Nicolas Maduro, ancien président du Venezuela, reste incarcéré depuis six mois à New York dans l’attente de son procès pour narcoterrorisme, comme le rapporte BMF - International. Capturé le 3 janvier 2026 lors d’une opération nocturne menée par l’armée américaine à Caracas, il partage désormais une cellule avec dix-huit autres détenus au Metropolitan Detention Center (MDC) de Brooklyn. Selon son fils, Nicolás Maduro Guerra, l’ex-dirigeant s’occupe en étudiant l’anglais et en lisant la Bible, tout en recevant un soutien spirituel de sa famille.

Ce qu'il faut retenir

  • Nicolas Maduro, ancien président vénézuélien, est détenu aux États-Unis depuis le 3 janvier 2026, date de son enlèvement lors d’une opération militaire à Caracas.
  • Il est inculpé pour quatre chefs d’accusation, dont le narcoterrorisme, en lien avec un vaste trafic de drogue impliquant des cartels et des mouvements de guérilla.
  • Son épouse, Cilia Flores, est également inculpée et incarcérée avec lui au Metropolitan Detention Center (MDC) de Brooklyn, une prison fédérale de New York.
  • Maduro a d’abord été placé en isolement strict pendant trois mois, avant d’être transféré dans une unité partagée avec dix-huit autres détenus.
  • Parmi ses codétenus figuraient brièvement le rappeur 6ix9ine, avec qui il a échangé quelques mots lors de son bref passage.

Un procès attendu dans une prison aux conditions controversées

Depuis son transfert aux États-Unis, Nicolas Maduro est détenu au MDC de Brooklyn, une prison fédérale réputée pour son insalubrité et sa gestion défaillante. Selon plusieurs décisions judiciaires new-yorkaises, des détenus y ont déjà dénoncé des problèmes d’accès aux soins, des conditions de détention indignes et des cas de corruption. En 2024, un détenu avait notamment signalé avoir reçu de la nourriture « infestée de vers », comme le rapportait CNN.

Ce centre pénitentiaire, l’un des plus grands des États-Unis avec une capacité d’environ 1 600 détenus, a déjà accueilli des personnalités comme le chanteur R. Kelly, le rappeur Sean « Diddy » Combs, ou encore l’ancien président hondurien Juan Orlando Hernández. Maduro y a d’abord été placé en isolement exceptionnel, une mesure administrative spéciale (SAM) réservée aux détenus fédéraux au profil sensible, selon CBS News.

Son avocat, Barry Pollack — connu pour avoir négocié l’accord de plaider coupable de Julian Assange —, conteste dès la première comparution la légalité de son enlèvement. Il a également invoqué l’immunité de Maduro en tant que chef d’État souverain. Le juge chargé du dossier est Alvin Hellerstein, un magistrat de 92 ans spécialisé dans les procès médiatiques, nommé par Bill Clinton. Ce dernier s’était opposé en 2025 à l’expulsion de membres présumés de gangs vénézuéliens sans audience préalable.

Une détention marquée par des conditions strictes et des rencontres improbables

Lors de sa première audience publique le 26 mars 2026, Nicolas Maduro est apparu amaigri mais souriant après trois mois de détention. Enchaîné aux chevilles et vêtu d’une blouse grise sur un t-shirt orange, il n’a pas pris la parole. Quelques jours plus tard, il et son épouse ont adressé un message à leurs proches : « Nous allons bien, nous sommes forts, sereins et en prière constante », ont-ils déclaré, ajoutant : « Nous avons reçu vos communications, vos messages, vos e-mails, vos lettres et vos prières. Chaque mot d’amour, chaque marque d’affection nous remplit l’âme et nous fortifie spirituellement. »

Son fils, député au Venezuela, a révélé que Maduro avait été contacté pour la première fois par téléphone le 5 février 2026. « Il m’a dit qu’il allait bien et que son genou, blessé lors de son arrestation, ne lui faisait plus autant mal », a expliqué Nicolás Maduro Guerra dans un entretien accordé au magazine Der Spiegel. Depuis, son père l’appelle « tous les soirs vers 19 heures ». « Au téléphone, il essaie de nous donner l’impression d’être fort. Il nous dit : « Regardez devant vous. Ne laissez personne vous voler votre bonheur », a-t-il confié.

En cellule partagée, Maduro s’occupe en discutant avec ses codétenus — dont certains parlent espagnol —, en regardant la télévision et en apprenant l’anglais. Il a notamment croisé le rappeur 6ix9ine, qui a détaillé leur rencontre lors d’un stream avec l’influenceur Adin Ross. « Maduro dormait juste en face de moi. Je ne voulais pas l’embêter, je ne voulais pas passer pour une groupie », avait-il expliqué. Le rappeur, filmé à sa sortie de prison début avril, tenait à la main une figurine en papier de Bob l’éponge, qu’il affirmait avoir reçue de la main de Maduro.

Une santé surveillée et une routine spirituelle pour tenir

Malgré les conditions de détention difficiles, Maduro tente de préserver sa santé autant que possible. « Mon père a toujours mangé très sainement : beaucoup de légumes, peu de sucre. Maintenant, il mange surtout des glucides, des aliments ultra-transformés, trop de sel », s’inquiète son fils. Depuis Pâques, les conditions se sont légèrement améliorées : Maduro a quitté l’isolement pour un dortoir partagé, où il lit la Bible et étudie les œuvres de Simón Bolívar, héros de l’indépendance sud-américaine, ainsi que des ouvrages de métaphysique et de littérature classique.

Son fils lui envoie régulièrement des livres par Amazon, dont la Constitution vénézuélienne, Hamlet de Shakespeare ou l’Orestie d’Eschyle, à la demande de sa petite-fille de 20 ans, étudiante en art. « Au début, il me parlait toujours des versets ou des psaumes qu’il venait d’étudier — l’Épître aux Hébreux, l’Épître aux Romains, l’Épître aux Galates », précise Nicolás Maduro Guerra. « Aujourd’hui, il essaie de nous montrer qu’il est fort, même si nous savons que cela reste difficile pour lui. »

Et maintenant ?

Le procès de Nicolas Maduro devant la Cour du district sud de New York n’a toujours pas de date fixée. D’ici là, son état de santé et les conditions de sa détention devraient continuer d’être surveillés, d’autant que les plaintes concernant le MDC de Brooklyn persistent. La défense, menée par Barry Pollack, pourrait tenter de faire valoir des arguments juridiques liés à l’immunité présidentielle ou à la légalité de son transfert aux États-Unis. En attendant, la famille de l’ex-dirigeant vénézuélien reste mobilisée pour maintenir le contact et soutenir moralement l’ancien président.

Les prochaines étapes judiciaires dépendront notamment des décisions du juge Alvin Hellerstein, dont les rulings passés montrent une sensibilité particulière aux questions de droits des détenus et d’équité procédurale. Reste à voir si ce procès, qui s’annonce comme l’un des plus médiatisés de ces dernières années, pourrait avoir des répercussions politiques au Venezuela ou dans les relations entre Washington et Caracas.

Nicolas Maduro est accusé par les autorités américaines de narcoterrorisme pour son implication présumée dans un vaste trafic de drogue impliquant des cartels et des mouvements de guérilla considérés comme « terroristes » par Washington. Il est également visé par trois autres chefs d’accusation liés à ce dossier.

À ce stade, aucune date de procès n’a été fixée. Le juge Alvin Hellerstein doit encore examiner les arguments de la défense, notamment la contestation de la légalité de l’enlèvement et de l’immunité présidentielle. Une audience préliminaire pourrait avoir lieu d’ici la fin de l’année 2026.