Onze membres de la caravane humanitaire Sumud, bloqués aux portes de l’est de la Libye, sont détenus depuis deux semaines par les forces du maréchal Khalifa Haftar, selon RFI. Leur état de santé suscite l’inquiétude, plusieurs d’entre eux ayant entamé, lundi 1er juin, une grève de la faim et de la soif pour protester contre leur détention arbitraire et l’impossibilité d’accéder à un avocat. Pour l’ONG Sumud, cette situation reflète une intensification des mesures répressives à l’encontre des soutiens à la cause palestinienne.
Ce qu'il faut retenir
- Onze membres de la caravane humanitaire Sumud sont détenus en secret depuis le 15 mai dans la région de Benghazi, en Libye.
- Plusieurs d’entre eux ont commencé une grève de la faim et de la soif le 1er juin pour dénoncer leur détention et l’impossibilité de consulter un avocat.
- Le convoi humanitaire visait à acheminer des secours vers Gaza, où la situation humanitaire reste critique.
- Les forces du maréchal Khalifa Haftar, qui contrôlent l’est de la Libye, sont pointées du doigt pour cette détention.
- Sumud dénonce une politique de plus en plus répressive envers les expressions de soutien à la Palestine.
Un convoi humanitaire bloqué aux portes de la Libye
Le convoi Sumud, parti pour apporter une aide humanitaire à Gaza, s’est retrouvé bloqué aux frontières de l’est libyen. Selon les informations rapportées par RFI, les autorités locales, sous le commandement du maréchal Khalifa Haftar, ont intercepté les onze membres du groupe et les maintiennent en détention depuis le 15 mai. Aucun motif officiel n’a été communiqué pour justifier cette arrestation, ce qui alimente les craintes d’une détention arbitraire.
Côté, les conditions de leur incarcération restent floues. Plusieurs détenus, dont l’état de santé se dégrade, ont décidé de se mettre en grève pour attirer l’attention sur leur sort. « Nous ne sommes pas des criminels, mais des humanitaires », a déclaré l’un d’eux à RFI sous couvert d’anonymat. « Nous ne demandons qu’à être entendus et à poursuivre notre mission. »
Une grève de la faim pour dénoncer l’arbitraire
Depuis le début du mois de juin, six des onze détenus ont entamé une grève de la faim et de la soif, un mouvement qui s’est intensifié après l’interdiction qui leur a été faite de consulter un avocat. Selon les témoignages recueillis par RFI, les autorités libyennes refusent tout contact avec l’extérieur, y compris avec les représentants consulaires de leurs pays respectifs. « C’est une violation flagrante des droits humains », a souligné un porte-parole de Sumud. « Ces personnes n’ont commis aucun crime, si ce n’est celui d’aider des populations en détresse. »
Les familles des détenus, inquiètes pour leur santé, n’ont reçu aucune nouvelle depuis leur arrestation. Les autorités libyennes n’ont pas encore réagi publiquement à ces allégations, mais les observateurs craignent que cette détention ne s’inscrive dans une stratégie plus large de répression des initiatives pro-palestiniennes dans la région.
Sumud dénonce une répression croissante des soutiens à Gaza
Pour l’ONG Sumud, cette affaire illustre une tendance inquiétante en Libye et dans les pays voisins : la criminalisation croissante des expressions de solidarité avec la Palestine. « Nous assistons à une montée des pressions contre ceux qui osent parler ou agir en faveur de Gaza », a expliqué un responsable de l’organisation. « Les autorités libyennes, comme d’autres dans la région, semblent vouloir étouffer toute voix discordante. »
Le convoi Sumud, qui devait acheminer des médicaments et des vivres vers Gaza, symbolise cette résistance humanitaire face à la guerre et au blocus. Son blocage, puis l’arrestation de ses membres, pourrait donc être interprété comme une tentative d’empêcher toute aide de parvenir à une population civile déjà en situation de crise humanitaire.
Reste à voir si cette affaire servira de catalyseur pour une mobilisation plus large en faveur de la cause palestinienne, ou si elle restera un cas isolé dans un contexte de durcissement général des positions politiques dans la région.