Un nouveau scandale de revente de données impliquant cette fois les services de police vient d’émerger, quelques semaines après le retentissant dossier concernant le fisc. Journal du Coin révèle des pratiques similaires, où des informations sensibles auraient été monétisées en dehors des circuits légaux, mettant en cause la confidentialité des données des citoyens.
Ce qu'il faut retenir
- Plusieurs centaines de milliers de données personnelles auraient été revendues illégalement, selon des sources internes citées par Journal du Coin.
- Les faits concernent principalement des services fiscaux et des unités policières, avec des traces documentées depuis 2023.
- Une enquête administrative a été ouverte en urgence, mais ses conclusions ne sont pas encore connues.
- Les associations de défense des libertés numériques dénoncent un défaut structurel de contrôle dans l’administration.
- Le ministère de l’Intérieur a nié toute responsabilité directe, tout en reconnaissant des « dysfonctionnements ».
Des méthodes déjà identifiées dans le scandale du fisc
Les mécanismes décrits par Journal du Coin s’apparentent à ceux révélés en avril dernier concernant le fisc. Des agents auraient accédé à des bases de données fiscales pour les revendre à des tiers, notamment des sociétés de recouvrement ou des plateformes de ciblage commercial. Dans le cas présent, ce sont des fichiers policiers qui auraient fait l’objet de transactions illicites.
Les données concernées porteraient sur des adresses, numéros de téléphone, historiques de paiements ou encore des signalements. Leur revente aurait permis à des acteurs privés d’enrichir des bases de profilage commercial, selon les documents consultés par le média.
Une faille systémique dans la gestion des données publiques
Les investigations menées par Journal du Coin mettent en lumière l’absence de traçabilité dans l’accès aux fichiers sensibles. Plusieurs sources au sein de l’administration ont confirmé à ce journal que les protocoles de sécurité étaient régulièrement contournés, faute de contrôles suffisants. « On savait que le fisc était vulnérable, mais la police ? C’est encore plus inquiétant », a réagi un ancien haut fonctionnaire sous couvert d’anonymat.
Les syndicats policiers ont pour leur part dénoncé un manque de moyens pour assurer la protection des données, dans un contexte de digitalisation accélérée des services. « Les outils informatiques sont obsolètes, et les formations insuffisantes », a indiqué le secrétaire général du syndicat Alliance Police.
Réactions politiques et appel à une réforme en profondeur
Dès l’annonce des premières révélations, le gouvernement a tenté de minimiser l’affaire. « Il s’agit de cas isolés, et des mesures correctives sont déjà en cours », a affirmé le ministre délégué chargé des Comptes publics, Gabriel Attal, lors d’une conférence de presse. Pourtant, les associations de défense des libertés numériques exigent une enquête parlementaire.
« Ces scandales à répétition montrent que le problème est systémique », a déclaré La Quadrature du Net dans un communiqué. L’organisation rappelle que la loi Informatique et Libertés de 1978, pourtant révisée en 2018, reste inappliquée faute de sanctions dissuasives.
« On a affaire à une culture du secret et de l’impunité dans l’administration. Tant que les responsables ne seront pas tenus pour coupables, rien ne changera. »
— Benjamin Bayart, porte-parole de la Quadrature du Net
Alors que les scandales de revente de données se multiplient, la question de la protection des informations personnelles reste plus que jamais au cœur des débats. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si l’État saura enfin garantir la confidentialité des données qu’il collecte.
Selon Journal du Coin, il s’agirait principalement d’adresses, numéros de téléphone, historiques de paiements et signalements policiers. Certaines sources évoquent également des profils de citoyens fichés dans des enquêtes administratives.