Alors que le Népal tente de panser les plaies des inondations catastrophiques qui ont frappé le pays fin août 2026, une nouvelle alerte vient d’être lancée par les autorités régionales. À Devighat, dans le district de Nuwakot, les habitants sont prévenus d’un risque imminent de crue supplémentaire de la rivière Trishuli, selon BMF - International. Cette région, déjà gravement touchée par les intempéries des derniers jours, voit son lit de rivière s’élargir dangereusement, suscitant l’inquiétude des populations locales.
Ce qu'il faut retenir
- Les autorités népalaises de la région de Bidur ont émis une alerte pour une nouvelle crue possible de la rivière Trishuli à Devighat.
- Le lit de la rivière s’est élargi, un signe précurseur souvent associé à des risques accrus d’inondations.
- Les crues des dernières semaines ont déjà fait 682 morts et 3 000 disparus, dont 4 Français, selon le bilan provisoire arrêté au 29 août 2026.
- Les opérations de secours sont menacées par de nouveaux glissements de terrain dans plusieurs zones.
- Les canalisations d’eau ont été endommagées par les coulées de boue, privant des milliers d’habitants d’accès à l’eau potable.
Une situation déjà critique aggravée par les intempéries
Les inondations qui frappent le Népal depuis fin août ont déjà causé des dégâts humains et matériels considérables. Selon le dernier bilan officiel, 682 personnes ont péri et 3 000 sont portées disparues, dont quatre Français, précise BMF - International. Les districts de Nuwakot, Rasuwa et Sindhupalchok sont parmi les plus affectés, avec des villages entièrement submergés et des infrastructures détruites.
Les autorités locales, soutenues par l’armée népalaise, tentent de dégager les routes et de fournir une aide d’urgence aux populations. Matthieu Ricard, moine bouddhiste présent sur place, a indiqué à BMF - International : « L’armée a dégagé quelques routes, on a envoyé plusieurs véhicules ». Cependant, les conditions restent extrêmement difficiles, avec des glissements de terrain récurrents qui compliquent les opérations de sauvetage.
Devighat sous haute tension : un risque de crue supplémentaire
Dans la région de Bidur, à proximité de Devighat, le lit de la rivière Trishuli s’est élargi de manière préoccupante. Ce phénomène, souvent annonciateur de crues soudaines, a poussé les autorités à alerter la population. « Une nouvelle crue est possible », ont souligné les responsables locaux, sans pour autant pouvoir préciser l’ampleur ou le timing de cet événement.
Les habitants, déjà traumatisés par les inondations précédentes, sont en état d’alerte maximale. Les autorités régionales ont appelé à l’évacuation préventive des zones les plus exposées, tout en mobilisant les équipes de secours pour renforcer les digues et surveiller en temps réel le niveau des eaux. Le risque d’une nouvelle catastrophe plane donc sur une région déjà exsangue.
Des conséquences en cascade : eau potable et opérations de secours menacées
Les coulées de boue et les inondations ont provoqué la rupture de plusieurs canalisations d’eau potable. Selon BMF - International, des camions-citernes ravitaillent désormais les habitants pour pallier l’absence d’accès à l’eau courante. Dans certains villages isolés, la situation sanitaire devient critique, avec un risque accru de maladies liées à l’eau contaminée.
Par ailleurs, les opérations de secours pourraient être encore ralenties par de nouveaux glissements de terrain. Les autorités redoutent que ces phénomènes ne bloquent définitivement les axes routiers, isolant davantage les populations sinistrées. La course contre la montre se poursuit donc, dans un contexte où chaque heure compte pour sauver des vies.
Un bilan humain et matériel sans précédent
Au-delà des pertes humaines, les dégâts matériels sont colossaux. Des milliers de maisons ont été détruites, des cultures ravagées et des routes coupées, isolant des communautés entières. Les rescapés, pour beaucoup, ont tout perdu : leurs biens, leurs moyens de subsistance, et parfois des membres de leur famille. Les équipes humanitaires sur place rapportent des témoignages poignants, comme celui d’un rescapé ayant déclaré à BFMTV : « Je n’arrive plus à manger ni à dormir ».
Les besoins en aide d’urgence – nourriture, abris, soins médicaux – restent immenses, alors que le pays doit aussi faire face à la menace persistante des intempéries. Les organisations internationales, dont l’ONU et la Croix-Rouge, ont commencé à déployer des équipes et des ressources, mais l’ampleur de la crise dépasse les capacités locales.
La situation reste donc extrêmement volatile. Les habitants de Devighat et des régions voisines doivent se préparer à une possible évacuation, tandis que les autorités appellent à la prudence et au respect strict des consignes de sécurité. Le Népal, déjà fragilisé par une crise climatique croissante, fait face à l’un des défis humanitaires les plus importants de son histoire récente.
L’élargissement du lit de la rivière est généralement causé par une augmentation du débit d’eau, souvent liée à des pluies intenses ou à la fonte accélérée des glaciers en amont. Dans le cas de Devighat, ce phénomène est probablement amplifié par les récentes inondations et les glissements de terrain qui ont modifié la topographie de la zone.