Depuis l’arrivée au pouvoir de la junte militaire nigérienne en 2023, les relations entre le Niger et la France se sont fortement dégradées. Résultat : le gouvernement nigérien a nationalisé, en mai 2026, la production d’uranium, privant ainsi le groupe français Orano de ses actifs dans le pays. Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large visant à sécuriser de nouvelles sources d’approvisionnement pour la France, alors que le Niger était autrefois son deuxième fournisseur d’uranium, derrière le Kazakhstan. Selon Courrier International, c’est désormais le Botswana, riche en réserves d’uranium, qui se profile comme une alternative crédible pour Paris.

Ce qu'il faut retenir

  • En mai 2026, le Niger a acté la fin de l’exploitation française en créant une société d’État pour gérer son uranium et en annulant la concession de la mine d’Arlit attribuée à Orano.
  • Le Niger était le deuxième fournisseur d’uranium de la France, derrière le Kazakhstan, avant cette rupture.
  • Le Botswana dispose de 800 000 tonnes de réserves d’uranium, selon Mining Focus Africa, et se positionne comme une solution pour remplacer le Niger.
  • Orano Botswana a obtenu, le 10 avril 2026, un permis d’exploration couvrant 15 000 km² dans le district de Ghanzi, au centre du pays.
  • Cette stratégie s’inscrit dans la volonté française de diversifier ses sources d’approvisionnement en uranium sur le continent africain.

Le Niger ferme la porte à Orano après des années de tensions

La junte militaire nigérienne, arrivée au pouvoir en 2023, a engagé une politique de nationalisation des ressources minières, marquée par la prise de contrôle de la Société des mines de l’Aïr (Somaïr) en juin 2025. Cette décision, confirmée le 18 mai 2026, a scellé l’arrêt définitif de l’exploitation française dans le pays. Le gouvernement nigérien a non seulement créé une nouvelle société d’État dédiée à l’uranium, mais a également annulé la concession de la mine d’Arlit, autrefois exploitée par Orano. Comme le rapporte Courrier International, cette décision prive la France d’un approvisionnement stratégique, alors que le Niger représentait jusqu’alors sa deuxième source d’uranium.

Cette perte s’ajoute à un contexte déjà tendu entre les deux pays, depuis le coup d’État de 2023 et la suspension des accords militaires et économiques. Pour Orano, dont les activités au Niger remontaient à plusieurs décennies, cette exclusion marque un tournant dans sa stratégie africaine.

Le Botswana, nouvelle cible de Paris pour sécuriser son uranium

Face à la perte du Niger, la France accélère sa quête de diversification. Selon Business Insider Africa, cité par Courrier International, le Botswana émerge comme l’alternative la plus prometteuse. Le pays, traditionnellement connu pour son industrie diamantaire, possède en effet des réserves d’uranium estimées à 800 000 tonnes, comme le souligne Mining Focus Africa. Ces ressources, encore largement inexploitées, représentent un potentiel majeur pour le groupe français Orano.

Dès le 10 avril 2026, Orano Botswana a obtenu un permis d’exploration couvrant 15 000 km² dans le district de Ghanzi, une région du centre du pays où les gisements sont particulièrement prometteurs. Cette autorisation marque une étape clé dans la stratégie française, qui vise à sécuriser un « portefeuille d’approvisionnement africain » pour réduire sa dépendance aux importations. Pour Paris, l’enjeu est double : compenser la perte du Niger et diversifier ses sources d’énergie, alors que le nucléaire joue un rôle central dans sa transition énergétique.

Une offensive diplomatique et industrielle en cours

Cette relocalisation vers le Botswana s’accompagne d’une offensive diplomatique française en Afrique. Lors du sommet Africa Forward, organisé en mai 2026 à Nairobi, le président botswanais Duma Boko a été mis en avant par Paris pour ses réserves stratégiques. Comme le note Courrier International, cette stratégie s’inscrit dans un contexte où la France cherche à renforcer ses partenariats miniers sur le continent, alors que d’autres pays africains, comme la Guinée, développent leurs propres projets d’exploitation d’uranium.

Pour Orano, le défi sera de taille : prouver la viabilité économique des gisements botswanais, tout en obtenant les autorisations nécessaires dans un cadre réglementaire en évolution. Le groupe, qui a déjà réduit ses activités au Niger, mise désormais sur le Botswana pour sécuriser une partie de son approvisionnement futur.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront décisifs pour Orano au Botswana. Le groupe devra finaliser ses études d’exploration et obtenir les autorisations environnementales et minières pour lancer l’exploitation. D’ici la fin 2026, les premiers forages pourraient commencer, mais une production à grande échelle n’est pas attendue avant plusieurs années. Côté nigérien, la junte maintient sa politique de nationalisation, et aucune négociation de reprise avec Orano n’est à l’ordre du jour pour l’instant. Pour la France, la diversification de ses sources d’uranium reste une priorité, mais les résultats concrets dépendront des investissements réalisés au Botswana.

Si cette stratégie porte ses fruits, le Botswana pourrait devenir un acteur clé du secteur minier africain, aux côtés de la Namibie et du Malawi, deux autres pays riches en uranium. En attendant, la course à l’approvisionnement s’accélère, alors que la demande mondiale en uranium, tirée par le nucléaire, continue de croître.

La junte militaire nigérienne, arrivée au pouvoir en 2023, a engagé une politique de nationalisation des ressources minières pour reprendre le contrôle de ses richesses naturelles. Cette décision s’inscrit dans un contexte de tensions avec la France, qui s’est traduite par la suspension des accords économiques et militaires.

Orano Botswana a obtenu un permis d’exploration en avril 2026. Le groupe doit désormais finaliser ses études géologiques et obtenir les autorisations environnementales avant de lancer les premiers forages. Une production à grande échelle n’est pas attendue avant plusieurs années.