Un spectacle qui frappe au cœur

Imaginez. Un acteur qui se blesse volontairement sur scène. Un texte qui déchire les silences familiaux. Une mise en scène qui ose tout. Eddy D’aranjo, 33 ans, a réussi l’impossible : faire d’Œdipe roi une expérience théâtrale aussi crue que nécessaire.

On pourrait se demander comment un seul homme peut porter autant de vérité. Comment il peut, en une soirée, bouleverser des siècles de tabous. Pourtant, c’est bien ce qu’il fait. D’après nos confrères du Monde, le spectacle a littéralement électrisé le public de l’Odéon-Théâtre de l’Europe le 5 février dernier.

Un geste christique qui interroge

D’emblée, le ton est donné. Eddy D’aranjo entre en scène, les mains déjà ensanglantées. Un geste fort, presque religieux. (On pense à ces images du Christ en croix, bras écartés, paumes ouvertes.)

Mais attention, Eddy n’est pas un sauveur. Non, il est bien plus que cela. Il est un miroir. Un miroir qui reflète nos peurs, nos secrets les plus enfouis. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il ne fait pas dans la demi-mesure.

Résultat des courses ? Un spectacle qui ne laisse personne indemne. Qui force le public à regarder en face ce qu’il préfère habituellement ignorer.

Un théâtre qui ose tout

Alors, comment Eddy D’aranjo s’y prend-il pour représenter l’irreprésentable ? D’abord, il prend son temps. Il explique, décrit, avant de plonger dans le vif du sujet. (Autant dire que ce n’est pas du théâtre à la va-vite !)

Et puis, il utilise des vidéos tournées en direct. Un peu comme Julien Gosselin, dont il a été l’assistant. Le résultat ? Un mélange de cinéma-vérité et de théâtre pur. Un cocktail explosif, porté par des comédiens en feu.

La première partie du spectacle, elle, est plus sobre. Presque minimaliste. On se concentre sur les faits, rien que les faits. (Un peu comme Marie-José Malis, avec qui Eddy a collaboré, aime le faire.)

Un texte qui vient de loin

Le truc, c’est que l’histoire qu’Eddy raconte, c’est la sienne. Enfin, pas tout à fait. C’est celle de sa famille. Et ça change tout.

On pourrait croire que c’est trop personnel. Trop intime. Pourtant, c’est justement ce qui rend le spectacle universel. Parce que, au fond, qui n’a pas ses propres démons à affronter ?

Et puis, Eddy ne se contente pas de raconter. Il montre. Il force le public à voir. À comprendre. À ressentir. Bref, il fait du théâtre un outil de vérité.

Et maintenant ?

Alors, que retenir de cette expérience ? D’abord, qu’Eddy D’aranjo est un artiste à suivre de près. Ensuite, que le théâtre peut encore surprendre. Bouleverser. Interroger.

Et vous, prêt à affronter vos propres Œdipe ?

D’après nos informations, ce geste symbolique représente le sacrifice nécessaire pour aborder des sujets tabous. Un peu comme un rituel de purification avant de plonger dans l’histoire.

Selon les témoignages, le public a été profondément marqué. Certains ont été choqués, d’autres bouleversés, mais personne n’est resté indifférent. Preuve que le théâtre peut encore toucher au plus profond.