Selon Frandroid, un haut responsable de Nvidia a évoqué une projection ambitieuse pour les prochaines décennies : le nombre de robots en activité dans le monde pourrait dépasser celui des humains. Cette prédiction, qualifiée de « folle » par certains observateurs, s’inscrit dans un horizon de dix à vingt ans, soit entre 2036 et 2046.

Ce qu'il faut retenir

  • Une inversion démographique : le nombre de robots pourrait excéder celui des humains dans 10 à 20 ans, selon Nvidia.
  • Des dizaines de milliards d’unités : la firme évoque un marché colossal, bien au-delà des quelques millions de robots industriels actuels.
  • Un bouleversement économique : cette transition soulève des questions sur l’emploi, la productivité et l’organisation des sociétés.

Une prédiction basée sur l’accélération technologique

Le responsable de Nvidia, dont le nom n’a pas été révélé par Frandroid, s’appuie sur l’évolution rapide des technologies d’intelligence artificielle et de robotique. « Les avancées en matière de capteurs, de calcul et d’algorithmes rendent désormais possible la démocratisation des robots », a-t-il expliqué. Autant dire que la baisse des coûts et l’amélioration des performances pourraient rendre ces machines accessibles à grande échelle, bien au-delà des secteurs industriels traditionnels.

Pour l’instant, le parc mondial de robots reste modeste : selon la Fédération internationale de robotique (IFR), environ 3 millions de robots industriels étaient en service en 2025. Un chiffre qui pourrait être multiplié par dix, voire cent, d’ici deux décennies.

Quels secteurs seront les premiers concernés ?

Si la prédiction de Nvidia semble futuriste, certains domaines pourraient servir de catalyseurs. Les robots de service – comme ceux dédiés à la logistique, au nettoyage ou à l’assistance aux personnes âgées – sont déjà en plein essor. Côté industriel, l’automatisation des chaînes de production, couplée à l’IA générative, accélère la transition. « Les usines intelligentes, où humains et robots collaborent, pourraient devenir la norme d’ici 2035 », a précisé le responsable de Nvidia.

Les services publics ne sont pas en reste : des expérimentations existent déjà pour des robots pompiers, des drones médicaux ou des assistants éducatifs. Mais ces applications restent aujourd’hui marginales, faute de cadre réglementaire et d’acceptation sociale.

Les défis à relever avant une généralisation

Si le scénario de Nvidia séduit par son ambition, il soulève plusieurs obstacles. D’abord, la question des coûts : produire des robots à grande échelle reste onéreux, même si les prix baissent. Ensuite, l’éthique et la sécurité : comment garantir que ces machines agiront de manière responsable, sans risque pour les humains ?

Enfin, la transition économique sera brutale pour certains secteurs. Selon une étude de McKinsey citée par Frandroid, jusqu’à 30 % des tâches actuelles pourraient être automatisées d’ici 2030. Les métiers manuels, mais aussi administratifs, seront les plus touchés, nécessitant des reconversions massives.

Et maintenant ?

Plusieurs échéances pourraient accélérer ou freiner cette transition. D’ici 2028, les premières normes internationales sur l’IA embarquée dans les robots devraient être adoptées. En Europe, le règlement sur l’IA, entré en vigueur en 2024, commence à s’appliquer progressivement, imposant des garde-fous aux développeurs.

Côté investissements, les géants de la tech – Nvidia en tête – misent massivement sur la robotique. Mais le vrai décollage dépendra aussi de l’adoption par les PME et les États. Pour l’instant, rien n’est joué : la prédiction de Nvidia reste un pari technologique et sociétal.

Une chose est sûre : l’équilibre entre innovation et régulation sera au cœur des débats des prochaines années. À l’heure où les intelligences artificielles génératives transforment déjà le travail, la robotique pourrait bien être le prochain grand bouleversement – ou la prochaine grande illusion.

Selon les analystes, la Chine, les États-Unis et le Japon devraient être en tête, grâce à des écosystèmes industriels et technologiques solides. La Corée du Sud et l’Allemagne, avec leurs politiques publiques volontaristes, pourraient aussi jouer un rôle clé. En Europe, la France tente de rattraper son retard, notamment via des programmes comme France 2030.