Une avancée saluée par les familles. Un décret publié ce dimanche 9 août au Journal officiel impose aux établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) de publier chaque année trois nouveaux indicateurs de qualité auprès de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). Ces données, qui concernent notamment le taux d’encadrement, l’absentéisme et la rotation du personnel, seront accessibles au grand public dès leur collecte.

Selon Franceinfo - Santé, cette mesure vise à renforcer la transparence des établissements et à offrir aux familles des éléments concrets pour choisir un Ehpad. « Tout ce qui peut être plus transparent est forcément une bonne nouvelle », a réagi Annie Rousseau, vice-présidente de l’association Familles de résidents en Ehpad, interrogée par Franceinfo ce 9 août 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Un décret publié dimanche 9 août 2026 au Journal officiel impose aux Ehpad de transmettre trois nouveaux indicateurs à la CNSA chaque année.
  • Les données rendues publiques concernent le taux d’encadrement, le taux d’absentéisme et le taux de rotation du personnel.
  • Ces indicateurs permettront aux familles de mieux évaluer la qualité des établissements avant un placement.
  • Annie Rousseau, vice-présidente de l’association Familles de résidents en Ehpad, salue cette avancée pour la transparence.
  • La publication de ces taux pourrait inciter les établissements à améliorer leurs pratiques en matière de gestion des ressources humaines.
  • Les maisons de retraite non rattachées à une fédération pourront également être évaluées grâce à ces données.

Des indicateurs censés refléter la qualité des soins

Le décret précise que les trois indicateurs désormais obligatoires sont le taux d’encadrement des résidents par le personnel médical, paramédical et socio-éducatif, le taux d’absentéisme du personnel et le taux de rotation du personnel. Ces données, centralisées par la CNSA, seront publiées chaque année afin d’éclairer le choix des familles et des résidents.

Pour Annie Rousseau, cette mesure répond à un besoin criant d’informations accessibles. « Il y a des tas de choses que l’on ne soupçonne pas avant d’être concerné par l’entrée en Ehpad de ses parents », explique-t-elle. Selon elle, la publication du taux d’encadrement permettra aux établissements de « faire plus attention » à cet aspect essentiel de la qualité des soins. Le turnover du personnel, souvent perçu comme un révélateur des difficultés internes, sera également scruté de près.

Une transparence attendue par les familles

Les associations de familles attendaient depuis longtemps une telle mesure. La publication de ces indicateurs répond à une demande récurrente de transparence dans un secteur souvent critiqué pour son manque de lisibilité. Annie Rousseau souligne que ces données permettront aux familles de disposer d’informations « objectives » pour comparer les établissements, y compris ceux qui ne sont pas affiliés à une fédération.

« Identifier le *turn-over* dans les Ehpad est important, car il est révélateur de la santé de l’établissement », insiste la vice-présidente de l’association. Elle espère que cette mesure encouragera les directions à mieux gérer leurs ressources humaines et à offrir des conditions de travail plus stables à leurs équipes. « Ces mesures peuvent aussi permettre d’avoir plus d’informations concernant les maisons de retraite qui ne sont rattachées à aucune fédération d’Ehpad », ajoute-t-elle.

Un contexte marqué par des tensions récurrentes dans le secteur

Le secteur des Ehpad traverse depuis plusieurs années une période difficile, marquée par des pénuries de personnel, des conditions de travail précaires et des critiques répétées sur la qualité des prises en charge. En 2023, une enquête de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) avait révélé des dysfonctionnements majeurs dans certains établissements, notamment en matière de sous-effectifs et de gestion des ressources humaines.

Dans ce contexte, la publication de ces indicateurs s’inscrit dans une volonté de renforcer le contrôle et la responsabilité des établissements. La CNSA, qui centralisera et publiera les données, joue un rôle clé dans cette démarche. Ses missions incluent désormais la diffusion d’informations fiables pour éclairer les décisions des familles et des pouvoirs publics.

Et maintenant ?

La première publication des indicateurs est attendue pour mi-2027, une fois que les établissements auront collecté et transmis les données pour l’année 2026. La CNSA devra ensuite mettre en place une plateforme accessible au public pour consulter ces informations, probablement via son site internet. Les associations de familles et les fédérations d’Ehpad devraient suivre de près l’application de ce décret et interpeller les pouvoirs publics si les données s’avèrent incomplètes ou peu exploitables.

Reste à voir si cette mesure suffira à rassurer les familles ou si d’autres indicateurs, comme la qualité des repas ou l’état des locaux, devront être ajoutés à l’avenir. Dans tous les cas, cette avancée marque une étape importante vers une plus grande accountability des établissements.

Pour l’heure, les professionnels du secteur et les familles peuvent commencer à se familiariser avec ces nouveaux critères. Si leur publication est saluée, leur impact réel dépendra de la manière dont ils seront utilisés par les acteurs du secteur et par les pouvoirs publics.

Tous les Ehpad, qu’ils soient publics, privés à but lucratif ou privés non lucratifs, sont concernés par ce décret. Les données devront être transmises chaque année à la CNSA, qui les publiera ensuite sur une plateforme accessible au grand public.

Les premières données devraient être publiées d’ici mi-2027, une fois que les établissements auront collecté et transmis les informations pour l’année 2026. La CNSA a pour mission de mettre en place une plateforme dédiée pour faciliter l’accès à ces données.