À l’issue des élections municipales de 2026, les présidents des principales intercommunalités françaises ont été désignés lors d’un « troisième tour » souvent discret, mais aux enjeux majeurs. Transports, gestion de l’eau, traitement des déchets ou encore urbanisme : ces territoires, qui regroupent parfois des millions d’habitants, voient leurs orientations stratégiques désormais pilotées par de nouveaux responsables. Le Monde – Politique dresse le portrait des personnalités qui prennent les rênes de ces structures puissantes, parfois marquées par des surprises dans les urnes.
Ce qu'il faut retenir
- Les présidents des intercommunalités, souvent surnommées « intercos », sont élus après les municipales et détiennent des pouvoirs étendus sur des sujets clés comme les transports ou la gestion de l’eau.
- Plusieurs surprises ont émaillé ces élections, avec des changements de majorité dans certaines grandes métropoles.
- Les nouveaux dirigeants devront composer avec des défis majeurs, notamment en matière de transition écologique et de coordination territoriale.
Des élus aux pouvoirs étendus, parfois mal connus du grand public
Les intercommunalités, ces regroupements de communes qui forment des ensembles souvent plus peuplés que certaines régions, concentrent des compétences essentielles. À leur tête, les présidents élus en 2026 disposent d’un pouvoir d’influence comparable à celui des maires des grandes villes. Transports, assainissement, collecte des déchets, mais aussi politique du logement ou développement économique : autant de leviers sur lesquels ces nouveaux dirigeants vont désormais peser. Le Monde – Politique souligne que ces élections, bien que moins médiatisées que les municipales, « façonnent les politiques publiques à l’échelle de bassins de vie entiers ».
Parmi les figures montantes, on retrouve des maires sortants reconduits à la tête de leurs intercommunalités, comme Michaël Delafosse à Montpellier Méditerranée Métropole, où il a été réélu avec une large majorité. À l’inverse, certaines surprises ont émaillé le scrutin. C’est le cas à Strasbourg Eurométropole, où la liste menée par Pia Imbs a remporté la présidence face au sortant, marquant un tournant politique dans cette collectivité frontalière.
Des résultats parfois inattendus, révélateurs des rapports de force locaux
Si certaines élections se sont déroulées sans surprise, d’autres ont réservé des rebondissements. À Lyon, la présidente sortante Grégory Doucet a conservé son poste, mais avec une majorité plus étroite qu’attendu, reflétant les tensions politiques locales. Dans la Métropole de Grenoble Alpes, c’est Olivier Noble, jusqu’alors vice-président, qui a été élu à la présidence, succédant à Christophe Ferrari, qui ne se représentait pas.
« Ces élections confirment que les intercommunalités sont devenues des territoires de pouvoir à part entière », a analysé un politologue cité par Le Monde – Politique. Les résultats montrent aussi une montée en puissance des écologistes dans ces instances, même si les majorités restent souvent fragiles, composées d’alliances hétéroclites.
Des défis immédiats pour les nouveaux dirigeants
Dès leur prise de fonction, les présidents des intercommunalités devront affronter des enjeux pressants. La transition écologique, avec la mise en œuvre de zones à faibles émissions (ZFE) ou le développement des transports en commun, figure en tête de leurs priorités. À Nice Côte d’Azur, par exemple, la nouvelle présidente Estelle Rossi a promis de « accélérer la décarbonation des mobilités », un dossier sensible dans une métropole touristique.
Autre dossier brûlant : la gestion de l’eau. Plusieurs intercommunalités, notamment dans le Sud-Est, font face à des tensions sur la ressource, aggravées par les épisodes de sécheresse récurrents. À Toulouse Métropole, où Jean-Luc Moudenc a été reconduit, la question de la préservation des nappes phréatiques sera un dossier clé pour les prochaines années.
Dans un contexte où l’État réduit progressivement ses dotations aux collectivités, les intercommunalités devront aussi faire preuve d’inventivité pour financer leurs projets. La question des recettes propres, comme la taxe foncière ou les redevances pour services publics, sera donc au cœur des débats à venir.
Parmi les intercommunalités les plus peuplées ayant renouvelé leur présidence en 2026 figurent la Métropole de Lyon (1,4 million d’habitants), la Métropole de Lille (1,2 million), et la Métropole de Toulouse (800 000 habitants). D’autres structures comme Montpellier Méditerranée Métropole (450 000 habitants) ou Bordeaux Métropole (800 000 habitants) ont également vu leur présidence changer de mains.