Le député européen et coordinateur national de La France Insoumise, Manuel Bompard, a réaffirmé ce lundi 8 juin 2026 son souhait d’engager un « processus de décolonisation et d’indépendance » en Nouvelle-Calédonie. Selon BFM – Politique, cette prise de position s’inscrit dans un contexte politique particulièrement tendu sur l’archipel du Pacifique, où les questions institutionnelles et identitaires restent au cœur des débats.
Ce qu'il faut retenir
- Manuel Bompard, député européen et coordinateur de LFI, réclame un processus de décolonisation et d’indépendance pour la Nouvelle-Calédonie.
- Le député a également réagi aux déclarations de Gérald Darmanin concernant les 70 000 plaintes impliquant des enfants.
- La mort de Lyhanna, évoquée à plusieurs reprises par Bompard, a relancé les critiques sur la gestion des dossiers sensibles par la justice et les forces de l’ordre.
- Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a reconnu un « échec » dans cette affaire tout en refusant de démissionner.
- Louis Aliot, vice-président du RN, a dénoncé l’absence de moyens pour traiter les procédures en stock.
Une position claire de LFI sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie
Manuel Bompard a réitéré son soutien à l’idée d’un processus de décolonisation et d’indépendance pour la Nouvelle-Calédonie, une position qui s’inscrit dans la continuité des revendications portées par une partie de l’échiquier politique local. D’après BFM – Politique, le député a souligné l’urgence de faire évoluer le statut de l’archipel, souvent présenté comme une relique des anciennes colonies françaises.
Cette déclaration intervient alors que les tensions persistent sur l’île, notamment sur les questions de souveraineté et d’autodétermination. Bompard, connu pour ses prises de position tranchées, a rappelé que la Nouvelle-Calédonie devait, selon lui, « bénéficier du même droit à l’autodétermination que d’autres territoires ». Il a également évoqué la nécessité d’un accompagnement politique et social pour les populations concernées, sans pour autant détailler les modalités concrètes de ce processus.
Le dossier des plaintes impliquant des enfants : un sujet explosif
Outre ses déclarations sur la Nouvelle-Calédonie, Manuel Bompard a critiqué la gestion des 70 000 plaintes impliquant des enfants, un chiffre qui a été réexaminé après la mort de Lyhanna, une fillette de 10 ans dont le cas a mis en lumière les dysfonctionnements des services sociaux et judiciaires. Selon le député, la reprise de ces dossiers par Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, relève davantage d’un « coup de communication indécent » que d’une solution structurelle.
Bompard a rappelé que « quand un enfant vient parler, il faut, en face, un enquêteur qui soit formé », un constat qui reflète selon lui les lacunes persistantes dans le traitement des affaires concernant les mineurs. Le député a également pointé du doigt l’absence de moyens alloués aux magistrats et aux forces de l’ordre pour traiter ces dossiers dans des délais raisonnables.
La mort de Lyhanna : un symbole des failles systémiques
La mort de Lyhanna, survenue en 2025, a révélé des dysfonctionnements majeurs dans la protection de l’enfance en France. Bompard a plusieurs fois souligné que « ce que révèle cette tragédie, c’est un problème systémique », une analyse partagée par d’autres personnalités politiques, dont Louis Aliot, vice-président du Rassemblement National. Ce dernier a dénoncé l’incapacité de la justice et des forces de l’ordre à « juguler le flux de procédures en stock », un constat qui rejoint les critiques formulées par Bompard sur le manque de moyens.
Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a reconnu pour sa part que « cette affaire est un échec [...] C’est un drame qui aurait pu être évité ». Interrogé sur une éventuelle démission, il a répondu : « Je ne suis pas propriétaire de ma charge », confirmant ainsi son maintien au gouvernement malgré les critiques.
Les réactions politiques et les tensions sur l’échiquier national
Le dossier de la protection de l’enfance et celui de la Nouvelle-Calédonie ont servi de toile de fond à des échanges politiques tendus. Jean-Luc Mélenchon, candidat LFI à l’élection présidentielle de 2027, a profité de la polémique pour dénoncer « le suprémacisme porté par le RN » en France. De son côté, Louis Aliot a rendu hommage à Bernadette Chirac, saluant son « lien avec le peuple », une déclaration qui illustre les clivages persistants entre les forces politiques.
Ces débats surviennent à quelques mois d’échéances électorales majeures, dans un contexte où les questions de sécurité et de justice occupent une place centrale dans le débat public. La crise institutionnelle en Nouvelle-Calédonie et les dysfonctionnements dans la protection de l’enfance pourraient, selon les observateurs, influencer les stratégies des partis en lice pour les prochains scrutins.
Le gouvernement devra également clarifier sa position sur les modalités d’un éventuel processus de décolonisation en Nouvelle-Calédonie, un dossier qui risque de s’inviter dans les débats parlementaires d’ici la fin de l’année.
Manuel Bompard, coordinateur national de La France Insoumise, défend l’idée que la Nouvelle-Calédonie doit bénéficier d’un droit à l’autodétermination, au même titre que d’autres territoires ayant été sous administration coloniale française. Selon lui, cette démarche s’inscrit dans une logique de justice historique et de respect des populations locales, comme il l’a plusieurs fois souligné lors de ses prises de parole.