Selon nos confrères de BFM Bourse, le géant des semi-conducteurs Nvidia a publié des résultats financiers et des prévisions bien supérieurs aux attentes des analystes, mercredi 27 août 2026. Dans un contexte de forte tension sur le marché de l’intelligence artificielle (IA), le groupe a confirmé sa position de leader incontesté, rassurant ainsi les investisseurs sur la pérennité de sa croissance.
Le fabricant de processeurs graphiques (GPU), dont les puces sont devenues indispensables pour alimenter les modèles d’IA les plus avancés, a vu son action progresser de 7 % dès l’ouverture des marchés américains ce jeudi. Un mouvement contagieux a également profité aux valeurs européennes du secteur, reflétant la confiance retrouvée des opérateurs.
Ce qu'il faut retenir
- Un chiffre d’affaires de 96,2 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026, en hausse de 106 % sur un an, dépassant les prévisions de 92,3 milliards.
- Un bénéfice net de 59,7 milliards, en progression de 126 % par rapport à l’année précédente.
- Une croissance tirée à plus de 90 % par les centres de données, générant 89 milliards de revenus.
- Des prévisions pour le troisième trimestre 2026 supérieures aux attentes, avec un chiffre d’affaires attendu à 108 milliards de dollars.
- Une action qui s’envole de 7 % à Wall Street, avec des répercussions positives sur les valeurs européennes du secteur.
Des résultats qui dépassent les prévisions les plus optimistes
Nvidia a une nouvelle fois confirmé son statut de locomotive de l’IA. Le groupe a enregistré un chiffre d’affaires de 96,2 milliards de dollars au deuxième trimestre de son exercice 2026, soit une progression vertigineuse de 106 % en glissement annuel. Ce montant dépasse largement les 92,3 milliards anticipés par les analystes, confirmant la capacité du groupe à dépasser systématiquement les attentes.
Le bénéfice net a lui aussi connu une explosion, passant à 59,7 milliards de dollars, en hausse de 126 % sur un an. Une performance qui s’explique principalement par la demande insatiable pour ses puces dédiées aux centres de données, désormais le cœur de son activité. Josh Gilbert, analyste chez eToro, souligne que « Nvidia continue depuis trois ans à rendre l’extraordinaire presque banal ».
La demande pour l'IA reste sans limite, mais l'offre peine à suivre
L’activité des centres de données a généré à elle seule 89 milliards de dollars de revenus, soit une progression de 117 % en un an et plus de 90 % du chiffre d’affaires global du groupe. Cette dynamique s’explique par l’adoption massive de ses dernières générations de GPU, comme le Blackwell Ultra, désormais en pleine production, et le Vera Rubin, qui alimente déjà les infrastructures des géants technologiques.
« Pour une entreprise de cette taille, maintenir une telle croissance reste impressionnant. Blackwell Ultra a porté le trimestre, tandis que Vera Rubin est déjà en pleine production », explique Josh Gilbert. Pourtant, malgré ces chiffres stratosphériques, Nvidia est confrontée à un défi majeur : la demande progresse à un rythme proche de 100 %, alors que l’offre ne suit pas. La directrice financière, Colette Kress, a indiqué que le groupe tablait sur une croissance de 70 % pour l’exercice fiscal 2028, un niveau déjà bien inférieur à la demande actuelle.
Des prévisions prudentes, mais un marché rassuré
Nvidia anticipe un chiffre d’affaires de 108 milliards de dollars pour le troisième trimestre 2026, là où les analystes tablaient sur 105 milliards. Le PDG Jensen Huang a qualifié les perspectives pour 2027 d’« énormes », tandis que Colette Kress a qualifié de « extrêmes » les conditions tarifaires actuelles, avec des hausses de prix dépassant 15 % pour certains composants.
« Alors que les cycles se retournent généralement lorsque l’offre rattrape la demande et que les entreprises commencent à réduire leurs prix pour écouler leurs stocks, Nvidia fait l’inverse : ses prix augmentent de plus de 15 % », pointe eToro. Cette situation, combinée à la hausse des coûts des mémoires, devrait peser progressivement sur les marges brutes opérationnelles, attendues entre 71 % et 72 % au quatrième trimestre, contre 75 % actuellement.
Wall Street et l'Europe dans le sillage de Nvidia
L’action de Nvidia a bondi de 7 % dès l’ouverture à la Bourse de New York, confirmant la confiance des investisseurs. Ce mouvement s’est répercuté sur les valeurs européennes du secteur, où Soitec a progressé de 7,2 % à Paris, STMicroelectronics de 4,3 %, et Infineon de 5,3 % à Francfort. À Amsterdam, ASML, un acteur clé de l’équipement pour semi-conducteurs, a également bénéficié de cette dynamique avec une hausse de 1 %.
Selon Matéis Mouflet, analyste chez XTB France, « ce que le marché veut entendre, c’est la visibilité sur la demande et les marges. Les attentes sont hautes, et à ce niveau de valorisation, être bon ne suffit plus, il faut surprendre ». Nvidia a visiblement réussi ce pari, en rassurant sur la solidité de sa demande et en confirmant sa capacité à innover.
La question reste entière : jusqu’où peut aller cette croissance avant que les tensions sur l’offre ne se résorbent, ou que la concurrence ne s’intensifie. Une chose est sûre, dans l’immédiat, Nvidia reste le juge de paix du secteur de l’IA, et son prochain rapport trimestriel sera scruté avec une attention redoublée.
L’anxiété des investisseurs s’expliquait par l’énorme valorisation de Nvidia, largement tirée par l’engouement pour l’IA. À ce niveau de valorisation, le marché attendait des résultats non seulement solides, mais surprenants pour justifier les anticipations. « Être bon ne suffit plus, il faut surprendre », soulignait Matéis Mouflet, analyste chez XTB France, avant la publication des chiffres.
Le principal risque identifié est la tension sur l’offre, qui limite la capacité du groupe à répondre à la demande. Par ailleurs, la hausse des coûts des composants, comme les mémoires, et l’augmentation des prix pourraient peser sur les marges à moyen terme. Enfin, la concurrence, bien que moins avancée, pourrait s’intensifier dans les mois à venir.