Le directeur général de la Banque Publique d’Investissement (BPI France), Nicolas Dufourcq, a pris position vendredi 29 mai en faveur d’un relèvement de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans, voire au-delà, lors de son passage dans la matinale de France Info. Selon Capital, il a défendu cette idée en soulignant les déséquilibres structurels du système de retraite français, comparant la situation française à celle des autres pays européens.

Ce qu'il faut retenir

  • Nicolas Dufourcq, patron de BPI France, propose un âge légal de retraite fixé à 65 ans, voire au-delà, lors d’une intervention sur France Info le 29 mai 2026.
  • Il critique les départs anticipés des cadres, rappelant que 42 % des cadres français quittent la vie active avant 65 ans.
  • La France est le seul pays européen où 10 % des retraites sont financées par la dette, selon ses déclarations.
  • Le coût annuel pour la collectivité des dépenses de retraite en France s’élèverait à 55 milliards d’euros, un montant supérieur aux investissements réalisés dans l’éducation ou la justice dans d’autres pays européens.
  • Dufourcq propose également de revoir l’indexation des pensions sur l’inflation, un sujet qui aurait coûté 25 milliards d’euros par an en 2023-2024.

Un âge légal à 65 ans, sauf exceptions

Interrogé sur le plateau de France Info, Nicolas Dufourcq a adopté une position ferme sur l’âge de départ à la retraite. « Il faut que cela change », a-t-il lancé, insistant sur la nécessité de porter l’âge légal à 65 ans. Il a toutefois concédé que certaines professions pénibles ou carrières longues pourraient justifier un départ anticipé à 62 ans. « Il n’y a aucun problème que les gens qui ont eu des métiers difficiles, des carrières longues, s’arrêtent à 62 ans », a-t-il précisé, selon Capital.

En revanche, il s’est montré plus sévère envers les cadres, dont 42 % des Français partiraient en retraite anticipée. « Il y a un problème quand vous avez 42 % des cadres français qui partent en retraite anticipée », a-t-il souligné, pointant du doigt un déséquilibre culturel et économique. Pour lui, ces départs précoces s’expliquent par des « mœurs culturelles » à faire évoluer, afin d’aligner la France sur ses voisins européens.

La France, un cas unique en Europe sur le financement des retraites

Nicolas Dufourcq a rappelé que la France se distingue en Europe par un mode de financement des retraites particulièrement fragile. « La France est le seul pays en Europe où 10 % des retraites sont financées par la dette », a-t-il déclaré. Une situation qu’il juge intenable à long terme, d’autant que les retraités français bénéficient d’un niveau de vie similaire à celui des actifs, une particularité rare sur le continent.

Il a également pointé du doigt l’épargne détenue par les retraités en France, qualifiant leur part d’« écrasante » au sein de la population. « La France est un pays où une part écrasante de l’épargne est détenue par les retraités », a-t-il noté, ajoutant que cette situation pourrait, à terme, bloquer la capacité du pays à investir dans d’autres secteurs clés comme l’éducation ou la justice. « Un jour, on se demandera comment on a pu se bloquer l’esprit et la tête sur la question de l’âge de la retraite en France », a-t-il regretté.

Des dépenses de retraite qui pèsent sur les finances publiques

Le patron de BPI France a quantifié le coût annuel de ces dépenses pour la collectivité : 55 milliards d’euros par an. Un montant qu’il présente comme un luxe par rapport à d’autres pays européens, où ces fonds sont réinvestis dans des infrastructures ou le désendettement. « C’est 55 milliards d’euros que les autres États européens ne dépensent pas. Ils le mettent sur autre chose, sur l’éducation, sur la justice, sur le remboursement de leur dette », a-t-il comparé.

Il a également abordé la question de l’inflation et de son impact sur le budget des retraites. En 2023 et 2024, la hausse des prix aurait coûté 25 milliards d’euros par an à l’État, en raison de l’indexation automatique des pensions. « Quand l’inflation est très élevée, en 2023-24, cela nous a coûté 25 milliards d’euros par an », a-t-il illustré. Une situation qui, selon lui, plaide pour une remise en question de ce mécanisme.

Une position personnelle, mais qui s’inscrit dans un débat plus large

Il est important de noter que Nicolas Dufourcq s’exprime en son nom propre et non en tant que représentant officiel de BPI France. Ses propos reflètent ainsi une vision personnelle, mais ils s’inscrivent dans un débat national récurrent sur l’avenir du système de retraite. Plusieurs responsables politiques et économistes ont récemment évoqué la nécessité de repousser l’âge légal, comme l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, qui avait déjà plaidé pour un âge de départ à 67 ans.

Cette prise de position intervient alors que le gouvernement planche sur les contours d’une éventuelle réforme des retraites. Les discussions restent tendues, entre ceux qui prônent un durcissement des conditions de départ et ceux qui défendent le maintien des acquis sociaux. Dans ce contexte, les déclarations de Dufourcq apportent une voix supplémentaire à l’argumentaire en faveur d’un relèvement de l’âge légal.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir s’intensifier les échanges sur la réforme des retraites, avec une possible accélération des discussions au Parlement d’ici la fin de l’année. Plusieurs pistes sont sur la table, comme la désindexation partielle des pensions ou la création de dispositifs incitant à travailler plus longtemps. Reste à savoir si ces propositions trouveront un écho favorable auprès des syndicats et des partis politiques, alors que le sujet reste hautement sensible.

Une chose est sûre : la question de l’âge de départ à la retraite ne sera pas résolue à court terme. Entre contraintes budgétaires et enjeux sociaux, le débat s’annonce long et complexe. Pour l’heure, les Français devront patienter avant de connaître les orientations concrètes que le gouvernement entend donner à sa politique.

D’après ses déclarations à France Info et reprises par Capital, Nicolas Dufourcq estime que la France dépense 55 milliards d’euros par an pour financer ses retraites, un montant bien supérieur à celui de ses voisins européens. Il juge nécessaire de travailler plus longtemps pour réduire ce coût et réallouer ces fonds vers d’autres secteurs comme l’éducation ou la justice.

Le patron de BPI France a indiqué qu’il n’y voyait « aucun problème » pour les personnes ayant exercé des métiers pénibles ou ayant des carrières longues de partir à 62 ans. En revanche, il critique les départs anticipés des cadres, dont 42 % quitteraient la vie active avant 65 ans en France.