Le géant des puces électroniques Nvidia a publié mercredi des résultats trimestriels largement supérieurs aux prévisions, confirmant sa position dominante dans le secteur de l’intelligence artificielle. Selon Euronews FR, l’entreprise a enregistré un chiffre d’affaires de 96,2 milliards de dollars (82,4 milliards d’euros) pour le trimestre clos le 26 août 2026, soit une hausse de près de 5 % par rapport aux attentes des analystes.
Cette performance s’accompagne d’une révision à la hausse des prévisions pour le trimestre suivant, avec un objectif fixé à 108 milliards de dollars (92,5 milliards d’euros), là encore au-dessus des estimations. Un optimisme qui se prolonge pour l’exercice 2028, la directrice financière Colette Kress évoquant une croissance potentielle de 70 % pour cette année-là, bien au-delà des 45 % anticipés par le consensus des marchés.
Ce qu'il faut retenir
- Nvidia a réalisé un chiffre d’affaires trimestriel de 96,2 milliards de dollars, dépassant les attentes de 92,2 milliards.
- Le groupe vise 108 milliards de dollars pour le prochain trimestre, un objectif ambitieux.
- Prévision de croissance de 70 % en 2028, contre 45 % attendus par les analystes.
- Bénéfice ajusté de 2,22 dollars par action, supérieur aux 2,09 dollars escomptés.
- Ventes en Chine en hausse de près de 100 % sur un an, mais l’activité IA reste exclue des projections futures.
- Lancement imminent de la puce Vera Rubin, conçue pour répondre à la demande croissante en infrastructures IA.
Des résultats records, portés par l’IA et une demande en accélération
Avec un chiffre d’affaires de 96,2 milliards de dollars, Nvidia pulvérise les attentes des analystes, qui tablaient sur 92,2 milliards. Le bénéfice ajusté par action s’établit quant à lui à 2,22 dollars, contre 2,09 dollars attendus. Ces performances s’expliquent par une demande soutenue en puces spécialisées, notamment celles de la gamme Blackwell, qui équipent aujourd’hui la majorité des centres de données dédiés à l’IA.
Le directeur général Jensen Huang a souligné dans un communiqué que « l’IA a atteint son point d’inflexion ». Il a précisé : « Elle accomplit désormais des tâches utiles. Ses jetons sont productifs et rentables. Désormais, la puissance de calcul se traduit en revenus, et la demande s’accélère. » Ces déclarations ont rassuré les investisseurs, qui ont salué des perspectives plus solides qu’anticipé. Le titre, initialement en baisse de 1,6 % en séance, a finalement rebondi de plus de 4 % après l’annonce des résultats.
Une croissance qui interroge sur sa soutenabilité à long terme
Si Nvidia affiche une santé financière éclatante, la question de la répartition de cette croissance se pose. L’entreprise reste fortement dépendante de quelques grands clients comme Amazon, Google et Microsoft, qui développent désormais leurs propres puces pour réduire leur dépendance. OpenAI a encore accentué cette pression en annonçant que son processeur interne, Jalapeno, surpassait les modèles actuels de Nvidia lors de tests, même si ces comparaisons excluaient les puces plus récentes comme la Vera Rubin.
Pourtant, les investissements massifs de Nvidia dans les infrastructures IA pourraient bien inverser cette tendance. Le groupe a annoncé la constitution d’un pool de capital de 500 milliards de dollars avec six sociétés de gestion de Wall Street pour financer des centres de données. Par ailleurs, Nvidia s’est engagé à hauteur de 105 milliards de dollars pour soutenir un projet de centre de données d’OpenAI dans l’Ohio, doté d’une capacité initiale de 4,25 gigawatts.
La Chine, un marché sous tension pour Nvidia
Le retour prudent de Nvidia sur le marché chinois reste un sujet de préoccupation. Après une interdiction en avril 2025 de la vente de la puce H20, Washington a autorisé la livraison de la puce plus performante H200 à des clients chinois sélectionnés. Lors du dernier trimestre, Nvidia a confirmé avoir vendu un petit nombre de ces puces en Chine, une première depuis l’envoi de 60 millions de dollars de H20 début 2025.
Ces ventes restent marginales : elles représentent moins de 1 % du chiffre d’affaires des centres de données. Nvidia indique par ailleurs avoir enregistré une charge de 400 millions de dollars sur les six derniers mois en raison de stocks excédentaires de H200, reflétant une demande moins vigoureuse que prévu. Malgré un chiffre d’affaires global en Chine en hausse de près de 100 % sur un an (7,88 milliards de dollars), l’entreprise maintient ses projections à zéro pour son activité de puces IA et de centres de données dans ce pays. La question pourrait resurgir lors de la visite du dirigeant chinois Xi Jinping à Washington, prévue le mois prochain.
Vera Rubin, la nouvelle pépite de Nvidia pour l’avenir
Nvidia continue d’innover avec le lancement imminent de sa nouvelle puce, Vera Rubin, nommée en hommage à l’astronome américaine qui a fourni des preuves majeures de l’existence de la matière noire. Cette puce, désormais produite à plein régime, est conçue pour répondre à la demande croissante en infrastructures IA. Jensen Huang a déclaré : « La construction des infrastructures d’IA tourne à plein régime. Vera Rubin, désormais produite à plein régime, a été conçue précisément pour ce moment. »
Cette génération de processeurs, succédant à la gamme Blackwell, est attendue pour le second semestre 2026. Elle s’inscrit dans la tradition de Nvidia, qui baptise ses architectures du nom de scientifiques, comme Ampère, Hopper ou Blackwell.
Contexte économique : l’inflation reste sous surveillance
Les résultats de Nvidia s’inscrivent dans un contexte économique marqué par une inflation persistante. Selon les dernières données, l’indice des dépenses de consommation des ménages a augmenté de 0,2 % en juillet 2026, contre 0,1 % attendu, maintenant le rythme annuel à 3,7 %. Les prix sous-jacents restent stables à 3,3 % sur un an, au-dessus de l’objectif de 2 % fixé par la Réserve fédérale américaine.
Le comité de politique monétaire de la Fed a maintenu ses taux entre 3,50 % et 3,75 % en juillet, bien que trois présidents de Réserves fédérales régionales aient plaidé pour une hausse d’un quart de point. Les marchés estiment à 40 % la probabilité d’un relèvement des taux en septembre. L’attention se tourne désormais vers le symposium de Jackson Hole, où le président de la Fed, Kevin Warsh, prononcera un discours vendredi, avant la prochaine décision sur les taux prévue le 16 septembre 2026.
Alors que les marchés évaluent désormais les perspectives de Nvidia avec plus d’optimisme, les prochains mois seront cruciaux pour confirmer si cette croissance record est durable ou si elle reste concentrée entre les mains d’une poignée de clients.
Nvidia a positionné ses puces comme l’épine dorsale des infrastructures d’intelligence artificielle. Avec la demande croissante en calcul haute performance, notamment pour l’entraînement des modèles d’IA, l’entreprise anticipe une rentabilité durable. Jensen Huang a d’ailleurs souligné que « la puissance de calcul se traduit désormais en revenus », indiquant que le marché a atteint un seuil critique de maturité.
Le principal risque réside dans la concentration de ses revenus auprès de quelques grands clients comme Amazon, Google et Microsoft, qui développent leurs propres puces. Par ailleurs, la dépendance au marché chinois, bien que limitée, et les tensions géopolitiques pourraient peser sur ses activités futures. Enfin, une éventuelle hausse des taux d’intérêt par la Fed pourrait freiner les investissements dans les infrastructures IA.