages naturels et de crues soudaines. Les experts appellent à renforcer les systèmes d’alerte précoce et à adapter les infrastructures aux nouvelles réalités climatiques.

« Les catastrophes comme celle-ci pourraient se multiplier à l’avenir », a averti un chercheur de l’Institut népalais de recherche sur l’eau. « Il est urgent d’investir dans des solutions durables pour protéger les populations vivant en aval des zones glaciaires. »

La vallée de Rasuwa est située dans une zone montagneuse de l’Himalaya, où les glaciers fondent rapidement en raison du réchauffement climatique. Les avalanches de glace et de roches y sont fréquentes, pouvant obstruer les cours d’eau et créer des barrages naturels. Lorsque ces barrages cèdent, ils libèrent des quantités d’eau colossales, balayant tout sur leur passage. La topographie en forme de cuvette de la vallée de la Trishuli aggrave également le risque, car l’eau s’y accumule avant de déferler en aval.

Les équipes de secours continuent de fouiller les zones touchées à la recherche de survivants ou de victimes. Parallèlement, le gouvernement népalais et ses partenaires internationaux évaluent les dégâts pour prioriser les réparations. Des hélicoptères sont mobilisés pour ravitailler les villages isolés et évacuer les blessés. Une mission conjointe avec la Chine est également envisagée pour faciliter l’acheminement d’aide via la frontière de Kerung. Enfin, un plan de reconstruction devrait être annoncé d’ici la fin de la semaine.

Le drame de Rasuwa rappelle une fois de plus la nécessité d’adapter les stratégies de prévention aux risques climatiques, dans une région où les glaciers et les populations locales vivent en équilibre précaire.