Le géant américain des puces électroniques Nvidia a publié mercredi 26 août 2026 des résultats trimestriels bien au-delà des prévisions des analystes, confirmant son statut de leader incontesté de l’intelligence artificielle et des centres de données. Selon Euronews FR, le groupe affiche un chiffre d’affaires de 96,2 milliards de dollars (82,4 milliards d’euros), soit une hausse de 117 % sur un an, et dépasse les 92,2 milliards de dollars (79 milliards d’euros) attendus par Wall Street. Jensen Huang, son directeur général, a qualifié l’IA d’« point d’inflexion » dans un communiqué, soulignant que « la puissance de calcul est désormais directement convertible en chiffre d’affaires ».
Ce qu'il faut retenir
- Nvidia enregistre un chiffre d’affaires trimestriel de 96,2 milliards de dollars, en forte hausse de 117 % sur un an, contre 92,2 milliards attendus par les analystes.
- Le groupe anticipe un nouveau record pour le trimestre en cours, avec un chiffre d’affaires projeté à 108 milliards de dollars (92,5 milliards d’euros).
- La capitalisation boursière de Nvidia dépasse les 5 000 milliards de dollars, pesant davantage que le PIB du Japon.
- Le titre a brièvement reculé après l’annonce avant de se redresser en clôture, perpétuant un schéma récurrent de résultats dépassant les attentes sans entraîner de hausse durable du cours.
- Le groupe mise sur ses puces Blackwell et annonce le lancement prochain de la génération Vera Rubin, dédiée aux centres de données d’IA.
- Nvidia investit massivement dans des infrastructures, avec un engagement de 105 milliards de dollars pour un centre de données d’OpenAI dans l’Ohio, et un partenariat de 500 milliards de dollars pour financer des projets de centres de données.
Des résultats record, mais un schéma boursier déroutant
Nvidia pulvérise les attentes des marchés avec un chiffre d’affaires de 96,2 milliards de dollars pour le deuxième trimestre 2026, selon Euronews FR. Cette performance, en progression de 117 % par rapport à l’année précédente, dépasse largement les 92,2 milliards anticipés par les analystes de Wall Street. Pourtant, malgré ce bond spectaculaire, le cours de l’action a d’abord reculé après l’annonce, avant de se reprendre en fin de séance. Un scénario devenu récurrent pour Nvidia : le titre dépasse systématiquement les prévisions, mais le marché réagit avec une certaine méfiance, comme ce fut le cas au premier trimestre 2026, où l’action avait perdu près de 5 % dans les jours suivant la publication des résultats.
Cette dynamique illustre une tension persistante entre la croissance explosive du groupe et les interrogations des investisseurs. « L’entreprise doit désormais surpasser un consensus déjà très optimiste, ou fournir des prévisions encore plus ambitieuses, pour espérer une réaction positive du marché », analyse un observateur. La capitalisation boursière de Nvidia, qui s’élève à plus de 5 000 milliards de dollars (4 300 milliards d’euros), dépasse désormais le produit intérieur brut du Japon, quatrième économie mondiale. Autant dire que chaque trimestre pèse d’un poids démesuré sur les marchés.
L’IA franchit un cap, selon Jensen Huang
Pour Jensen Huang, le directeur général de Nvidia, l’intelligence artificielle a atteint un « point d’inflexion ». Dans un communiqué, il a déclaré : «
L’IA réalise désormais un travail utile. Ses tokens sont productifs et rentables. Désormais, la puissance de calcul, c’est du chiffre d’affaires, et la demande s’accélère.» Ces propos ont été interprétés comme un signal fort de la part du géant américain, qui mise sur l’IA générative et les centres de données pour alimenter sa croissance future. Le groupe anticipe d’ailleurs un chiffre d’affaires de 108 milliards de dollars (92,5 milliards d’euros) pour le troisième trimestre 2026, un niveau encore supérieur aux attentes des analystes.
Cette vision s’appuie sur un carnet de commandes évalué à près de 1 000 milliards de dollars pour 2026 et 2027, bien que ce chiffre repose sur des déclarations internes non vérifiées par des audits indépendants. Nvidia mise aussi sur l’innovation technologique, avec le lancement imminent de sa nouvelle génération de puces, Vera Rubin, nommée en hommage à l’astronome américaine du même nom. Cette puce succédera à Blackwell, actuelle star des centres de données, et s’inscrit dans une tradition de Nvidia qui baptise ses architectures du nom de scientifiques : Ampere, Hopper ou encore Turing.
Une dépendance aux géants du numérique et des défis géopolitiques
Malgré ses résultats exceptionnels, Nvidia reste confronté à un enjeu majeur : sa dépendance excessive à quelques clients clés. Selon Euronews FR, le groupe tire encore l’essentiel de ses revenus d’Amazon, Google et Microsoft. Or, ces derniers investissent massivement dans le développement de leurs propres puces pour réduire cette dépendance. « La croissance de Nvidia dépend aujourd’hui de la capacité de ces clients à continuer de lui acheter des puces, alors qu’ils cherchent à s’affranchir de cette relation », explique un analyste.
Autre source d’inquiétude : la politique d’exportation vers la Chine, l’un des marchés les plus volatils pour Nvidia. Après une interdiction en avril 2025 de la puce H20, spécialement conçue pour le marché chinois, Washington a finalement autorisé la livraison de la puce plus performante H200 à des clients triés sur le volet. Des volumes importants seraient destinés à des groupes comme ByteDance et Tencent, bien que Pékin encourage désormais les entreprises locales à privilégier les alternatives nationales. « Cette volatilité réglementaire ajoute une incertitude supplémentaire pour un groupe déjà sous la pression des marchés », souligne une source proche du dossier.
Des investissements massifs pour soutenir la demande en IA
Face aux doutes persistants sur la rentabilité des investissements dans l’IA, Nvidia a choisi de prendre les devants en participant activement au financement des infrastructures nécessaires. Le groupe a annoncé la création d’un pool de capital de 500 milliards de dollars (428 milliards d’euros) avec six gestionnaires d’actifs de Wall Street, destiné à financer des projets de centres de données. Parallèlement, Nvidia s’est engagé à investir jusqu’à 105 milliards de dollars (90 milliards d’euros) pour soutenir la construction d’un centre de données géant pour OpenAI dans le comté de Pike, dans l’Ohio. Ce projet, d’une capacité initiale de 4,25 gigawatts, avec une option pour 3,75 gigawatts supplémentaires, témoigne de l’ampleur des moyens déployés par le groupe pour accompagner la révolution de l’IA.
Ces annonces s’inscrivent dans un contexte où les marchés doutent de la capacité des immenses investissements dans l’IA à générer des retours sur investissement suffisants. « Les commentaires de Jensen Huang sur la trajectoire de la demande jusqu’en 2027 sont scrutés avec attention, d’autant que les marchés ont reculé en juillet, minés par ces incertitudes », rappelle Euronews FR.
Un contexte économique toujours tendu
Les résultats de Nvidia s’inscrivent dans une semaine marquée par des indicateurs économiques décevants aux États-Unis. Selon Euronews FR, l’indice des dépenses de consommation des ménages (PCE), indicateur privilégié par la Réserve fédérale, a progressé de 0,2 % en juillet, contre 0,1 % attendu, maintenant le rythme annuel à 3,7 %. L’inflation sous-jacente reste stable à 3,3 % sur un an, au-dessus de l’objectif de 2 % fixé par la Fed. Dans ce contexte, les marchés évaluent à 40 % la probabilité d’une nouvelle hausse des taux directeurs en septembre. Les actions américaines ont évolué sans direction marquée mercredi, après cette publication, tandis que les rendements des bons du Trésor ont légèrement remonté, signe d’une anticipation de resserrement monétaire.
Les prix du pétrole, quant à eux, ont reculé à l’issue d’une séance volatile, reflétant les tensions persistantes sur les marchés énergétiques. Autant de facteurs qui rappellent que, malgré les records de Nvidia, l’environnement macroéconomique reste marqué par des incertitudes majeures.
Le schéma est désormais bien établi : Nvidia dépasse systématiquement les attentes des analystes, mais le marché réagit avec méfiance. Les investisseurs attendent des annonces encore plus ambitieuses ou des prévisions encore plus optimistes pour traduire ces performances en hausse durable du cours. Par ailleurs, les doutes sur la rentabilité des investissements massifs dans l’IA et la dépendance du groupe à quelques clients clés alimentent cette prudence.