Le Parquet national financier a indiqué mercredi à l'AFP qu'un non-lieu avait été requis au bénéfice de l'ex-secrétaire général de l'Elysée, Alexis Kohler, dans l'enquête pour prise illégale d'intérêts autour de ses liens familiaux avec l'armateur MSC, selon 20 Minutes - Politique. Ce non-lieu a été « rendu et signé » le 31 août, dans ce dossier qui a marqué le premier quinquennat d'Emmanuel Macron.

Le juge d'instruction doit désormais se prononcer, soit en suivant les réquisitions du parquet, ce qui mettrait un terme au dossier, soit en renvoyant Alexis Kohler, 53 ans, en procès. Alexis Kohler est aujourd'hui directeur général adjoint de la Société générale et a été mis en examen depuis 2022 dans ce dossier.

Ce qu'il faut retenir

  • Un non-lieu a été requis pour Alexis Kohler dans l'enquête pour prise illégale d'intérêts.
  • Le non-lieu a été « rendu et signé » le 31 août.
  • Le juge d'instruction doit se prononcer sur les réquisitions du parquet.

Contexte de l'enquête

La justice a mis Alexis Kohler en cause pour avoir participé à plusieurs décisions relatives au groupe franco-italien MSC, dirigé par les cousins de sa mère, la famille Aponte. Alexis Kohler a représenté l'Agence des participations de l'État (APE) aux conseils d'administration de STX France (devenu Chantiers de l'Atlantique) et du Grand port maritime du Havre (GPMH), deux entreprises ayant des liens commerciaux avec MSC.

Les faits remontent à 2009-2012 et à 2012-2016, lorsqu'il était à Bercy au cabinet de Pierre Moscovici puis d'Emmanuel Macron. La portée du dossier avait toutefois été nettement réduite en juillet, lorsque la cour d'appel de Paris a décidé que tous les faits antérieurs à 2014 étaient prescrits.

Conséquences de l'enquête

Les poursuites pour complicité contre deux autres hauts fonctionnaires, Jean-Dominique Comolli et Bruno Bézard, ont été en conséquence abandonnées. Alexis Kohler n'a pas réagi dans l'immédiat à la nouvelle du non-lieu. Me Jean-Baptiste Soufron, qui représente l'association Anticor, partie civile, a déclaré : « Depuis le début de ce dossier, où l'on a déploré l'intervention directe du chef de l'État, le parquet s'oppose à ce qu'un juge et un tribunal indépendants puissent en avoir connaissance ».

Emmanuel Macron avait exprimé à plusieurs reprises sa « confiance » en son secrétaire général de l'époque, et lui avait aussi apporté son soutien via une « note personnelle » mi-2019 envoyée au PNF, assurant qu'Alexis Kohler n'était jamais intervenu, au moment où il était son directeur de cabinet à Bercy, dans des dossiers liés à MSC. Cette note avait suscité une vive polémique.

Et maintenant ?

Le juge d'instruction doit se prononcer sur les réquisitions du parquet. Si le non-lieu est confirmé, cela mettra un terme à l'enquête. En revanche, si Alexis Kohler est renvoyé en procès, cela pourrait avoir des conséquences importantes pour son avenir politique et professionnel.

En tout état de cause, cette affaire soulève des questions plus larges sur les conflits d'intérêts et la transparence dans les milieux politiques et économiques. Il est essentiel que les institutions judiciaires puissent travailler de manière indépendante pour garantir la confiance du public dans la justice.