À seulement 22 ans, le rappeur NeS, originaire du Val-de-Marne, se produit ce samedi 6 juin 2026 sur la scène La Canopée du festival We Love Green, à Paris. Une consécration pour cet artiste, dont l’ascension fulgurante marque la scène rap française depuis cinq ans. Selon Franceinfo - Culture, NeS incarne cette génération de rappeurs émergés pendant la pandémie de Covid-19, tout en se distinguant par la maturité de ses textes et une sincérité rare.

Ce qu'il faut retenir

  • NeS, de son vrai nom Eliott Van den Steene, est un rappeur parisien âgé de 22 ans, issu du Val-de-Marne.
  • Il se produit ce 6 juin 2026 sur la scène La Canopée du festival We Love Green à Paris.
  • Son dernier album, « Des pieds et des mains », sorti en mars 2026, marque une évolution vers une musique plus intime et émotionnelle.
  • Il fait partie de la New Wave, un mouvement du rap français caractérisé par une rupture des codes et une liberté artistique.
  • Ses textes, souvent introspectifs, reflètent une volonté de s’affranchir des étiquettes, comme il l’explique : « Je m’en fiche d’être le rappeur des rappeurs ».
  • Il a commencé à rapper à 14 ans, inspiré par des artistes américains comme Lil Pump ou XXXTentacion, avant de développer son propre style.

Une trajectoire atypique, des caves de SoundCloud aux festivals

NeS n’a pas suivi un parcours classique dans le rap français. En 2021, alors qu’il poste ses premiers morceaux sur SoundCloud depuis la cave de sa maison familiale, il fait partie d’une vague d’artistes qui émergent en ligne. Parmi eux, Luther, Yvnnis, Khali ou La Fève, tous réunis sous la bannière de la New Wave. Selon Franceinfo - Culture, ce mouvement rompt avec les codes traditionnels du rap pour proposer des sonorités innovantes et une liberté artistique marquée. NeS, pourtant, se démarque rapidement par la profondeur de ses textes et la cohérence de son univers.

Dès son premier projet, N.E.S vol. 1, il déclare dans le morceau Compresse : « Je ne percerais sûrement jamais ». Cinq ans plus tard, il est l’un des rappeurs les plus en vue de sa génération, capable de remplir les salles et de se produire sur les plus grandes scènes. Son dernier album, « Des pieds et des mains », sorti en mars 2026, confirme cette ascension. Ce samedi, il se produit devant un public toujours plus nombreux au festival We Love Green, un événement qui rassemble chaque année des milliers de festivaliers dans le bois de Vincennes.

Une enfance bercée par la musique, des influences éclectiques

Eliott Van den Steene, de son vrai nom, a grandi dans un environnement où la musique occupait une place centrale. Son père écoutait des lyricistes comme Charles Trenet, Georges Brassens ou Boby Lapointe, et les Daft Punk figuraient aussi parmi ses influences. « Il y avait toujours de la musique à la maison », confie-t-il à Franceinfo - Culture. Cette diversité musicale a façonné son goût pour l’écriture et la composition. Dès le collège, il commence à écrire des textes et à rapper, d’abord en anglais, inspiré par des artistes américains comme Lil Pump ou XXXTentacion, qu’il mentionne dans une interview accordée au média Grunt en 2017.

À cette époque, âgé de seulement 14 ans, il enregistre ses premiers morceaux devant l’écran noir de son ordinateur. « J’ai beaucoup écrit dans mon coin. Tous les jours, je rappais pour m’entraîner », explique-t-il. Une décennie plus tard, NeS affiche une maîtrise technique remarquable, avec un vocabulaire riche et une diction précise. Une évolution qui illustre son travail acharné et sa quête constante d’authenticité.

Une évolution musicale et textuelle : du rap technique à la « musique du cœur »

Avec « Des pieds et des mains », NeS marque un tournant dans sa carrière. L’album, composé de quatorze titres, révèle un artiste en quête d’émancipation, tant sur le plan musical que thématique. Il exprime clairement son envie de se détacher de l’étiquette de « rappeur technique » : « Je m’en fiche d’être le rappeur des rappeurs », déclare-t-il. Cette volonté de s’affranchir des carcans se traduit par des collaborations inattendues, comme celle avec Muddy Monk, artiste de synth-pop, sur le titre DMX.

Derrière cette évolution se trouve Lil Chick, son beatmaker et meilleur ami depuis les débuts. Ensemble, ils cherchent à mélanger les sonorités des années 1980, inspirées par la French Touch, avec des instrumentales modernes. « On voulait retrouver les drum machines des années 1980 mais à notre sauce », précise Lil Chick. Cette approche a permis à NeS de s’aventurer vers des registres plus pop, tout en conservant l’essence de son univers rap. Un équilibre que l’artiste qualifie lui-même de « musique du cœur », une expression née d’une conversation improvisée avec Lil Chick autour d’un café.

« Je collabore avec des personnes qui me font voir d’autres univers. »
— NeS

Des textes introspectifs et thérapeutiques

L’album « Des pieds et des mains » marque aussi un virage vers plus d’introspection. NeS y exprime une « urgence d’extérioriser » ses sentiments, comme il le confie à Franceinfo - Culture. Les textes deviennent plus personnels, moins centrés sur l’ego trip, et révèlent une sensibilité nouvelle. « Quand je suis devant un micro, j’ai ce besoin de vider mon sac », explique-t-il. Un besoin qui trouve un écho particulier dans le morceau Mèrefils, où il évoque son enfance auprès de sa mère, contrainte d’élever seule son frère et lui en l’absence de leur père.

Cette sincérité brute, encouragée par Lil Chick, donne à l’album une dimension presque thérapeutique. « Il fallait qu’il y aille à fond sur les émotions », souligne le producteur. Pour NeS, l’écriture est devenue un exutoire : « À la réécoute, je me dis ‘wow ! J’ai dit un truc aussi intime ?’ ». Une authenticité qui séduit un public de plus en plus large, y compris en dehors des cercles rap traditionnels.

Une équipe et une vision commune

Derrière chaque succès de NeS se trouve une équipe soudée. Lil Chick, son beatmaker depuis le début, joue un rôle clé dans cette évolution. « Mon meilleur son ? Il est dans mon ordi ou alors je ne l’ai pas encore écrit », déclare NeS avec une modestie qui contraste avec l’ambition de sa carrière. Pour Lil Chick, qui s’oriente désormais vers des registres plus pop, la priorité reste l’authenticité : « Il faut garder ce côté enfantin de faire de la musique sans se prendre la tête, à l’instinct ».

Cette dynamique collective a permis à NeS de sortir de l’ombre de sa cave pour s’imposer sur la scène nationale. Malgré une reconnaissance croissante, il reste fidèle à ses racines. « Fidèle à mon équipe et à ma musique, je reste le même », assure-t-il. Une philosophie qui semble porter ses fruits, à en juger par la progression constante de sa carrière et l’engouement du public.

Et maintenant ?

Après sa prestation au We Love Green ce 6 juin 2026, NeS devrait poursuivre sa tournée pour promouvoir « Des pieds et des mains ». D’après Franceinfo - Culture, son équipe travaille déjà sur de nouveaux projets, avec une volonté affichée de continuer à explorer des univers musicaux variés. Si l’artiste reste discret sur ses prochaines collaborations, il a confirmé vouloir conserver cette ligne artistique sincère et introspective qui le caractérise. Reste à voir si cette démarche lui permettra de confirmer son statut de figure majeure du rap français.

En attendant, NeS reste un exemple de résilience et de passion pour une génération d’artistes qui, comme lui, ont émergé dans l’adversité. Son parcours rappelle que la réussite dans le rap, comme dans tout art, passe souvent par l’authenticité et la persévérance.

La New Wave désigne un mouvement du rap français apparu pendant la pandémie de Covid-19, caractérisé par une rupture des codes traditionnels, une liberté artistique et des sonorités innovantes. Des artistes comme NeS, Luther ou Yvnnis en font partie.

Lil Chick est le beatmaker et meilleur ami de NeS depuis ses débuts. Il compose les instrumentales de ses morceaux et l’encourage à explorer de nouveaux univers musicaux, tout en conservant une approche authentique et instinctive.