Une commission d’experts mandatée par l’Organisation des Nations unies (ONU) a rendu un rapport accablant sur la situation des Palestiniens, tant à Gaza qu’en Cisjordanie occupée. Selon Le Monde, cette instance, présidée par Srinivasan Muralidhar, souligne que les violences exercées par les colons israéliens et le Hamas s’inscrivent dans un contexte créé par Israël, bien que leurs origines et leurs motivations diffèrent. Ce document, qui sera présenté prochainement au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, met en lumière une dynamique complexe et préoccupante pour les populations civiles.
Ce qu'il faut retenir
- Une commission de l’ONU, dirigée par Srinivasan Muralidhar, souligne que les violences en Cisjordanie et à Gaza s’inscrivent dans un contexte « créé par Israël » — Le Monde.
- Le rapport, qui sera présenté au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, met en avant des dynamiques distinctes entre colons israéliens et Hamas, mais un terrain commun créé par Israël.
- Les populations palestiniennes se retrouvent prises au piège entre deux acteurs aux objectifs opposés, aggravant leur précarité.
Un contexte territorial et politique explosif
La Cisjordanie occupée et la bande de Gaza, deux territoires palestiniens sous tension permanente, sont au cœur des observations de la commission onusienne. Selon Le Monde, les colons israéliens, souvent soutenus par des groupes d’extrême droite, multiplient les exactions à l’encontre des civils palestiniens, tandis que le Hamas, mouvement islamiste contrôlant Gaza, maintient une pression militaire et politique sur Israël. Ces deux phénomènes, bien que distincts dans leurs méthodes et leurs finalités, s’inscrivent dans un cadre plus large façonné par les politiques israéliennes.
« Bien que leurs origines et leurs motivations diffèrent, ces deux phénomènes s’inscrivent dans des contextes créés par Israël », a déclaré Srinivasan Muralidhar, président de la commission. Cette analyse suggère que les actions israéliennes, qu’elles soient militaires, législatives ou administratives, ont contribué à créer un environnement propice à l’escalade des violences.
Les colons israéliens, acteurs d’une violence systémique
En Cisjordanie, les colons israéliens, dont le nombre a doublé en vingt ans pour atteindre plus de 700 000 personnes, sont régulièrement pointés du doigt pour leurs attaques contre les villages palestiniens. Ces violences, allant des jets de pierres aux incendies de cultures en passant par des agressions physiques, s’accompagnent d’une expansion continue des colonies, jugée illégale au regard du droit international. Le rapport de l’ONU souligne que ces actes s’inscrivent dans une stratégie plus large de colonisation, soutenue indirectement par l’État israélien à travers des subventions et une protection policière.
Les incidents se multiplient : selon des données recueillies par des ONG israéliennes et palestiniennes, plus de 1 500 attaques de colons contre des civils palestiniens ont été recensées en 2025, entraînant des déplacements forcés et une détérioration des conditions de vie. Ces chiffres, bien que contestés par les autorités israéliennes, illustrent l’ampleur du phénomène.
Le Hamas, entre résistance armée et pression sur les civils
À Gaza, le Hamas, au pouvoir depuis 2007, reste un acteur central du conflit. Le mouvement, classé comme organisation terroriste par l’Union européenne et les États-Unis, mène une lutte armée contre Israël, déclenchant à plusieurs reprises des cycles de violences meurtriers. Ces confrontations, comme celle de mai 2021, ont causé la mort de plus de 260 Palestiniens et 13 Israéliens, selon les bilans officiels. Le rapport de l’ONU rappelle que le blocus imposé par Israël depuis 2007, renforcé après la prise de pouvoir du Hamas, a plongé la population gazaouie dans une crise humanitaire sans précédent.
Le document souligne que les actions du Hamas, bien que dirigées contre Israël, ont également des répercussions dramatiques sur les civils palestiniens, pris en étau entre le mouvement et les frappes israéliennes. Les destructions d’infrastructures, les restrictions de mouvement et l’absence de perspectives économiques aggravent une situation déjà critique.
« Bien que leurs origines et leurs motivations diffèrent, ces deux phénomènes s’inscrivent dans des contextes créés par Israël », a jugé Srinivasan Muralidhar, président de la commission onusienne.
Cette situation met en lumière l’impasse politique dans laquelle se trouve la région. Les négociations de paix, gelées depuis des années, peinent à reprendre, tandis que les violences s’intensifient. La communauté internationale, divisée sur la question, semble impuissante à imposer une solution durable. Pour les Palestiniens, l’espoir d’une vie normale s’éloigne un peu plus chaque jour, pris entre deux feux aux logiques incompatibles.