Une opération des forces de l’ordre menée mercredi 18 mars 2026 dans plusieurs favelas de Rio de Janeiro a fait huit morts, dont Claudio Augusto dos Santos, 55 ans, l’un des principaux chefs du Comando Vermelho (CV), l’une des factions criminelles les plus puissantes du Brésil. Selon nos confreres de Le Figaro, près de 150 agents du Bataillon d’opérations spéciales (Bope), unité d’élite de la police locale, ont été déployés dès l’aube dans les quartiers défavorisés autour de Santa Teresa, un secteur proche du centre-ville et prisé des touristes.

Ce qu'il faut retenir

  • Huit morts ont été recensés lors de cette opération, dont six « criminels » présumés et un civil tué par des preneurs d’otages.
  • Claudio Augusto dos Santos, visé par huit mandats d’arrêt pour trafic de drogue et homicide, a été abattu lors d’une fusillade.
  • Le Comando Vermelho (CV) a répliqué en incendiant un bus et en bloquant des rues avec d’autres véhicules, semant le chaos dans le centre de Rio.
  • Cette opération s’inscrit dans un plan national de lutte contre le crime organisé ciblant 15 États brésiliens, avec des saisies d’armes, de drogues et de blanchiment d’argent.
  • En octobre 2025, une précédente opération contre le CV avait fait plus de 120 morts, la plus meurtrière de l’histoire du Brésil.

Une opération meurtrière ciblant le Comando Vermelho

Les forces de l’ordre ont concentré leurs efforts sur plusieurs favelas situées autour du quartier de Santa Teresa, une zone touristique du centre de Rio. Selon le chef de la police militaire de l’État, Marcelo Menezes Nogueira, Claudio Augusto dos Santos a été abattu lors d’une fusillade après avoir été visé par huit mandats d’arrêt pour trafic de drogue et homicide. Les autorités le considèrent comme un « gros bonnet » du Comando Vermelho, une organisation criminelle qui domine une partie du trafic de stupéfiants dans la région.

Six autres personnes, qualifiées de « criminels » présumés par la police, ont également péri lors de l’affrontement. Le huitième décès correspond à un habitant du quartier, tué alors qu’il était pris en otage avec son épouse par des individus fuyant les forces de l’ordre. Les preneurs d’otages ont ouvert le feu lors des négociations, blessant mortellement l’homme à la tête. Son épouse a survécu à cette tentative d’évasion ratée.

Le Comando Vermelho réagit par des actes de violence

Quelques heures après le début de l’opération, des membres du Comando Vermelho ont incendié un bus sur une artère majeure du centre de Rio. Le chauffeur, Marcio Souza, a raconté à l’AFP avoir été contraint de faire descendre les passagers avant que le véhicule ne soit réduit en cendres. « Ils m’ont demandé de faire descendre les passagers et ont mis le feu au bus. Ça s’est passé très vite », a-t-il déclaré, visibly marqué par cette expérience. D’autres bus ont été placés en travers des rues pour bloquer la circulation, aggravant la situation dans un secteur déjà saturé.

La police a attribué ces actes de sabotage au Comando Vermelho, confirmant ainsi une stratégie de représailles ciblant les infrastructures civiles. Ces méthodes rappellent celles observées lors d’opérations précédentes, où les factions criminelles cherchent à déstabiliser les autorités en perturbant la vie quotidienne des habitants.

Un contexte national marqué par une répression accrue du crime organisé

Cette intervention s’inscrit dans le cadre d’une vaste opération nationale lancée mercredi dans 15 États brésiliens. Les autorités visent principalement le trafic d’armes, de drogues et le blanchiment d’argent, des activités au cœur des réseaux criminels comme le Comando Vermelho. En octobre 2025, une précédente opération d’ampleur dans deux ensembles de favelas de Rio avait déjà fait plus de 120 morts, marquant l’une des journées les plus meurtrières de l’histoire récente du Brésil.

Le gouvernement du président Luiz Inácio Lula da Silva, de gauche, tente actuellement de convaincre les États-Unis de ne pas classer le Comando Vermelho ou une autre faction, le Primeiro Comando da Capital (PCC), comme organisations terroristes. L’administration Trump a déjà adopté cette mesure pour plusieurs cartels d’Amérique latine, incluant des frappes contre des embarcations suspectées de trafic dans les Caraïbes et le Pacifique. Une telle désignation pourrait complexifier les relations diplomatiques et les stratégies de coopération entre les deux pays.

Des tensions persistantes entre sécurité et libertés individuelles

Cette opération illustre les défis auxquels fait face le Brésil dans sa lutte contre le crime organisé, une bataille qui divise souvent l’opinion publique. D’un côté, les autorités défendent l’urgence d’une répression musclée pour rétablir l’ordre dans des zones contrôlées par les gangs. De l’autre, des voix s’élèvent pour dénoncer le recours à la force et ses conséquences humanitaires, notamment dans les favelas où vivent des milliers de civils pris entre deux feux. — Autant dire que la méthode divise le pays, entre ceux qui prônent une tolérance zéro et ceux qui appellent à des solutions plus structurelles, comme l’investissement social dans ces quartiers marginalisés.

Le débat sur l’équilibre entre sécurité et droits fondamentaux est d’autant plus sensible que les opérations policières, bien que justifiées par la lutte contre le trafic de drogue, entraînent régulièrement des victimes collatérales. Les autorités, quant à elles, assurent que ces actions sont nécessaires pour démanteler les réseaux criminels qui gangrènent des régions entières.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pourraient inclure une évaluation détaillée des opérations menées mercredi, avec un bilan plus précis des arrestations et des saisies réalisées dans les 15 États ciblés. D’ici la fin du mois, le gouvernement brésilien devrait également affiner sa stratégie de coopération internationale, notamment avec les États-Unis, pour éviter une escalade des tensions diplomatiques. Reste à voir si ces mesures suffiront à affaiblir durablement les factions criminelles, ou si elles alimenteront un cycle de violence déjà bien ancré.

Cette opération rappelle enfin que la question de la sécurité à Rio, et plus largement au Brésil, reste un sujet brûlant à quelques mois des prochaines échéances électorales. Les autorités devront composer avec les attentes des citoyens, tout en évitant de tomber dans le piège d’une répression aveugle, qui pourrait nourrir davantage de ressentiment dans les communautés affectées.

Le Comando Vermelho (CV) est l’une des factions criminelles les plus puissantes du Brésil, contrôlant une grande partie du trafic de drogue, notamment la cocaïne, dans l’État de Rio de Janeiro. Ses activités incluent également le blanchiment d’argent, l’extorsion et les homicides. Avec plus de 10 000 membres selon les estimations, le CV rivalise avec d’autres gangs comme le Primeiro Comando da Capital (PCC) et constitue un défi constant pour les autorités brésiliennes.