Quelques semaines seulement après avoir décroché sa promotion en Pro D2, le club niçois de rugby, Nissa Rugby, se retrouve plongé dans une crise financière majeure. Selon RMC Sport, ses dirigeants ont démissionné et le club est convoqué ce vendredi 10 août 2026 devant la Ligue nationale de rugby (LNR) pour répondre à des questions sur sa situation économique.

Ce qu'il faut retenir

  • Un déficit de 4,5 millions d'euros menace la pérennité du club niçois, sur un budget prévisionnel de 10,5 millions pour la saison 2026-2027.
  • La masse salariale, estimée à 3,8 millions d'euros, pèse lourdement dans les dépenses du club.
  • Le président de la SAS Nissa Rugby, Jean-Baptiste Aldigé, et le président de l'association, Patrice Prévot, ont tous deux démissionné avant cette convocation.
  • La mairie de Nice tente d'agir en maintenant ses subventions, mais les désaccords persistent sur les promesses non tenues.
  • Une tribune permanente de 1 400 places est promise d'ici septembre 2027, mais cela ne résout pas les problèmes immédiats.

La promotion en Pro D2, acquise le 31 mai 2026 après une victoire en finale d'accession face au Stade montois (31-26), a rapidement laissé place à une inquiétude grandissante. Dès le lendemain de l'obtention du titre, les dirigeants du club niçois ont été confrontés à une réalité brutale : leurs finances ne tiennent pas la route. Selon les documents consultés par BFM Côte d'Azur et analysés par la LNR, le budget prévisionnel pour la saison 2026-2027 s'élève à 10,5 millions d'euros, mais 4,5 millions manquent à l'appel. Sans garantie de couverture, ce déficit expose le club à une rétrogradation administrative.

La principale pomme de discorde réside dans la masse salariale, évaluée à 3,8 millions d'euros pour les joueurs et le staff. Une somme difficilement soutenable sans un soutien financier extérieur. Pour tenter de clarifier cette situation, la LNR a convoqué les responsables du club ce vendredi à 9h30 devant sa commission de contrôle des championnats professionnels. Une audition cruciale, alors que les dirigeants démissionnaires ont été remplacés dans l'urgence.

Des démissions en cascade et une mairie en tension

Jean-Baptiste Aldigé, président de la SAS Nissa Rugby, et Patrice Prévot, président de l'association, ont annoncé leur démission quelques jours avant cette convocation. Une décision qui reflète l'ampleur de la crise, alors que le club doit désormais faire face à des questions bien plus pressantes que la gestion sportive. Contactée par RMC Sport, la LNR a indiqué ne pas souhaiter s'exprimer publiquement afin de garantir « la sérénité et l'indépendance de la procédure ».

Côté municipal, la mairie de Nice, dirigée par Éric Ciotti, tente de désamorcer la crise. Après des semaines de silence et plusieurs courriers restés sans réponse, la ville a finalement envoyé un courrier aux dirigeants démissionnaires jeudi soir pour leur annoncer le maintien des subventions pour la saison prochaine. Une main tendue qui ne suffit pas à apaiser les tensions. Les dirigeants du club estiment en effet que l'absence de places d'hospitalité pour la saison à venir représenterait un manque à gagner compris entre 1,2 et 1,5 million d'euros. Une somme qui aggrave encore la précarité financière du club.

« Notre offre est à prendre ou à laisser. C'est aux actionnaires désormais de clarifier leurs intentions. »
— Benoît Kandel, adjoint aux Sports de Nice, sur BFM Côte d'Azur

Une tribune promise, mais des promesses non tenues

Pour tenter de rassurer, la mairie a annoncé la construction d'une tribune permanente d'ici septembre 2027, pouvant accueillir 1 400 places d'hospitalité. Un projet qui, selon les élus, doit permettre au club de « construire sereinement son avenir sportif ». Pourtant, ce calendrier ne répond pas aux urgences immédiates du club. Les dirigeants rappellent que la promesse d'un futur stade est conditionnée à une montée en Top 14 et à un maintien durable en Pro D2. Autant dire que cette solution relève du long terme, alors que le club doit agir maintenant.

Les désaccords persistent également sur les promesses faites par la mairie au cours des derniers mois. Si la construction de la tribune est un pas en avant, elle ne comble pas le déficit de places d'hospitalité pour la saison prochaine. Benoît Kandel a également prévenu : « Si les actionnaires n'acceptent pas notre offre, nous avons de potentiels acheteurs qui se sont positionnés. » Une déclaration qui sonne comme un ultimatum, alors que la survie du club est en jeu.

« On est au maximum de ce qu'on peut faire parce que la loi nous limite dans cette action et, en même temps, on s'est engagé dans la construction pour permettre à notre club de construire sereinement son avenir sportif. »
— Benoît Kandel, adjoint aux Sports de Nice

Cette crise survient dans un contexte où Nissa Rugby doit recruter et fidéliser son public. L'accession en Pro D2, après des années d'efforts, est un succès sportif qui ne doit pas être sacrifié par des manquements financiers. Les joueurs recrutés et les jeunes supporters comptent sur une saison prometteuse, alors que le risque de rétrogradation plane.

Et maintenant ?

La convocation de ce vendredi 10 août 2026 devant la LNR pourrait déboucher sur une décision de rétrogradation administrative, si les garanties financières ne sont pas apportées. La mairie de Nice, de son côté, semble prête à jouer son rôle, mais les actionnaires du club devront trancher rapidement. Une chose est sûre : sans solution financière immédiate, la pérennité de Nissa Rugby en Pro D2 reste incertaine.

En attendant, le club doit également faire face à ses engagements sportifs. Une saison en Pro D2 s'annonce, mais son déroulement dépendra de la capacité des dirigeants à stabiliser la situation financière. La balle est désormais dans leur camp.

Le club niçois est menacé de rétrogradation car son budget prévisionnel pour la saison 2026-2027 présente un déficit de 4,5 millions d'euros sur 10,5 millions. La LNR exige que ces fonds soient garantis, faute de quoi elle pourrait prononcer une rétrogradation administrative.

La mairie a annoncé le maintien des subventions pour la saison prochaine et la construction d'une tribune permanente de 1 400 places d'ici septembre 2027. Elle a également évoqué la possibilité de trouver des repreneurs si les actionnaires actuels ne donnent pas suite à son offre.