Les cinq années précédant la retraite représentent une période décisive pour sécuriser et optimiser son épargne, tout en limitant l’impact fiscal. Selon Capital, cette phase transitoire exige des arbitrages stratégiques pour préserver son pouvoir d’achat futur, tout en anticipant les modalités de sortie des capitaux et les dispositifs de défiscalisation disponibles.

Ce qu’il faut retenir

  • Le Plan d’épargne retraite (PER) offre une déductibilité fiscale immédiate, idéale pour les contribuables fortement imposés, mais bloque l’épargne jusqu’à la retraite, sauf déblocage exceptionnel.
  • L’assurance-vie, après huit ans de détention, permet des rachats faiblement fiscalisés et une transmission patrimoniale avantageuse grâce à ses abattements annuels et sa fiscalité successorale.
  • L’immobilier locatif génère des revenus complémentaires réguliers, à condition que le crédit soit remboursé avant le départ à la retraite pour maximiser le revenu net.
  • Le Plan d’épargne en actions (PEA), après cinq ans de détention, autorise des retraits partiels sans clôture du plan et avec une fiscalité allégée sur les gains, hors prélèvements sociaux.
  • Les SCPI représentent une alternative sans gestion locative directe, offrant des revenus réguliers et une diversification patrimoniale.

Une période charnière pour sécuriser son avenir financier

Les cinq dernières années avant la retraite constituent un moment clé pour réévaluer sa stratégie d’épargne. Selon Lola Sougey-Lardin, responsable Assurances de personnes chez Nousassurons, « à cinq ans de la retraite, l’objectif n’est plus seulement de faire fructifier son épargne, mais surtout de la sécuriser et de préparer ses futurs revenus complémentaires ». Cette période impose de trancher entre rendement et sécurité, tout en exploitant les leviers fiscaux disponibles pour limiter la pression sur les revenus futurs.

Le PER, un outil fiscal puissant mais contraignant

Le Plan d’épargne retraite (PER) se distingue comme l’un des dispositifs les plus efficaces pour réduire son impôt sur le revenu en fin de carrière, notamment pour les contribuables soumis à des tranches marginales élevées. Les versements y sont en effet déductibles du revenu imposable, créant un effet de levier fiscal immédiat. « Le PER demeure l’outil le plus puissant pour réduire son impôt en fin de carrière », souligne Lola Sougey-Lardin. Cependant, cet avantage s’accompagne d’une contrainte majeure : l’épargne est bloquée jusqu’à la retraite, sauf en cas de déblocage exceptionnel (achat de résidence principale, invalidité, etc.).

Une autre difficulté réside dans l’anticipation de la sortie des fonds. Le titulaire doit choisir entre un versement en capital ou en rente viagère, voire un mix des deux, chaque modalité étant soumise à une fiscalité distincte. Une mauvaise estimation peut réduire à néant les gains fiscaux obtenus à l’entrée. Il est donc crucial de modéliser sa situation avec un conseiller en gestion de patrimoine pour éviter les mauvaises surprises.

L’assurance-vie, la flexibilité avant tout

Malgré ses contraintes en termes de liquidité avant huit ans, l’assurance-vie reste l’enveloppe la plus plébiscitée pour préparer sa retraite. Sa souplesse permet de conserver une épargne disponible tout en préparant des retraits faiblement fiscalisés après la huitième année. « L’assurance-vie reste l’un des placements les plus adaptés à l’approche de la retraite grâce à sa souplesse et à sa fiscalité avantageuse après huit ans », indique Lola Sougey-Lardin.

Après huit ans, les abattements annuels (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple) rendent les rachats particulièrement intéressants fiscalement. Cette enveloppe peut également servir de réserve pour transférer progressivement des capitaux issus d’autres placements plus risqués, comme des actions ou des fonds communs de placement. Autre atout : sa fiscalité successorale, qui facilite la transmission de patrimoine sans alourdir la charge des héritiers. Enfin, certains contrats proposent des options de gestion pilotée, permettant d’ajuster automatiquement l’exposition au risque à l’approche de la retraite.

Immobilier locatif : un revenu complémentaire sous conditions

L’immobilier locatif figure parmi les solutions les plus populaires pour générer des revenus complémentaires à la retraite. Son efficacité dépend toutefois de plusieurs critères, à commencer par le statut du crédit. Un prêt entièrement remboursé au moment du départ maximise le revenu net, tandis qu’un crédit en cours peut devenir une contrainte financière lourde. « Un crédit en cours peut peser sur la rentabilité de l’investissement », rappelle Lola Sougey-Lardin. Par ailleurs, les risques de loyers impayés ou de vacance locative ne doivent pas être sous-estimés.

Pour limiter ces aléas, plusieurs solutions existent. Souscrire une assurance garantie loyers impayés sécurise les revenus locatifs, tandis que les SCPI (Sociétés civiles de placement immobilier) offrent une alternative sans gestion directe. Ces dernières permettent d’investir dans l’immobilier via des parts sociales, avec des revenus réguliers et une diversification géographique ou sectorielle. Elles sont particulièrement adaptées aux épargnants souhaitant éviter les contraintes de la gestion locative tout en bénéficiant d’un rendement locatif moyen de 4 à 5 % par an.

Le PEA, un complément utile après cinq ans de détention

Le Plan d’épargne en actions (PEA) peut également jouer un rôle dans la préparation de la retraite, à condition de respecter une durée minimale de cinq ans. Une fois ce délai dépassé, les retraits ne déclenchent plus la clôture du plan, et les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu (seuls les prélèvements sociaux restent dus). Cette caractéristique permet d’organiser des retraits ponctuels ou programmés pour compléter sa pension, avec une fiscalité particulièrement avantageuse.

Le PEA est également utile pour réallouer progressivement des actifs volatils vers des positions plus sécurisées à l’approche du départ. « Il s’intègre généralement dans une stratégie patrimoniale plus globale, aux côtés de l’assurance-vie, du PER ou de l’immobilier locatif », précise Lola Sougey-Lardin. Cependant, pour que son impact soit significatif, il est recommandé de l’utiliser sur une durée d’au moins dix ans. À court terme, son utilité reste limitée en raison des fluctuations des marchés actions.

Et maintenant ?

D’ici 2028, plusieurs évolutions réglementaires pourraient influencer les stratégies d’épargne retraite. Les discussions en cours sur la réforme des retraites et la fiscalité du patrimoine pourraient modifier les règles du PER ou de l’assurance-vie. Par ailleurs, la tendance à la hausse des taux d’intérêt pourrait rendre l’immobilier locatif moins attractif si les loyers ne suivent pas le rythme. Les épargnants sont donc invités à suivre de près les annonces gouvernementales et à ajuster leur stratégie en conséquence, idéalement avec l’aide d’un conseiller financier.

En attendant, les dispositifs actuels – PER, assurance-vie, PEA ou SCPI – offrent des leviers concrets pour préparer sereinement cette transition. Le choix entre ces options dépendra du profil de risque, de la situation fiscale et des objectifs patrimoniaux de chacun. Une chose est sûre : plus les arbitrages seront anticipés, plus les bénéfices en termes de sécurité et de rendement seront importants.

Le choix dépend de votre situation fiscale et de vos besoins en liquidités. Le PER est idéal pour réduire son impôt sur le revenu immédiatement, mais l’épargne est bloquée jusqu’à la retraite. L’assurance-vie, en revanche, offre plus de flexibilité après huit ans, avec des rachats faiblement fiscalisés et une transmission patrimoniale avantageuse. Une combinaison des deux peut être pertinente pour diversifier les risques et les avantages fiscaux.