Comme l’a révélé RFI dans son édition du 30 août 2026, l’Agence nigériane de lutte contre le trafic de stupéfiants (NDLEA) a annoncé avoir intercepté plus de 47 000 comprimés de captagon, une drogue de synthèse particulièrement répandue au Moyen-Orient. Ces saisies, effectuées dans le nord du Nigeria, interviennent alors que cette zone fait face à une insécurité chronique depuis le début des violences jihadistes en 2009.
Selon les autorités nigérianes, ces comprimés étaient destinés à être acheminés vers des régions sous l’influence de groupes armés, où le captagon est parfois utilisé pour financer des activités illicites. La région, déjà fragilisée par des décennies de conflit, voit ainsi se superposer deux fléaux : l’instabilité sécuritaire et le trafic de substances prohibées.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 47 000 comprimés de captagon saisis par la NDLEA au Nigeria.
- Les comprimés étaient destinés au nord du pays, en proie à des violences jihadistes depuis 2009.
- Le captagon, une drogue de synthèse, est souvent utilisé pour financer des activités illicites.
- La NDLEA, agence nigériane anti-stupéfiants, a mené cette opération le 30 août 2026.
Une région sous haute tension depuis près de deux décennies
Le nord du Nigeria est en proie à des violences jihadistes depuis 2009, date à laquelle le groupe Boko Haram a lancé une insurrection armée contre les autorités nigérianes. Plus de 17 ans après le début de ce conflit, la région reste marquée par des attaques récurrentes, des enlèvements et une présence militaire renforcée. Dans ce contexte, l’économie parallèle, incluant le trafic de drogues, prospère souvent en marge des activités illicites des groupes armés.
La saisie de captagon s’inscrit donc dans un paysage sécuritaire déjà complexe, où les trafics de toutes sortes alimentent des réseaux criminels parfois liés à des mouvements insurgés. Les autorités nigérianes multiplient les opérations pour tenter de démanteler ces filières, mais la tâche reste ardue dans une zone aussi vaste et instable.
Le captagon, une drogue de synthèse en expansion au Moyen-Orient
Le captagon, une amphétamine de synthèse, est particulièrement prisé dans les pays du Golfe et au Moyen-Orient, où il est parfois consommé lors d’événements festifs ou utilisé comme stimulant pour les combattants. Son trafic génère des milliards de dollars chaque année, alimentant des réseaux criminels transnationaux. Au Nigeria, sa présence croissante reflète une tendance plus large en Afrique de l’Ouest, où les trafics de drogues de synthèse gagnent du terrain face aux efforts des autorités.
Selon des rapports récents, le captagon est de plus en plus produit localement ou transitant par l’Afrique de l’Ouest avant d’être acheminé vers d’autres régions. La saisie de 47 000 comprimés dans le nord du Nigeria confirme l’implication de ce pays dans ces réseaux, malgré les contrôles renforcés de la NDLEA.
Cette saisie rappelle également l’importance de soutenir les pays africains dans leur lutte contre le trafic de drogues, un enjeu qui dépasse largement les frontières nationales. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’efficacité des actions menées par les autorités nigérianes et leurs partenaires internationaux.
Le captagon est une amphétamine de synthèse, initialement développée comme médicament avant d’être détournée à des fins récréatives ou militaires. Son faible coût de production et sa facilité de fabrication en ont fait une drogue prisée au Moyen-Orient, où elle est parfois utilisée pour financer des activités illicites. Son trafic génère des revenus colossaux, alimentant des réseaux criminels transnationaux.