Depuis le palais royal d’Oslo, une foule silencieuse se presse ce samedi 30 août 2026 devant la chapelle où repose Harald V, roi de Norvège pendant près de trois décennies. Ce jour marque une première pour son fils, Haakon VIII, qui s’adresse pour la première fois au peuple norvégien en tant que nouveau souverain, trois jours après le décès de son père survenu à l’âge de 89 ans, rapporte le Figaro.
« Nous sommes en deuil, mais en même temps, le fait de voir que tant de personnes partagent notre peine nous apporte réconfort et force », a déclaré Haakon VIII, 53 ans, dans un discours retransmis en direct par la télévision nationale. Dans son allocution, le nouveau monarque a également évoqué l’héritage de son père, soulignant : « Le roi Harald nous rappelait sans cesse, au sein de la famille, que chacun devait faire les choses à sa manière. Trouver sa propre voie. Être soi-même... C’est maintenant mon tour. »
Ce qu'il faut retenir
- Haakon VIII s’exprime publiquement pour la première fois depuis son accession au trône, le 30 août 2026, après le décès de son père, Harald V, survenu la veille à l’âge de 89 ans.
- Le nouveau roi évoque « le réconfort et la force » apportés par la solidarité nationale dans ce moment de deuil.
- Une cérémonie officielle a réuni des milliers de Norvégiens devant le palais royal, où plus de 20 000 fleurs ont été déposées en hommage au défunt souverain.
- Deuil national décrété dans le royaume, après le décès du doyen des souverains européens.
Un hommage familial et national
Avant son allocution télévisée, Haakon VIII a reçu les principaux représentants des institutions norvégiennes. Il a d’abord rencontré le président du Storting (Parlement norvégien), Masud Gharahkhani, puis la présidente de la Cour suprême, Toril Marie Øie, et enfin les dirigeants de l’Église de Norvège. Ces audiences symboliques ont marqué le début de la transition monarchique dans un pays où la monarchie constitutionnelle joue un rôle à la fois traditionnel et unificateur.
Le défunt roi Harald V, monté sur le trône en 1991, était le dernier souverain à avoir régné pendant la Seconde Guerre mondiale. Son règne, marqué par la modernisation du pays et une relation apaisée avec les institutions, a laissé une empreinte durable sur la société norvégienne. « Tout le monde est triste, et le roi était un homme que tout le monde respectait. Un homme bien, donc je pense que tout le monde se sent un peu abattu aujourd’hui », a confié à l’AFP Anne Lobbe, 35 ans, parmi la foule venue se recueillir devant le palais royal.
Une journée de recueillement à Oslo
Dès l’annonce du décès, samedi 29 août au matin, des milliers de Norvégiens se sont rassemblés devant la résidence royale. En moins de 24 heures, des montagnes de fleurs et de messages de condoléances ont recouvert les abords de la chapelle royale. Selon les autorités locales, plus de 20 000 personnes ont ainsi rendu hommage au souverain défunt, dont les funérailles nationales sont prévues pour les prochains jours.
Le deuil national décrété par le gouvernement norvégien suspend les festivités publiques et les événements officiels jusqu’à la fin de la semaine. Cette marque de respect reflète l’attachement des Norvégiens à leur monarchie, un statut quo qui n’a pas été remis en cause depuis la création de l’État moderne en 1905. « Le roi Harald était un symbole de stabilité », a souligné un éditorial du journal Aftenposten, soulignant que sa disparition marque la fin d’une époque.
La succession et les défis à venir
Haakon VIII, né en 1973, était le fils aîné de Harald V et de la reine Sonja. Son accession au trône s’inscrit dans la continuité dynastique, mais son règne s’ouvre sur un contexte géopolitique complexe pour la Norvège, membre clé de l’OTAN et premier exportateur européen de gaz naturel. Dans son discours, le nouveau souverain a évoqué l’importance de « trouver sa propre voie », suggérant une possible adaptation de la monarchie aux enjeux contemporains du pays.
Les observateurs s’interrogent désormais sur la manière dont Haakon VIII intégrera son rôle de chef de l’État, alors que la Norvège fait face à des défis économiques liés à la transition énergétique et à des tensions sociales croissantes. « C’est maintenant mon tour », a-t-il rappelé, sans pour autant préciser de programme politique — la monarchie norvégienne restant strictement apolitique par tradition.
Le nouveau roi devra également composer avec l’héritage symbolique de son père, dont le décès survient à un moment où la Norvège, riche mais inégalitaire, cherche à concilier prospérité économique et cohésion sociale. Autant dire que le défi est autant symbolique que politique.
Les funérailles nationales de Harald V sont prévues pour les prochains jours, probablement d’ici le 5 septembre 2026. Ensuite, Haakon VIII devrait entamer une série d’audiences avec les institutions du pays pour officialiser sa prise de fonction. Aucune modification constitutionnelle n’est attendue dans l’immédiat, la monarchie norvégienne restant un symbole d’unité nationale.