Dans un entretien accordé à France Football, l’ancien directeur du football de l’Olympique de Marseille, Mehdi Benatia, a détaillé les circonstances ayant conduit à la rupture avec les dirigeants du club marseillais, évoquant une « trahison » après avoir découvert l’ampleur des difficultés financières du club. Selon RMC Sport, cette révélation a marqué un tournant dans ses relations avec la direction et a, in fine, précipité sa démission.

Ce qu'il faut retenir

  • Mehdi Benatia affirme s’être senti « trahi » après une réunion tenue au Koweït en janvier 2024, où il a pris connaissance des problèmes financiers de l’OM.
  • Le club devait vendre pour 30 millions d’euros pour équilibrer ses comptes, selon ses déclarations.
  • Benatia a cédé deux joueurs, Rabinovio Vaz et Darryl Bakola, et a recouru aux prêts pour réduire la masse salariale.
  • Il souligne que son bilan financier sur deux ans et demi fait état de ventes à hauteur de 259 millions d’euros pour des achats de 275 millions d’euros.
  • Il a quitté l’OM sans clause de confidentialité ni indemnité, affirmant que « la vérité n’a pas de prix ».

Une réunion au Koweït, révélatrice de la crise financière

Tout s’est joué lors du Trophée des champions disputé au Koweït en janvier 2024, opposant l’OM au PSG. Lors d’une réunion organisée sur place, Mehdi Benatia a découvert l’étendue des difficultés financières du club marseillais, alors dirigé par Pablo Longoria, président, et Frank McCourt, propriétaire. « Je comprends qu’il faut vendre pour 30 millions d’euros », a-t-il déclaré à France Football. « Donc je cède Rabinovio Vaz à l’AS Rome et Darryl Bakola à Sassuolo, qui ne voulaient pas prolonger. Je fais des prêts pour alléger la masse salariale. Mais j’en veux à la terre entière. »

« Je me suis senti trahi » : la fracture entre Benatia et la direction

Cette réunion a marqué un point de rupture dans sa relation avec les dirigeants. « Ç’a été un point de rupture. Mais je n’avais pas décidé de partir. J’étais très agacé : “Je me bagarre et je découvre les finances.” Je me suis senti trahi en raison de la situation », a-t-il expliqué. Benatia a insisté sur sa méthode de travail : « Quand les versions diffèrent, j’adore faire un tour de table. Personne ne peut mentir ou s’échapper. » Il a également tenu à préciser qu’il n’avait « demandé zéro » à son départ, refusant toute clause de confidentialité. « Pas besoin d’acheter mon silence. Ce que j’ai à dire coûte trop cher, ça n’a pas de prix, la vérité. »

Un bilan financier contrasté sur deux ans et demi

Arrivé à l’OM en novembre 2023, Mehdi Benatia a dressé un bilan de son passage au club, alors sous contrôle de la DNCG (Direction nationale du contrôle de gestion). « En deux ans et demi, voilà la balance de mes transferts : on a vendu pour 259 millions d’euros et acheté pour 275 millions », a-t-il rappelé. Il s’est défendu de toute responsabilité dans la situation financière : « Les êtres humains peuvent mentir, mais pas les chiffres. »

— « Quand j’arrive en novembre 2023, l’OM est encadré par la DNCG. Qui est le responsable ? Je n’étais pas là. » — Mehdi Benatia, ancien directeur du football de l’OM.

L’héritage d’une gestion sous tension

Le départ de Mehdi Benatia s’inscrit dans un contexte plus large de tensions internes à l’OM, marquées par des divergences stratégiques et des choix contestés en matière de recrutement. Son témoignage, publié par France Football et repris par RMC Sport, offre un éclairage inédit sur les coulisses d’un club en quête de stabilité financière et sportive. Les transferts de Rabinovio Vaz et Darryl Bakola, bien que présentés comme des solutions pragmatiques, ont également alimenté les critiques sur la gestion du groupe.

Et maintenant ?

Si les déclarations de Benatia éclairent certains aspects de la crise passée, elles ne dissipent pas les interrogations sur l’avenir financier et sportif de l’OM. Les prochaines semaines pourraient être déterminantes, notamment avec la fin de la période de transfert estivale, prévue le 1er septembre 2026. La direction actuelle, dirigée par Pablo Longoria, devra gérer les conséquences de ces révélations tout en tentant de rassurer les supporters sur la solidité du projet sportif. Reste à voir si ces déclarations auront un impact sur la gouvernance du club ou si elles seront rapidement reléguées au second plan.

Les tensions entre dirigeants et staff technique ne sont pas une nouveauté dans le football professionnel, mais l’ampleur des révélations de Benatia — notamment sur les finances — pourrait relancer le débat sur la transparence dans la gestion des clubs. Pour l’OM, l’enjeu est désormais double : concilier rigueur budgétaire et ambition sportive, dans un contexte où chaque décision est scrutée par les supporters et les médias. La période à venir s’annonce donc cruciale pour le club phocéen, alors que l’ombre des conflits passés plane toujours.

Mehdi Benatia affirme avoir ressenti une « trahison » après avoir découvert, lors d’une réunion au Koweït en janvier 2024, l’ampleur des difficultés financières de l’OM. Il a expliqué s’être senti « très agacé » par la situation et avoir découvert les finances du club alors qu’il travaillait à les redresser, notamment en vendant des joueurs comme Rabinovio Vaz et Darryl Bakola.