La justice administrative a donné son feu vert, sur la forme, au remplacement de six vitraux du XIXe siècle dans la cathédrale Notre-Dame de Paris. Dans une décision rendue mardi 19 mai 2026, le juge des référés du tribunal administratif de Paris a rejeté la demande de suspension formulée par deux associations. Celles-ci contestaient la décision du préfet de la région Île-de-France, autorisant la dépose, la restauration et le remplacement de vitraux ornementaux datant de 1864, situés dans le bas-côté sud de la nef. Selon Franceinfo - Culture, ces nouveaux vitraux, créés par l’artiste contemporaine Claire Tabouret, doivent être installés courant 2026 et ont été présentés au Grand Palais en décembre 2025.
Ce qu'il faut retenir
- Six vitraux du XIXe siècle, réalisés par Viollet-le-Duc, doivent être remplacés par des œuvres contemporaines signées Claire Tabouret, installées en 2026.
- La justice administrative a validé le projet, rejetant la demande de suspension déposée par deux associations le 19 mai 2026.
- Les vitraux actuels, encrassés mais non endommagés par l’incendie de 2019, seront nettoyés, préservés et exposés dans un musée, contrairement aux allégations de destruction avancées par certains opposants.
- Le coût du projet s’élève à au moins sept millions d’euros, et non quatre comme l’a affirmé Nicolas Dupont-Aignan, incluant la présentation muséographique des anciens vitraux.
- L’initiative a été portée initialement par l’archevêque de Paris, Laurent Ulrich, avant d’être soutenue par Emmanuel Macron.
Un projet né de l’initiative de l’archevêque de Paris
Contrairement aux affirmations relayant une décision personnelle d’Emmanuel Macron, le projet de remplacement des vitraux trouve son origine dans une lettre adressée par Laurent Ulrich, archevêque de Paris, au président de la République le 4 décembre 2023. Publiée par RTL, cette missive exprimait le souhait de voir « quelques vitraux nouveaux, dans l’une ou l’autre chapelle » de Notre-Dame, comme une « contribution à l’histoire de cette église et de Paris ». L’archevêque y suggérait également l’organisation d’un « concours d’artistes ouvert ».
Quelques jours plus tard, le 8 décembre 2023, Emmanuel Macron déclarait vouloir « imprimer la marque du XXIe siècle sur la cathédrale ». La présidence de la République, en collaboration avec le diocèse de Paris, a ensuite lancé un appel d’offres pour choisir l’artiste contemporaine chargée de réaliser les nouveaux vitraux. Sans ce soutien présidentiel, le projet n’aurait pu aboutir, confirme Franceinfo - Culture.
Des oppositions virulentes, portées notamment par Nicolas Dupont-Aignan
Le remplacement des vitraux, critiqué pour son manque de respect envers le patrimoine historique, a suscité une vive polémique. Nicolas Dupont-Aignan, président du parti Debout la France et candidat à l’élection présidentielle de 2027, a dénoncé dans une vidéo publiée sur X un « caprice présidentiel d’Emmanuel Macron à 4 millions d’euros ». Il y évoque « la mégalomanie de l’homme » et affirme que les anciens vitraux seront « détruits ».
Ces déclarations, relayées massivement, reposent cependant sur des approximations. Les vitraux de Viollet-le-Duc, bien que remplacés, ne seront pas détruits mais restaurés et exposés dans un musée, dont le lieu reste encore à déterminer. Quant au coût du projet, il atteint au moins sept millions d’euros, selon les dernières estimations du ministère de la Culture en janvier 2026. Ce montant inclut les frais de restauration des anciens vitraux et leur future présentation muséographique, un poste de dépense non encore chiffré en janvier dernier.
Un débat entre préservation du patrimoine et création contemporaine
Les six vitraux concernés, issus de l’œuvre de Viollet-le-Duc, datent de 1864 et ornent le bas-côté sud de la nef. Contrairement à une idée reçue, ils n’ont pas été endommagés par l’incendie d’avril 2019, mais se sont simplement encrassés avec le temps. Leur remplacement par des créations contemporaines, comme celles de Claire Tabouret, s’inscrit dans une volonté de moderniser partiellement le monument, tout en respectant sa dimension historique.
Cette approche divise les spécialistes. Certains y voient une opportunité de mêler patrimoine et création actuelle, tandis que d’autres, comme les associations ayant saisi la justice, dénoncent une atteinte à l’intégrité historique de la cathédrale. Le débat dépasse le simple cadre esthétique : il interroge la place de la modernité dans un monument chargé de siècles d’histoire, symbole à la fois religieux, culturel et national.
Ce projet, qui cristallise les tensions entre tradition et innovation, laisse en suspens plusieurs questions. Quel musée abritera les vitraux de Viollet-le-Duc ? Comment sera assurée la préservation de ces œuvres historiques après leur retrait de la cathédrale ? Enfin, ce remplacement annonce-t-il une série d’interventions similaires, ou s’agit-il d’un cas isolé dans la restauration de Notre-Dame ? Autant de réponses qui dépendront des prochaines étapes, à suivre de près dans les mois à venir.
L’idée émane initialement de l’archevêque de Paris, Laurent Ulrich, qui souhaitait ajouter une touche contemporaine au monument après l’incendie de 2019. Soutenu par Emmanuel Macron, le projet vise à inscrire une œuvre du XXIe siècle dans l’histoire de Notre-Dame, tout en respectant partiellement son héritage. Les vitraux actuels, bien que non endommagés par le feu, étaient encrassés et jugés peu adaptés à la lumière moderne.
Contrairement aux affirmations de Nicolas Dupont-Aignan, ces vitraux ne seront pas détruits. Ils seront nettoyés, restaurés, puis exposés dans un musée. Le lieu de cette présentation reste à définir, et son coût n’a pas encore été précisé par les autorités culturelles.