La Fédération norvégienne de football a franchi un cap dans sa longue opposition à Gianni Infantino. Selon RMC Sport, sa présidente Lise Klaveness a annoncé ce vendredi 7 août 2026 que l’instance allait officiellement demander la démission immédiate du président de la Fifa, en poste depuis 2016. Cette prise de position publique intervient à l’issue d’une réunion des dirigeants de la fédération norvégienne, tenue la veille, qui a longuement examiné la situation à la tête du football mondial.

Ce qu'il faut retenir

  • La Fédération norvégienne de football, dirigée par Lise Klaveness, exige la démission immédiate de Gianni Infantino, président de la Fifa depuis 2016.
  • Lise Klaveness estime qu’Infantino « n’a pas la confiance institutionnelle nécessaire » pour diriger la Fifa dans le contexte actuel.
  • Samedi 1er août 2026, Infantino a abandonné son projet de création d’une société commerciale permettant à des investisseurs privés de détenir 20 % des parts de la Fifa, pour un apport de 4,2 milliards de dollars.
  • L’UEFA a confirmé jeudi 6 août que son boycott des compétitions de la Fifa reste en vigueur, malgré le retrait de ce projet.
  • Infantino, seul candidat déclaré pour un nouveau mandat en mars 2027, doit obtenir la majorité des 211 voix des fédérations membres pour être réélu.

Dans une conférence de presse tenue à Oslo, Lise Klaveness a justifié cette demande en invoquant un manque de légitimité institutionnelle. « Il n’a pas la confiance institutionnelle nécessaire pour diriger la Fifa de manière stable dans la période que nous traversons actuellement », a-t-elle déclaré. « Il n’y a plus de retour en arrière possible pour Gianni Infantino », a-t-elle ajouté, soulignant que les critiques à son égard se sont accumulées ces dernières années au sein de la communauté footballistique.

Cette annonce survient moins d’une semaine après un revirement majeur de la part d’Infantino. Samedi 1er août, celui-ci a en effet annoncé l’abandon définitif de son projet de création d’une société commerciale ouverte aux investisseurs privés. Ce plan, dévoilé en début d’année, prévoyait de céder jusqu’à 20 % des parts de la Fifa à des acteurs privés, pour une levée de fonds estimée à 4,2 milliards de dollars, sur la base d’une valorisation de l’instance à 20 milliards de dollars.

Ce projet avait suscité une opposition massive, notamment de la part de l’UEFA. Comme le rapporte RMC Sport, l’instance européenne avait menacé de boycotter les compétitions organisées par la Fifa si le plan voyait le jour. Jeudi 6 août, l’UEFA a confirmé que son boycott était toujours d’actualité, malgré l’abandon du projet par Infantino. L’instance a exigé « des assurances » pour éviter que de telles initiatives ne se reproduisent, ajoutant : « Ces conditions n’ont pas été remplies ». L’UEFA a par ailleurs réaffirmé « avoir perdu confiance dans la présidence de Gianni Infantino ».

Un contexte de crise persistante à la tête de la Fifa

La position de la Norvège marque un nouveau tournant dans l’isolement croissant d’Infantino. Depuis plusieurs années, la Fédération norvégienne figurait parmi les plus virulentes critiques du président de la Fifa. L’annonce de cette demande de démission s’inscrit dans un contexte où Infantino, seul candidat déclaré pour un troisième mandat à l’élection prévue en mars 2027, voit sa crédibilité sérieusement érodée. Pour l’emporter, il devra obtenir la majorité des 211 voix des fédérations membres de la Fifa, une tâche rendue plus ardue par l’accumulation des controverses.

Le retrait du projet de société commerciale marque un échec cuisant pour Infantino, qui avait placé cette réforme au cœur de sa stratégie de modernisation de la Fifa. L’objectif affiché était d’injecter des liquidités pour financer le développement du football mondial, mais le projet a été perçu comme une privatisation déguisée de l’instance, risquant de diluer son contrôle sur l’éthique et la gouvernance du football. L’abandon de ce plan n’a pas suffi à apaiser les tensions, comme en témoigne la position ferme de l’UEFA.

L’UEFA maintient son boycott malgré le retrait du projet controversé

L’Union des associations européennes de football (UEFA) a confirmé jeudi 6 août que son boycott des compétitions de la Fifa était toujours effectif. Cette décision, prise en réaction au projet de société commerciale, a été maintenue malgré le renoncement d’Infantino. Dans un communiqué, l’UEFA a exigé des garanties pour que des initiatives similaires ne puissent plus être envisagées à l’avenir. « Nous avons perdu confiance dans la présidence de Gianni Infantino », a indiqué l’instance, soulignant que les promesses de transparence et de stabilité n’avaient pas été tenues.

Cette position de l’UEFA, principale confédération régionale de la Fifa, pourrait avoir un effet domino sur d’autres fédérations. Plusieurs instances nationales, notamment en Europe, avaient déjà exprimé leur mécontentement face aux méthodes de gouvernance d’Infantino. Le boycott des compétitions, s’il devait s’étendre, pourrait fragiliser la Fifa sur le plan sportif et financier, alors que l’organisation prépare les prochaines éditions de la Coupe du monde.

Et maintenant ?

La demande de démission formulée par la Norvège place Infantino dans une position délicate à moins de sept mois de l’élection prévue en mars 2027. Pour l’heure, aucune autre fédération n’a emboîté le pas à la Norvège, mais le risque d’un effet domino reste présent. Infantino pourrait tenter de regagner la confiance des membres en promettant des réformes internes, mais la crédibilité des engagements passés a été largement entamée. La prochaine réunion du Conseil de la Fifa, prévue en septembre, sera un moment clé pour évaluer l’ampleur de la crise et les stratégies de sortie possibles pour le président sortant.

Si la Norvège ouvre la voie à une contestation plus large, d’autres fédérations pourraient suivre son exemple, surtout si l’UEFA maintient son boycott. La situation rappelle les tensions qui avaient précédé les élections de 2023, lorsque plusieurs candidats s’étaient opposés à Infantino. Cette fois, l’enjeu est double : éviter une fracture durable au sein du football mondial et restaurer une confiance minimale dans la gouvernance de la Fifa.

La Fédération norvégienne de football, dirigée par Lise Klaveness, estime que Gianni Infantino « n’a pas la confiance institutionnelle nécessaire » pour diriger la Fifa dans le contexte actuel. Selon elle, « il n’y a plus de retour en arrière possible » après des années de critiques et l’échec du projet de société commerciale.

Proposé par Gianni Infantino, ce projet prévoyait la création d’une société commerciale permettant à des investisseurs privés d’acquérir jusqu’à 20 % des parts de la Fifa, pour une levée de fonds de 4,2 milliards de dollars. Le projet a été abandonné le 1er août 2026 face à une opposition massive.